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mardi 21 février 2017
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AFP, 24 février 2004

Haïti : Jean-Bertrand Aristide propose des élections. Port-de-Paix sous le contrôle des insurgés


Des partisans de Jean-Bertrand Aristide se pressent aux grilles du palais présidentiel, pendant la conférence de presse de "Son Excellence Monsieur Aristide", à Port-au-Prince, le 24 février 2004

PORT-AU-PRINCE (AFP) - Le président haïtien Jean-Bertrand Aristide, dont la démission est demandée par l’opposition politique, a proposé mardi des élections parlementaires d’ici novembre alors que les insurgés ont encore accentué leur emprise en Haïti, en prenant une nouvelle ville du nord-ouest.


Lors d’une conférence de presse à Port-au-Prince, M. Aristide a une nouvelle fois exclu de démissionner, réaffirmant sa détermination à rester en fonctions jusqu’au terme de son mandat en février 2006. "Je veux que les Haïtiens restent en Haïti pour qu’ils puissent voter aux élections, peut-être avant novembre prochain", a-t-il dit, appelant ses compatriotes à ne pas quitter le pays.

L’une des barricades dressées par les partisans de Jean-Bertrand Aristide, à Port-au-Prince, le 24 février 2004

Le président avait déjà promis début janvier des élections dans les six mois, et le plan international de sortie de crise qu’il a approuvé samedi prévoit des élections parlementaires dans un avenir proche.

Une mitrailleuse en position de tir, dans l’enceinte du palais présidentiel, à Port-au-Prince, le 24 février 2004

Selon des radios haïtiennes, une nouvelle ville du nord-ouest du pays est tombée aux mains des insurgés. Port-de-Paix, comptant quelque 120.000 habitants, est passée sous le contrôle des insurgés dans la nuit de lundi à mardi, selon les correspondants de ces radios.

Ces médias n’ont pas indiqué si l’attaque avait fait des victimes. Depuis le début de l’insurrection, le 5 février 2004, quelque 70 personnes sont mortes et plusieurs centaines ont été blessées.

Port-de-Paix, située à quelque 300 km de Port-au-Prince, a été le théâtre de scènes de pillages et d’incendies, notamment du commissariat, comme lors des précédentes attaques d’agglomérations tombées sous le contrôle des insurgés, ont précisé les médias haïtiens.

L’incendie du commissariat de police de Cap-Haïtien, le 22 février 2004

Les insurgés, dirigés par Guy Philippe, un ancien commissaire, contrôlent aujourd’hui la moitié du pays. Cinq départements sur les neuf que compte Haïti sont désormais sous leur emprise.

A Cap-Haïtien, le 23 février 2004, des soldats insurgés tirent sur une maison abritant un partisan de Jean-Bertrand Aristide

Mardi, Guy Philippe a affirmé sur Radio France Internationale (RFI) que le but de ses troupes était de "libérer Port-au-Prince". Dimanche, dans une déclaration à l’AFP, il avait indiqué qu’il serait à Port-au-Prince "avant deux ou trois jours" et qu’il comptait "libérer le pays entier avant quinze jours".

Guy Philippe

L’opposition politique et civile haïtienne s’est réunie mardi pour mettre au point sa réponse définitive à un plan international de règlement de la crise, prévoyant le maintien du président Jean-Bertrand Aristide, qui perdrait cependant une bonne part de son pouvoir.

Les pressions devaient se multiplier dans la journée, notamment américaines, pour obtenir leur adhésion aux propositions internationales.

André Apaid et Evans Paul, le 24 février 2004, à Port-au-Prince

"Notre souci est de trouver une réponse qui nous permette de ne pas perdre la face et que la communauté internationale ne perde pas non plus la face", a déclaré à l’AFP un des responsables socialistes de l’opposition, Micha Gaillard.

Micha Gaillard

Le président Aristide a espéré que la réponse serait "positive", tout en dénonçant des opposants qui préférent dire "oui à des tueurs" plutôt que "oui à des élections".

Entre deux assassinats de journalistes, Jean-Bertrand Aristide, lors de sa conférence de presse du 24 février 2004, à Port-au-Prince

Le président français Jacques Chirac a affirmé que la France n’excluait pas "de contribuer à une force civile de paix" en Haïti et a plaidé pour "un processus de négociation" pour sortir de la crise. Haïti a été "géré depuis bien longtemps de façon désastreuse", a-t-il relevé.

Selon des sources bien informées, un ministre et un ancien proche de Jean-Bertrand Aristide ont quitté récemment Haïti. Le secrétaire d’Etat aux Affaires sociales et ancien directeur général de la police, Jean-Claude Jean-Baptiste, est parti, comme l’ex-sénateur Pierre Sonson Prince, selon ces sources. Le Premier ministre haïtien Yvon Neptune n’avait pas confirmé cette information.

Yvon Neptune

A Londres, la Grande-Bretagne a appelé les 70 Britanniques en Haïti à partir. "Nous conseillons à tous les ressortissants britanniques de quitter le pays, à condition qu’ils puissent le faire en toute sécurité", a déclaré le ministère des Affaires étrangères. Les Etats-Unis, le Canada et la France avaient déjà lancé un appel similaire.

Agence France Presse

A l’aéroport de Port-au-Prince, le 22 février 2004, un Américain s’apprête à quitter Haïti

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