retour article original

mercredi 23 août 2017
Vous êtes ici Accueil Informations internationales
AP, 8 juillet 2005

Informations internationales : La convention sur le terrorisme doit devenir une priorité de l’ONU, selon Londres et Washington

Suivi d’un commentaire


Vue du siège de l’ONU, à New York

NATIONS UNIES (AP) - Les attentats qui ont fait plusieurs morts à Londres devraient pousser les dirigeants mondiaux à relancer les discussions, depuis longtemps au point mort, pour aboutir à une convention sur le terrorisme, ont déclaré, jeudi 7 juillet 2005, les ambassadeurs britannique et américain à l’ONU.

Scène de rue à Londres, le 7 juillet 2005


"Ce qui s’est passé aujourd’hui devrait nous pousser à nous engager à nouveau pour lutter contre le terrorisme, et je pense que ça inclut le fait de se mettre d’accord sur la convention mondiale", a déclaré l’ambassadeur britannique, Emyr Jones, ajoutant que "les progrès effectués ont été trop lents". Pour l’ambassadeur britannique, les dirigeants devraient au moins s’entendre sur le fait que toute attaque ciblant des civils soit définie comme terroriste.

Emyr Jones-Parry

Anne Patterson, ambassadeur par intérim des Etats-Unis, a également jugé que ces attentats devraient pousser le monde à mettre au point une définition du terrorisme et accélérer l’adoption d’une convention mondiale. Les Etats-Unis ont fait de cette adoption l’une des priorités des réformes nécessaires pour l’ONU.

Anne W. Patterson

Le secrétaire général, Kofi Annan, pousse les pays membres à adopter cette convention dont l’idée a été proposée en 1998, mais qui a buté sur l’incapacité des dirigeants à s’entendre sur une définition du terrorisme.

Associated Press

Kofi Annan

Commentaire

On relèvera qu’une convention contre le terrorisme ne saurait avoir une quelconque influence sur les terroristes. De leur point de vue, cette convention ne sera jamais qu’un chiffon de papier.

D’autre part, chacun sait que la prétendue "communauté internationale" -en réalité les Etats-Unis et leurs vassaux- est spécialisée dans le système des deux poids et deux mesures. D’un côté, on veut que "toute attaque ciblant des civils soit définie comme terroriste". Mais il suffit que les civils soient victimes des Américains ou de leur vassaux pour que cette même attaque ne soit pas considérée comme un acte terroriste.

La police irakienne tire sur des manifestants, à Tikrit, le 7 juillet 2005

Ainsi, quand le régime tortionnaire ouzbek fait tirer sur la population d’Andijan, massacrant trente fois plus de civils que n’en ont tués les attentats de Londres, il n’est nullement question de parler de terrorisme. On se contente de demander une commission d’enquête internationale, à laquelle on s’empresse d’ailleurs de renoncer. Quand l’aviation américaine bombarde un village afghan, il n’est nullement question de parler de terrorisme. Il ne s’agit que d’un "regrettable incident". Quand l’aviation américaine bombarde les villes irakiennes, les transformant en champs de ruines, il n’est nullement question de parler de terrorisme. Quand l’armée russe massacre la population tchétchène, il n’est nullement question de parler de terrorisme. Et quand l’armée israélienne dévaste les localités palestiniennes, massacrant vieillards, femmes et enfants, il n’est toujours pas question de parler de terrorisme. De toute évidence, le terroriste se définit en fonction de la tête du client et des relations de copinage.

Des cadavres alignés dans les rues d’Andijan, en Ouzbékistan, le 14 mai 2005

Contrairement à ce que prétendent les dirigeants politiques, le terrorisme ne constitue nullement une menace pour une authentique démocratie. Il s’agit d’une nuisance, au même titre que les accidents de la route. Si on additionnait toutes les victimes d’attentats terroristes sur l’ensemble de la planète, on constaterait que le total est dérisoire en comparaison des victimes de la route, du tabac ou de l’alcool. Or, nul ne prétend que la circulation routière ou le tabagisme menacent la démocratie.

Un accident de voiture

Ce qui est dangereux pour la démocratie, ce n’est pas le terrorisme, mais la manière dont on l’affronte. Ce qui est dangereux, c’est la dérive sécuritaire, les atteintes aux droits fondamentaux des citoyens, les arrestations arbitraires, la détention arbitraire, l’usage de la torture, etc... On a déjà pu constater que, sous prétexte de "lutter contre le terrorisme", les despotes désignent tout opposant comme "un terroriste". Il suffit de critiquer le gouvernement pour être accusé de "faire le jeu des terroristes".

Un Egyptien victime de torture

Cette dérive sécuritaire peut se comparer à une réaction excessive de l’organisme face à une infection. Il arrive que la réaction immunitaire de l’organisme soit tellement démesurée que les anticorps détruisent complètement l’organe infecté, au lieu de ne détruire que les cellules contaminées. Alors même que l’infection ne représentait pas un péril mortel, le malade est tué par sa propre réaction immunitaire.

Le cadavre de Farhod Usmonov, torturé à mort dans une prison de Tachkent, en Ouzbékistan

Le terrorisme devrait être affronté avec les moyens classiques de la police et du contre-espionnage, sans recourir à une législation spéciale ni restreindre les libertés individuelles. Comme si on luttait contre le crime organisé.

Frank BRUNNER

Le cadavre de Muzaf Arvazov, torturé à mort dans une prison de Tachkent, en Ouzbékistan

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source