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jeudi 20 juillet 2017
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AP, 12 août 2005

France : Médecins du Monde dénonce la situation des mineurs afghans vivant dans la rue


PARIS (AP) - Un nombre croissant de mineurs Afghans vivent dans la rue, en France, dans des conditions particulièrement précaires et sans protection aucune, dénonce, vendredi 12 août 2005, l’association Médecins du monde (MDM) qui demande à ce que "des places supplémentaires d’accueil soient débloquées de toute urgence".


A Paris, la mission "sans domicile fixe" de Médecins du Monde, alertée par le dispositif d’accueil de jour de l’Armée du Salut Saint-Martin, "a rencontré, depuis une semaine, plus d’une quarantaine de jeunes Afghans vivant dans les rues", souligne l’association dans un communiqué. Ces mineurs, déjà affectés par un voyage clandestin extrêmement éprouvant, survivent aujourd’hui en France "dans une situation sanitaire précaire", "sans connaissance de leurs droits, des institutions et structures d’accueil", souligne Médecins du monde. Rappelant que ces jeunes sont des "proies faciles pour les passeurs, dealers et autres trafiquants", Médecins du monde dénonce "la capacité insuffisante des dispositifs spécialisés de prise en charge" et "les délais inhérents aux procédures légales" qui les condamnent à la rue.

Enfin, avec la multiplication des expulsions de clandestins par charters, l’association souligne que "les mineurs n’ayant pas pu prouver leur âge risquent de se retrouver en centre de rétention". Par ailleurs, Médecins du Monde met l’accent sur la situation actuelle en Afghanistan, "qui reste, depuis vingt-six ans, un pays en guerre". Avec ces conditions d’insécurité qui perdurent et l’absence de droits sur le territoire afghan comme l’accès aux soins, "les renvois collectifs des exilés (afghans) décidés par les gouvernements européens ne respectent pas les droits fondamentaux des Afghans", estime l’association. "Nous nous indignons (...) de voir les Etats européens bafouer ouvertement les droits de l’homme en renvoyant des exilés vers un pays toujours en guerre", conclut Médecins du Monde.

D’autres associations de défense des droits de l’Homme et des immigrés, comme la Cimade ou Amnesty International, ont également dénoncé les expulsions des clandestins, notamment Afghans, par les pays européens. Quarante Afghans, en situation irrégulière, arrêtés en France et en Grande-Bretagne, "ont été reconduits dans leur pays à bord d’un vol groupé co-organisé par les autorités françaises et britanniques", le 27 juillet 2005. Il s’agissait du premier vol groupé de ce type annoncé par le G5 des ministres de l’Intérieur (France, Allemagne, Italie, Espagne, Grande-Bretagne). Le protocole n°4 de la Convention européenne des droits de l’Homme rappelle clairement dans son article 4 que "les expulsions collectives d’étrangers sont interdites". Les gouvernements qui pratiquent les "vols groupés" assurent qu’il ne s’agit pas d’"expulsions collectives", chaque cas étant examiné de façon individuelle...

Associated Press

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