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jeudi 23 mars 2017
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AFP, 12 août 2005

Corruption : Luiz Inacio Lula da Silva présente des "excuses" pour les scandales au Brésil


Vue de Brasilia

BRASILIA (AFP) - Le président Luiz Inacio Lula da Silva a présenté, vendredi 12 août 2005, des "excuses" au peuple brésilien, pour la crise politique provoquée par les révélations sur les financements illicites de son Parti des travailleurs (PT), alors qu’un sondage indique pour la première fois qu’il serait battu au second tour de l’élection présidentielle de 2006.

Brésil


"Je n’ai aucune honte a dire au peuple brésilien que nous devons présenter des excuses, que le gouvernement, que le PT doivent présenter des excuses", a dit le président brésilien lors d’une intervention solennelle faite à la télévision lors d’un conseil des ministres. "Je me sens trahi par des pratiques inacceptables, par des pratiques dont je n’avais pas connaissance", a dit le président, en référence à des révélations en cascade intervenues à l’encontre du PT au cours des trois derniers mois. "Je suis indigné par les révélations qui apparaissent chaque jour et choquent le pays. Le PT a été créé précisément pour renforcer l’éthique en politique et être aux côtés des pauvres et des couches moyennes de notre pays", a dit Luiz Inacio Lula da Silva, l’ex-syndicaliste, fondateur du PT il y a vingt-cinq ans.

Luiz Inacio Lula da Silva

Cette intervention était demandée avec de plus en plus de vigueur par l’entourage du président, qui avait, jusqu’à présent, tenté de rester à l’écart d’une crise présentée comme une crise du Parlement et du seul PT. Le PT, accusé d’avoir acheté le soutien de députés en faveur du gouvernement, a reconnu avoir monté une caisse noire équivalent à près de 20 millions d’euros, mais en assurant qu’elle était uniquement destinée au paiement des campagnes électorales. La crise s’est aggravée, jeudi 11 août 2005, et rapprochée singulièrement du palais présidentiel du Planalto, avec les déclarations de Duda Mendonça, le publicitaire chargé de la campagne présidentielle de Luiz Inacio Lula da Silva et celle du PT, en 2002. Duda Mendonça a révélé que le PT avait payé ses services sur un compte ouvert dans le paradis fiscal des Bahamas.

Duda Mendonça

Vendredi 12 août 2005, la revue Epoca a également publié une déclaration de Valdemar Costa Neto, président du Parti libéral (PL, droite), le parti du vice-président José Alencar, élu sur le ticket présidentiel de Luiz Inacio Lula da Silva aux élections de 2002. Selon Valdemar Costa Neto, l’accord sur ce ticket avait été négocié moyennant un versement de 10 millions de réals (3,7 millions d’euros) du PT au PL. Luiz Inacio Lula da Silva "savait que nous étions en train de négocier" et aurait donné son accord final, a assuré Valdemar Costa Neto, un des principaux alliés du gouvernement jusqu’à présent.

Valdemar Costa Neto

La crise politique, provoquée par les déclarations explosives d’un autre allié du govuernement, le député Roberto Jefferson, du Parti travailliste brésilien (PTB), a déjà provoqué la démission, en juin 2005, du ministre José Dirceu, chef de cabinet de Luiz Inacio Lula da Silva, et par la suite des principaux dirigeants du PT, dont le président José Genoino et le trésorier Delubio Soares.

Jose Genoino (au centre de l’image)

Vendredi 12 août 2005, pour la première fois, un sondage a montré que le président Luiz Inacio Lula da Silva serait largement battu au second tour de l’élection présidentielle de 2006 par le candidat social-démocrate José Serra, son adversaire du second tour, en 2002, actuel maire de Sao Paulo. Selon l’institut Datafolha, José Serra, membre du Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB) de l’ancien président Fernando Henrique Cardoso, obtiendrait 48 % des votes contre 39 % pour Luiz Inacio Lula da Silva au second tour. Il y seulement vingt jours, le même institut donnait Luiz Inacio Lula da Silva gagnant par 45 % contre 41 % à son adversaire. Ce sondage montre également que la popularité de Luiz Inacio Lula da Silva est en baisse. Aujourd’hui, 31 % des Brésiliens considèrent que sa gestion est "bonne ou très bonne" (contre 35 % il y a un mois) et 26 % "mauvaise" (contre 23 %). La popularité de Luiz Inacio Lula da Silva a particulièrement chuté dans les couches de la population "qui sympathisaient le plus" avec lui.

Agence France Presse

Delubio Soares

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