retour article original

jeudi 27 avril 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Haïti (2ème partie) : Du 16 février 2004 au 29 février (...)
AFP, 25 février 2004

Haïti : barricades à Port-au-Prince, l’opposition refuse une force pro-Aristide


L’une des barricades dressées par les partisans de Jean-Bertrand Aristide, à Port-au-Prince, le 25 février 2004

PORT-AU-PRINCE (AFP) - Mercredi 25 février 2004, Port-au-Prince était sous haute tension, avec des barricades de partisans de Jean-Bertrand Aristide visant à contrecarrer une éventuelle attaque d’insurgés, tandis que l’opposition refusait toute idée d’une force internationale confortant le président haïtien.


Le président américain George W. Bush a estimé à Washington qu’une force de sécurité internationale pourrait être envoyée en Haïti mais seulement après un règlement politique à la crise. La Maison Blanche avait exclu auparavant un envoi de troupes militaires américaines.

"Consécutivement à un règlement politique, nous encouragerons la communauté internationale à apporter sa contribution pour assurer la sécurité. Mais la première chose est de travailler à une solution politique", a déclaré M. Bush.

George Bush. Sa "politique haïtienne" est totalement cynique. D’un côté, en soutenant Jean-Bertrand Aristide, George Bush fait le maximum pour prolonger la guerre civile, avec le cortège de victimes qu’elle entraîne. Dans le même temps, George Bush prend prétexte des victimes de la guerre civile pour "justifier" une future invasion américaine d’Haïti, cette invasion étant alors présentée comme "une mission de pacification" de "la communauté internationale". Les opposants haïtiens seraient bien inspirés de ne pas entrer dans ce jeu cynique, de ne pas se laisser diviser par les intrigues diplomatiques ; et, surtout, de n’accepter en aucun cas, sous aucune forme et sous aucun prétexte, une présence militaire américaine à Haïti qui ne serait pas strictement limitée à la protection des bâtiments de l’ambassade des Etats-Unis.

Interrogé lors d’une conférence de presse sur l’idée française d’une force de sécurité civile, l’un des dirigeants de l’opposition haïtienne, Micha Gaillard, a répondu qu’elle ne pouvait en aucun cas soutenir le chef de l’Etat. "Nous rejetterions toute force qui viendrait en Haïti pour conforter M. Aristide au pouvoir", a-t-il dit.

Micha Gaillard

L’opposition a réaffirmé sa volonté d’obtenir son départ. La Plate-forme démocratique de la société civile et des partis de l’opposition "ne trahira pas" la population haïtienne, a souligné André Apaid, représentant du patronat.

André Apaid (le visage flou, au premier plan, est celui d’Evans Paul)

"Il faut de toute urgence une solution politique et Jean Bertrand Aristide qui est la source du problème doir partir", a réaffirmé l’opposition.

Au lendemain du rejet par l’opposition d’un plan international de sortie de crise d’inspiration américaine et laissant au pouvoir Jean Bertrand Aristide, "le dialogue reste ouvert avec la communauté internationale", a précisé Evans Paul, autre dirigeant de l’opposition.

Cette dernière a indiqué exclure tout déplacement en France dans l’immédiat pour des discussions. Le ministre français des Affaires étrangères Dominique de Villepin avait fait part de son intention de faire se rencontrer l’opposition et des représentants du gouvernement haïtien à Paris cette semaine.

"L’envoi d’une mission de l’opposition en France est inopportune", a déclaré le socialiste Micha Gaillard. "Si nous y allons, il n’est pas question de rencontrer à Paris une quelconque délégation du gouvernement Lavalas". "Ce qui se passe sur le terrain nous empêche d’y aller", a-t-il précisé, en évoquant le mouvement insurrectionnel qui contrôle la moitié nord du pays.

Un soldat insurgé garde le port de Port-Haïtien, le 25 février 2004

A Port-au-Prince, des pillages et des coups de feu ont été signalés par des témoins mercredi sans qu’il soit possible de les expliquer. Les entrées de la ville au nord, à l’est et à l’ouest étaient sous une étroite surveillance d’hommes en armes, parfois cagoulés, qui filtraient les passages à des points de contrôle formés de grosses pierres, de carcasses de voitures et de pneus. Les véhicules étaient fouillés par ces hommes à la recherche d’armes.

A Port-au-Prince, le 25 février 2004, les policiers ont arrêté une douzaine de partisans de Jean-Bertrand Aristide qui volaient les gens au passage d’une barricade, sur la route de l’aéroport. Sans doute des touristes américains se sont-ils plaints d’être "traités comme des pauvres"... C’est effectivement scandaleux

En début de semaine, Guy Philippe, un ancien commissaire à la tête des insurgés armés qui contrôlent la moitié nord du pays, avait promis de "libérer" Port-au-Prince du président Aristide dans les jours à venir.

"Nous mettons en garde les gens qui contrôlent le nord du pays de considérer le sud (comprenant Port-au-Prince) comme un fief de Jean Bertrand Aristide", a déclaré dans la capitale Evans Paul. "La violence n’a jamais rien réglé et ceci s’adresse aux gens qui ont des armes dans le parti Lavalas ou de l’autre côté", a-t-il ajouté.

Louis-Jodel Chamblain et Guy Philippe. Ils seraient bien inspirés de libérer Port-Au-Prince sans plus tarder. Dans la mesure du possible, il faut prévoir des tubes de mortier pour liquider les mitrailleuses qui défendent le palais présidentiel et que Jean-Bertrand Aristide est susceptible de faire installer aux barricades. Faute de mortiers, il devrait être possible de bricoler des lance-grenades ou des catapultes pour cocktails molotov

L’opposition politique et civile au chef de l’Etat s’est démarquée de l’insurrection armée dans le pays qui poursuit le même but d’un départ du président Aristide.

Selon un diplomate de haut rang à Port-au-Prince, "la diplomatie continue" avec l’opposition comme avec le gouvernement.

Agence France Presse

L’ambassadeur américain James Foley. De toute évidence, l’actuel gouvernement américain considère Haïti comme une colonie des Etats-Unis et se fiche éperdument de l’intérêt général de la population haïtienne

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, et si vous souhaitez promouvoir la politique d’intérêt général qu’il préconise, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source