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Le Courrier, 24 février 2004

Genève : Elisa critique l’accueil réservé aux requérants d’asile

par Virginie POYETTON


Aéroport de Frankfurt am Main

AÉROPORTS - Afin de défendre les droits des requérants d’asile dans les zones de transit, l’association Elisa a rejoint le réseau européen « Exodus ».

Depuis la fin 2003, le nombre de demandes d’asile déposées à l’aéroport de Genève-Cointrin augmente. Pour Elisa, association genevoise d’aide aux requérants d’asile qui tenait son assemblée générale le 23 février 2004, l’augmentation des tensions dans les aéroports devient problématique. Et, pour répondre à ces situations de crise, Elisa soutient que la mise en réseau de petites associations locales est la meilleure solution.

Aéroport d’Athènes


« Exodus »

Depuis l’année passée, l’association fait partie du réseau « Exodus », qui regroupe des aumôniers et des assistants des services sociaux et juridiques travaillant dans les zones de transit d’une dizaine d’aéroports européens. Leur but est d’intervenir auprès des institutions européennes et internationales afin que les droits des demandeurs d’asile soient reconnus.

Prenons un exemple : un homme, ressortissant d’un pays extracommunautaire, cherche à rejoindre sa femme réfugiée en France. Cet homme est au bénéfice d’un regroupement familial et d’un visa. Malgré cela, il est arrêté dans la zone française de l’aéroport de Cointrin. La police des frontières lui interdit de rentrer en France et le remet aux autorités suisses. Or, dans notre pays, la loi qui en France donne vingt-quatre heures aux requérants déboutés pour contacter ses proches n’existe pas. Sans une intervention extérieure, l’homme aurait été débouté. Grâce à une collaboration de la Cimade, service oecuménique d’entraide en France, Elisa a pu finalement obtenir un nouveau visa pour cet homme, qui a pu rejoindre sa femme à Paris.

C’est pour faciliter ce genre de collaboration et pour assurer une aide efficace aux requérants retenus à l’aéroport qu’Exodus a été créé [1].

Autre important sujet de préoccupation de l’association : la privatisation des systèmes de surveillance à l’aéroport. Dans la zone de transit, la compagnie Swiss a depuis peu recours à la firme privée CGS (Customers Ground Service) pour effectuer le contrôle des passeports et des visas. C’est elle qui décide également si un passager a le droit d’embarquer.

Par ailleurs, la nouvelle Loi sur les étrangers (LEtr), qui sera discutée aux Chambres fédérales suisses en mai 2004, prévoit que les compagnies d’aviation qui embarqueraient des gens sans documents de voyage valides soient amendés. Elisa craint les répercussions qu’une telle mesure, couplée à la privatisation des contrôles, pourrait avoir sur la portée du droit d’asile.

La halle des départs, à l’aéroport de Genève

Accords de réadmission

Si l’association se dit fortement opposée à la LEtr, ce sont surtout les prochaines mesures d’allègement budgétaire qui lui font craindre le pire pour les requérants. Dès le 1er avril, les demandeurs d’asile frappés d’une non-entrée en matière se verront privés d’aide sociale. Aucun référendum n’est prévu contre cette loi que Michel Ottet, permanent de l’association, estime contraire à la Convention européenne des droits de l’homme.

« Ce qui va poser problème, ce sont surtout les refoulements vers les pays tiers sûrs. L’Office des réfugiés décide d’y renvoyer les requérants refoulés sans tenir compte des pays eux-mêmes. Pour l’instant il y a eu peu de cas, mais on risque de voir revenir les requérants dont les pays n’ont pas voulu. »

Officiellement, explique M. Ottet, des accords de réadmission existent avec tous nos pays voisins, mais ils sont très peu utilisés. « L’affaire récente du renvoi des Roms l’a prouvé. Ils venaient de France, mais cette dernière n’en a jamais voulu. »

Virginie POYETTON

[1]www. Exodus-network.org

Aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle

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