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Le Monde, 24 juillet 2005

Egypte : Arrestations en masse après les attentats de Charm El-Cheikh


Le lieu d’un attentat, à Sharm El-Sheikh, le 23 juillet 2005

Au moins 88 personnes ont été tuées et une centaine d’autres blessées dans une série de sept attentats, perpétrés dans la nuit du vendredi 22 juillet au samedi 23 juillet, en plusieurs endroits de la station balnéaire égyptienne de Charm El-Cheikh, sur la mer Rouge, selon un bilan de sources hospitalières publié samedi 23 juillet 2005 après-midi.

Egypte


Dans la journée, les forces de l’ordre égyptiennes ont lancé une chasse à l’homme, arrêtant des dizaines de personnes dans le Sinaï, selon des sources sécuritaires. Ces rafles, commencées samedi 23 juillet 2005 après-midi, ont continué dans la soirée. Parmi les personnes arrêtées figurent des hommes relâchés récemment après avoir été détenus dans le cadre de l’enquête sur les attentats ayant coûté la vie à 34 personnes, le 7 octobre 2004, dans une autre station balnéaire du Sinaï, Taba, et ses environs.

Le lieu d’un attentat, à Sharm El-Sheikh, le 23 juillet 2005

Plus tôt, le ministre égyptien de la santé, Mohamed Awad Tag Eddine, avait fait état d’un bilan de 62 morts, dont 8 ressortissants étrangers. A Rome, le ministère des affaires étrangères a annoncé qu’un Italien avait été tué dans ces attentats, alors que Londres a fait état de huit Britanniques blessés. Philippe Douste-Blazy, ministre des affaires étrangères français, interrogé par téléphone sur LCI, a indiqué, samedi 23 juillet 2005, qu’"à sa connaissance, il n’y a pas à ce stade de victime française" dans les attentats. Ces attentats sont les plus meurtriers en Egypte depuis le massacre de Louxor, en 1997, qui avait fait 62 morts. Ils surviennent en pleine saison estivale dans cette station très fréquentée par des touristes.

Le lieu d’un attentat, à Sharm El-Sheikh, le 23 juillet 2005

Selon des sources policières, sept attaques se sont produites, à environ 01h00, et des témoins ont raconté à l’AFP qu’au moins quatre d’entre elles avaient été commises avec des voitures piégées. L’attentat le plus meurtrier est celui commis à l’Hôtel Ghazala Gardens, l’un des grands établissement qui borde la plage de la station. "Une voiture piégée a forcé l’entrée de l’hôtel et s’est encastrée dans la réception. Un employé a tenté de la stopper. Puis, il y a eu une énorme explosion", a raconté un témoin de l’hôtel. La police a confirmé que cette explosion était due à une voiture piégée. La porte d’entrée vitrée de l’établissement a volé en éclats, la réception a été ravagée et la façade soufflée, a constaté un journaliste de l’AFP sur place. Des débris de fer, de bois, des lampadaires jonchent le sol sur une centaine de mètres témoignant de la violence de l’explosion. Des sièges de la réception ont été éjectés et les commerces des galeries marchandes ont été soufflées. Des sauveteurs fouillaient les décombres à la recherche d’éventuels corps. "Il y a au moins 25 morts, la plupart des Egyptiens employés de l’hôtel, les touristes étant logés dans des villas situées dans un parc de l’autre côté de l’entrée", a indiqué un policier.

Le lieu d’un attentat, à Sharm El-Sheikh, le 23 juillet 2005

Une autre explosion s’est produite dans un parking avec une telle violence que plusieurs vitres de magasins situés à proximité ont volé en éclats. Un journaliste de l’AFP a vu sur les lieux un corps éventré, apparemment celui d’un étranger, évacué par des médecins. Au moins cinq corps, recouverts de couvertures maculées de sang, gisaient à même le sol. "Ils sont fous. Quel est le sens de tout cela. Aucune religion ne peut accepter cela", dit Carol, une jeune Britannique qui travaille comme serveuse dans un autre hôtel. Des groupes de touristes téléphonent à leurs familles afin de les rassurer et de nombreux réceptionnistes d’hôtels contactés par l’AFP ont fait part d’une inquiétude grandissante parmi les vacanciers.

