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dimanche 25 juin 2017
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AFP, 26 février 2004

Proche-Orient : Violences meurtrières à Erez


GAZA (AFP) - Un Israélien et deux Palestiniens armés ont été tués jeudi matin, 26 février 2004, lors d’une attaque palestinienne contre des soldats et des civils israéliens au point de passage d’Erez, à l’entrée nord de la bande de Gaza, selon un bilan de sources militaires.

L’attaque a été revendiquée par les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, nébuleuse de groupes armés autonomes issus du Fatah, le mouvement du dirigeant palestinien Yasser Arafat.


A Jabaliya, localité palestinienne proche d’Erez, des membres des Brigades ont annoncé par haut-parleurs que deux activistes avaient commis l’attaque.

Des ouvriers palestiniens, témoins de la scène, ont confirmé la mort des deux hommes, alors que la zone était bouclée par l’armée israélienne. Un Israélien blessé lors de l’attaque est mort peu après. On n’a pas précisé si c’était un soldat ou un civil. Deux autres Israéliens ont été blessés. Ces nouveaux morts portent à 3.781 le nombre de personnes tuées depuis le début de l’Intifada, fin septembre 2000, dont 2.829 Palestiniens et 884 Israéliens.

Peu avant l’accrochage l’armée israélienne avait été avertie d’une attaque imminente, selon la radio militaire. Les Palestiniens ont tiré avec des fusils automatiques et lancé des grenades, après avoir réussi à s’infiltrer dans la zone industrielle sous contrôle israélien, en franchissant une clôture de sécurité. Une bataille rangée les a opposés aux soldats chargés de la garde du passage et de la zone.

Quatre Israéliens avaient été tués le 14 janvier dans un attentat suicide commis par une Palestinienne au terminal d’Erez. Après cette attaque, l’armée israélienne a fermé ce terminal, principal point de passage entre la bande de Gaza et l’Etat juif, emprunté chaque jour par des milliers de travailleurs palestiniens se rendant en Israël ou dans la zone industrielle.

Mercredi 25 février, les autorités israéliennes ont confisqué manu militari mercredi des millions de dollars dans des banques palestiniennes lors d’une opération qualifiée de hold-up par les Palestiniens. Cette opération sans précédent a visé des établissements bancaires à Ramallah, en Cisjordanie, dans le but de saisir des fonds servant à alimenter le "terrorisme" palestinien, selon des sources sécuritaires israéliennes. Des militaires, secondés de policiers, ont fait irruption dans les locaux de l’Arab Bank, de l’International Palestinian Bank et de la Cairo-Amman Bank.

Un haut responsable sécuritaire israélien a annoncé la saisie de neuf millions de dollars destinés, selon lui, à "alimenter des actions terroristes" lors de ce raid. Selon lui, ces sommes servaient à acheter des armes, des explosifs ou à payer des auteurs d’attentats après des opérations, ou leurs familles s’ils étaient tués.

Le Premier ministre palestinien Ahmad Qoreï a comparé l’opération à un hold-up, déclarant aux journalistes qu’il "s’agit ni plus ni moins d’un acte maffieux" et qu’il constituait un précédent "extrêmement dangereux".

De son côté, le ministre israélien de la Défense Shaoul Mofaz a promis que les sommes confisquées seraient "allouées à des actions humanitaires" en faveur de la population palestinienne. Selon le responsable sécuritaire israélien, l’argent provenait notamment de l’Iran et du Hezbollah chiite libanais.

Au cours de l’opération, des heurts ont éclaté entre les militaires et des jeunes Palestiniens qui les ont attaqués à coups de pierres. Les soldats ont tiré des balles caoutchoutées et ont eu recours aux grenades lacrymogènes, frappant certains manifestants à coups de crosse. Seize Palestiniens ont été blessés au cours de ces heurts et l’un d’eux devait subir une intervention chirurgicale. Deux femmes, dont une étrangère, figurent au nombre des blessés.

Malgré ce raid, le Conseil révolutionnaire du Fatah (CRF), principal mouvement palestinien, s’est réuni à Ramallah au QG du dirigeant Yasser Arafat, pour la première fois depuis plus de trois ans. Cette réunion a lieu alors que le mouvement est confronté à des accusations de corruption et d’absence de stratégie cohérente.

A la Haye, en Hollande, les Palestiniens se réjouissaient mercredi des attaques en règle contre la ligne de séparation israélienne en Cisjordanie après trois jours d’audiences à la Cour internationale de Justice (CIJ).

Un responsable militaire israélien a pour sa part annoncé une réduction de 80 km de la longueur totale de cette barrière de séparation. Le nouveau tracé projeté de 640 km permettrait d’éviter que des localités palestiniennes où vivent plusieurs dizaines de milliers de Palestiniens se retrouvent coupées du reste de la Cisjordanie.

A Beit Sourik, une localité palestinienne au nord-ouest de Jérusalem, l’armée a violemment dispersé, pour la seconde journée consécutive, une manifestation contre la construction d’un nouveau tronçon de la barrière, qui avait débuté mardi 24 février.

La CIJ, à laquelle l’Assemblée générale de l’ONU a demandé, en décembre 2003, de se prononcer sur la légalité de cet ouvrage qui empiète sur de vastes secteurs de la Cisjordanie, a terminé ses audiences mercredi 25 février.

Agence France Presse

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