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mardi 27 juin 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (17ème partie) : De mai 2005 à décembre 2005
AP, 10 juillet 2005

Irak : Nouvelle vague d’attentats


BAGDAD (AP) - Trois attentats-suicide commis, dimanche 10 juillet 2005, à Bagdad et dans le nord de l’Irak, ont fait au moins trente-trois morts et plusieurs dizaines de blessés, selon les autorités. Les attaques ont notamment visé un centre de recrutement de l’armée irakienne dans la capitale, un convoi de police près de Mossoul et tué plusieurs civils à Kirkouk.


Ces attentats portent à plus de 1500 le nombre de personnes tuées dans des violences depuis le 28 avril 2005, lorsque le Premier ministre, Ibrahim Al-Jaafari, a annoncé la composition de son gouvernement dominé par les chiites et les Kurdes, dans un pays en proie à une insurrection menée par la minorité sunnite.

L’attentat le plus meurtrier de dimanche 10 juillet a été commis par un kamikaze, devant un centre de recrutement de l’armée irakienne, sur l’aérodrome de Mouthana, près du centre de Bagdad, faisant 25 morts et 47 blessés, selon la police et des responsables de l’hôpital Yarmouk. La déflagration s’est produite, peu avant 09h00, devant le centre de recrutement, cible à plusieurs reprises auparavant d’attentats-suicide. En février 2005, un kamikaze s’était fait exploser devant le centre, tuant 21 personnes et faisant 27 blessés.

Un kamikaze à bord d’une voiture piégée a par ailleurs foncé, dimanche 10 juillet 2005, sur un convoi de police près de Mossoul : quatre policiers ont été tués et trois autres blessés, selon les forces de l’ordre. Dans la même ville, un membre du Parti démocratique du Kurdistan a été abattu par des hommes masqués devant sa maison, a annoncé le Parti démocratique du Kurdistan.

Un autre attentat à la voiture piégée a eu lieu à Kirkouk, tuant au moins quatre civils et en blessant 15 autres, a rapporté la police. L’attaque, qui visait semble-t-il des civils dans la mesure où aucun convoi de la police ou de l’armée ne se trouvait à proximité, a été perpétrée par un homme à bord d’une Mercedes. Des soldats américains ont fait sauter une voiture qui contenait une bombe à moins d’une centaine de mètres du lieu de cet attentat. D’après la police, l’explosion du véhicule était destinée à faire davantage de victimes à l’arrivée des forces de sécurité sur place. Une troisième voiture piégée a été découverte près de la gare routière de Kirkouk. Les autorités ont évacué le secteur, la police précisant chercher deux autres véhicules piégés dans la ville.

De plus, une bombe a sauté, dimanche 10 juillet 2005 au matin, au passage d’un convoi militaire américain, dans le quartier bagdadi d’Al-Rachid, blessant cinq soldats, a annoncé le sergent David Abrams de la Task Force.

Outre ces attentats, au moins 14 personnes sont mortes dans des violences, en Irak, entre samedi 9 juillet au soir et dimanche 10 juillet 2005, dont huit membres d’une même famille chiite tués pendant leur sommeil, à Bagdad, dans le quartier de Baladiyat, ou encore un colonel de police et deux policiers abattus à Bagdad, et un membre des forces de sécurité à Kirkouk.

Parallèlement, le Premier ministre irakien a tenté d’apaiser la colère de l’Egypte, à la suite des commentaires d’un porte-parole de son gouvernement qui a déclaré que l’ambassadeur d’Egypte, Ihab Al-Chérif, allait probablement rencontrer des résistants au moment de son enlèvement, le 2 juillet 2005. Il a aussi été rapporté que M. Chérif a été enlevé alors qu’il se trouvait seul et achetait un quotidien à Bagdad. "Je ne dispose d’aucune information sur le fait que feu Ihab Al-Chérif menait un dialogue ou participait à un dialogue ou à une rencontre", a déclaré M. Jaafari aux journalistes, au lendemain d’une demande d’explication du Caire. Le Premier ministre, qui a demandé une enquête sur l’assassinat d’Ihab Al-Chérif, a promis d’améliorer la sécurité autour des missions diplomatiques.

L’organisation Al-Qaïda en Irak a revendiqué, jeudi 7 juillet 2005, dans un message sur internet, l’exécution d’Ihab Al-Chérif.

L’enlèvement de l’ambassadeur d’Egypte et des attaques contre des diplomates du Pakistan et de Bahreïn ont suscité la crainte d’un possible départ de diplomates étrangers. Le roi Abdallah 2 de Jordanie a cependant déclaré que son pays ne céderait pas à la peur et enverrait prochainement son ambassadeur en Irak.

Ces nouvelles attaques ont été perpétrées alors que le "Mail on Sunday" a fait état d’un mémorandum du ministère britannique de la Défense sur des scénarios de retrait actuellement à l’étude. D’après le journal, Londres et Washington réfléchissent à une nouvelle stratégie de sortie d’Irak, qui pourrait entraîner le retour de 5500 des 8500 soldats britanniques d’ici Noël prochain. Ce document, signé du ministre de la Défense, John Reid, évoque aussi le projet des Américains de réduire leur contingent en Irak de 135000 à 66000 hommes après transfert aux forces irakiennes du contrôle de 14 des 18 provinces du pays. Dans une mise au point diffusée par son ministère, M. Reid a souligné qu’il ne s’agissait que d’une étude parmi d’autres.

Associated Press

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