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ATS, 30 juillet 2005

Algérie : L’ex-numéro 2 du FIS inculpé d’"apologie de crimes terroristes", pour avoir critiqué l’envoi de diplomates en Irak malgré l’occupation étrangère

Suivi d’un commentaire


Vue d’Alger

ALGER (ATS) L’ex-numéro 2 du Front islamique du salut (FIS, dissous) Ali Belhadj, interpellé, mercredi 27 juillet 2005, par la police, a été inculpé par un procureur du tribunal d’Alger. Il est poursuivi, notamment, pour "apologie de crimes terroristes et incitation au meurtre". Ali Belhadj a également été inculpé de "publication d’écrits faisant l’apologie du terrorisme", comme son frère Abdelhamid, et placé en détention provisoire, a indiqué une source judiciaire. Son frère a lui été placé sous contrôle judiciaire.

Algérie


Ali Belhadj a été interpellé, mercredi 27 juillet 2005, après avoir fait une déclaration à la chaîne arabe Al-Jazira sur le rapt de deux diplomates algériens à Bagdad, peu avant l’annonce de leur exécution par leurs ravisseurs du groupe du chef d’Al-Qaïda en Irak, Abou Moussab Al-Zarqaoui. Il avait déclaré que les deux Algériens avaient été enlevés "en tant que diplomates et ambassadeurs". Il avait estimé qu’"en accréditant des ambassadeurs et des diplomates dans un pays sous occupation, (leur) Etat ne fait que légitimer cette occupation, ce qui est inacceptable aux plans de la charia et de la politique".

Abassi Madani en compagnie d’Ali Belhadj

Abdelhamid Belhadj avait également parlé à Al-Jazira après l’arrestation de son frère. Il avait, notamment, expliqué que son frère s’apprêtait à demander la libération des deux diplomates avant que la conversation téléphonique avec la chaîne arabe ne soit interrompue. Samedi 30 juillet 2005, il a précisé que son frère, Ali, avait été "immédiatement transféré à la prison d’El-Harrach", dans la banlieue est. Il a ajouté que lui-même et la famille de son frère étaient "choqués" et "déçus" par la décision du magistrat.

Un hélicoptère américain UH-60 Blackhawk au-dessus de Mossoul

Une information judiciaire a également été ouverte par le procureur de la République près le tribunal d’Hussein Dey, à Alger, contre les auteurs et les commanditaires de l’enlèvement et de l’assassinat des deux diplomates algériens, Ali Belaroussi et Azzedine Belkadi, a précisé la source judiciaire. Le groupe du chef d’Al-Qaïda en Irak, Abou Moussab Al-Zarqaoui, a annoncé, mercredi 27 juillet, sur internet, avoir exécuté les deux diplomates algériens, Ali Belaroussi, 62 ans, et Azzedine Belkadi, 47 ans, enlevés à Bagdad le 21 juillet 2005.

Agence télégraphique suisse

Azzedine Belkadi (en haut) et Ali Belaroussi (en bas), aux mains de leurs ravisseurs, en Irak

Commentaire

Voilà un exemple caractéristique de violation de la liberté d’expression, sous couvert de "lutte antiterroriste".

Si on en juge d’après les propos rapportés par l’agence télégraphique suisse, Ali Belhadj, un opposant à l’occupation étrangère de l’Irak, s’est contenté de critiquer l’établissement de relations diplomatiques entre l’Algérie et l’Irak occupé. En ce faisant, il a exercé son droit de critique et sa liberté d’expression. Il est manifestement abusif de prétendre que ces critiques constitueraient une "apologie du terrorisme" ou une "incitation au meurtre".

Troupes d’occupation américaines à Bagdad, le 20 juillet 2005

Tous les despotes alliés aux Etats-Unis usent de méthodes similaires pour éliminer leurs opposants politiques, en prétendant que toute critique du pouvoir ferait "le jeu des terroristes". Ou en présentant comme "un extrémiste" quiconque critique la politique des Etats-Unis. Sous prétexte de "lutte contre le terrorisme", des milliers de personnes sont emprisonnées et torturées pour avoir simplement exercé leur liberté d’expression.

Les dirigeants occidentaux se sont tellement laissés corrompre que plus rien ne les distingue de ces despotes, avec lesquels ils collaborent de manière routinière et s’entendent comme larrons en foire, entre deux discours sur les droits de l’homme et trois tirades sur leur "attachement indéfectible aux valeurs démocratiques".

Frank BRUNNER

Le lieu d’un attentat, à Bagdad, le 30 juillet 2005

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