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jeudi 25 mai 2017
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AFP, 11 août 2005

Irak : Un chef chiite veut l’autonomie pour les siens


BAGDAD (AFP) - Un chef chiite irakien a appelé de ses voeux, jeudi 11 août 2005, une région autonome pour les siens, dans le centre et le sud du pays, en plein débat sur le fédéralisme que les Kurdes veulent consacrer dans la Constitution.


Cet appel inattendu de la part du chef du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII), Abdel Aziz Hakim, est intervenu à quatre jours de la date butoir pour un accord sur la Constitution, au moment où les tenants du fédéralisme et les défenseurs d’une place centrale de l’islam dans la législation multipliaient les contacts à la recherche d’un compromis. "Nous voyons une nécessité à une zone autonome dans le centre et le sud de l’Irak étant donné les liens communs entre les habitants de cette région" à majorité chiite, a déclaré M. Hakim dans un discours dans la ville sainte de Najaf, à 160 km au sud de Bagdad. C’est la première fois que M. Hakim, tête de la liste chiite aux élections du 30 janvier 2005 qui a remporté le plus de sièges au Parlement, se prononce aussi clairement pour une zone autonome dans le centre et le sud.

Traditionnellement, les chiites sont pour un Etat centralisé contrairement aux Kurdes qui ont une zone autonome dans le nord du pays et qui défendent le fédéralisme dans les débats actuels sur le projet de Constitution permanente. Les Kurdes et les chiites ont multiplié les contacts sur la Constitution. "Ces rencontres bilatérales peuvent s’avérer plus utiles que les réunions élargies au cours desquelles chaque partie a tendance à s’accrocher à sa position", a estimé le député kurde Mahmoud Osmane, ajoutant qu’aucune réunion élargie n’était encore prévue pour jeudi 11 août 2005.

Les dignitaires chiites ont eu pour leur part des consultations, mercredi 10 août 2005 au soir, sur la Constitution, le chef radical Moqtada Al-Sadr rendant visite, à Najaf, au plus prestigieux des chefs religieux chiites, le grand ayatollah Ali Sistani. Le courant Sadr n’est pas représenté aux réunions entre les chefs politiques qui s’emploient à Bagdad à aplanir leurs divergences sur le texte. Moqtada Sadr est allé ensuite rendre visite à M. Hakim, dans l’une des rares rencontres entre les deux personnalités, souvent présentées comme rivales.

Auparavant, M. Hakim avait rencontré l’ayatollah Sistani au même sujet et indiqué que ce dernier avait insisté sur trois points : "L’unité du peuple irakien, la préservation de la place de l’islam dans l’Etat et les garanties nécessaires aux autres composantes du peuple irakien". Dix-huit points de divergence sur le texte constitutionnel sont soumis aux réunions des chefs politiques. Les chiites veulent faire de l’islam la seule source de législation, ce que refusent les Kurdes et les courants laïcs.

Le processus d’élaboration de cette constitution est "sur les rails" et l’achèvement du projet est possible dans les délais, a estimé mercredi un porte-parole du département d’Etat américain, Adam Ereli. Les discussions entre les dirigeants irakiens "ont été productives et elles avancent", a noté M. Ereli, soulignant toutefois qu’"il y a des questions difficiles à résoudre : la question du fédéralisme, les droits (des uns et des autres), le partage des ressources (naturelles)".

Le porte-parole du gouvernement irakien, Leith Koubba, a assuré, jeudi 11 août 2005, que les Etats-Unis n’étaient pas en train d’exercer des pressions sur les dirigeants irakiens pour parvenir à un accord sur la Constitution. "Je ne pense pas que les Etats-Unis exercent ce genre de pressions ou que les Irakiens acceptent de telles pressions", a-t-il déclaré, estimant possible un compromis sur la place de l’islam dans la législation.

Au niveau sécuritaire, seize Irakiens, dont un officier de renseignement du ministère de la Défense et de nombreux civils, ont été tués dans différentes attaques de la guérilla à travers le pays.

Enfin, une source proche du Tribunal spécial irakien (TSI) chargé de juger les dirigeants du régime baassiste a estimé que le procès de l’ex-dictateur Saddam Hussein pourrait s’ouvrir dans les deux prochains mois.

Agence France Presse

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