Le lieu d’un attentat, à Sharm El-Sheikh, le 23 juillet 2005

Au souk de la vieille ville, d’autres explosions se sont produites dans la galerie marchande. Selon Achraf, propriétaire d’un restaurant russe situé à proximité, "les explosions ont été d’une extrême violence". "J’ai vu beaucoup de victimes", a-t-il dit à l’AFP.

Le lieu d’un attentat, à Sharm El-Sheikh, le 23 juillet 2005

Un cordon de policiers anti-émeutes, vêtus de treillis noirs, assurent la sécurité et repoussent à une centaine de mètres de l’hôtel les curieux et employés d’hôtel qui ont afflué après avoir entendu les explosions. "Il y a beaucoup de corps couverts de draps blancs tachés de sang tout autour de l’hôtel. De nombreuses personnes se sont précipitées sur les lieux mais quelque 600 policiers ont établi un cordon de sécurité", selon Osman, propriétaire d’un magasin de photo. "Nous avons annulé les vacances des forces de l’ordre et déployé des unités anti-terroristes à Charm", a indiqué un haut responsable policier. L’entrée de l’hôpital principal de Charm El-Cheikh est interdite et des policiers casqués et portant des boucliers se sont déployés sur l’esplanade située devant l’établissement.

Le lieu d’un attentat, à Sharm El-Sheikh, le 23 juillet 2005

Israël a proposé à l’Egypte son assistance pour participer aux opérations de secours, indiquant qu’au moins un Israélien avait été blessé dans les attentats.Le gouvernement japonais s’est déclaré "gravement choqué", le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan a exprimé sa "douleur et sa colère" après les attentats que l’Autorité palestinienne a "fermement condamné".

Le lieu d’un attentat, à Sharm El-Sheikh, le 23 juillet 2005

Un groupe lié au réseau terroriste Al-Qaida,"le groupe Al-Qaida au pays du Levant et en Egypte", a revendiqué les attentats dans un communiqué publié par un site islamiste, dont l’authenticité ne peut être établie. Dans son texte, ce groupe fait référence au procès ouvert, le 2 juillet 2005, en Egypte, de trois islamistes accusés d’avoir participé aux attaques de Taba. Le ministre égyptien de l’intérieur, Habib Al-Adly, a estimé que les auteurs des attaques de Charm El-Cheikh pourraient avoir des liens avec ceux qui avaient perpétré celles de Taba.

Le lieu d’un attentat, à Sharm El-Sheikh, le 23 juillet 2005

Le président égyptien, Hosni Moubarak, qui s’était immédiatement rendu à Charm Rl-Cheikh dans la matinée, a affirmé qu’il ne "cèdera pas au chantage", dans une brève allocution télévisée diffusée l’après-midi. "Cet acte criminel, lâche, qui vise à déstabiliser l’Egypte renforcera notre détermination à poursuivre la lutte contre le terrorisme et à l’éradiquer", a-t-il ajouté.

Le lieu d’un attentat, à Sharm El-Sheikh, le 23 juillet 2005

Le groupe hôtelier français Accor a indiqué dans un communiqué qu’aucun de ses trois hôtels n’avait été touché. "Il y aurait un client saoudien légèrement touché alors qu’il se trouvait à l’extérieur", indique le groupe qui précise qu’un responsable se rendra sur place afin d’aider au départ des clients qui le souhaiteraient. Sur France Inter, M. Philippe Douste-Blazy a estimé, samedi 23 juillet 2005, que "l’avenir des démocraties" est en jeu face à la multiplication des attaques terroristes. Il a évoqué une "situation internationale de très grande tension" qui impose une "vigilance extrême", notamment de la part des touristes se trouvant ou voulant se rendre sur place.

Avec AFP

Des victimes des attentats, dans un hôpital de Sharm El-Sheikh, le 23 juillet 2005

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