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mardi 27 juin 2017
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AFP, 17 août 2005

Proche Orient : "Tu me traites comme si j’étais un Arabe"


NEVE DEKALIM (AFP) - Les forces israéliennes procédaient, mercredi 17 août, à l’évacuation forcée des colonies de la bande de Gaza au milieu de scènes d’hystérie, Ariel Sharon se disant "ému aux larmes" à la vue des colons quittant le territoire palestinien après 38 ans d’occupation. L’évacuation de deux colonies de la bande de Gaza, Tel Katifa et Bedolah, a été totalement achevée mercredi 17 août 2005, a indiqué un porte-parole de la police à l’AFP.


Des soldats et des policiers sans armes avaient commencé dans la matinée à évacuer Nevé Dekalim, "capitale" des colons, ainsi que les implantations de Morag, Ganei Tal, Bedolah et Tel Katifa, dans le bloc de Goush Katif. Plusieurs centaines de policiers et soldats ont franchi la porte principale de Neve Dekalim vers 08h00, le délai imparti aux colons pour partir de leur plein gré ayant expiré mardi 16 août 2005 à minuit. Ils ont avancé dans la rue principale, au milieu de poubelles incendiées, tandis que des militantes en T-shirt orange, couleur symbole des opposants au retrait, leur criaient : "battez vous contre le terrorisme", "honte à vous". Frappant sur les portes des maisons, ils demandaient aux habitants de les accompagner vers des bus qui les conduiront vers Kissoufim, point de passage entre la bande de Gaza et Israël où les premiers cars transportant des colons évacués ont commencé à arriver vers 10h30.

Un groupe de neuf femmes âgées a été traîné de force hors de cette colonie par les forces de l’ordre, selon un correspondant de l’AFP.

Des femmes hurlaient, brandissent des nourrissons et des jouets d’enfants sous le nez des soldats et des policiers qui paraissent de plus en plus tendus. Des colons ou leurs sympathisants venus ces derniers jours en renfort dans l’implantation, sont écartés violemment par les forces de l’ordre mais reviennent à la charge sans cesse. Des jeunes ont mis le feu à des pneus, des planches, des ordures. La chaleur est insupportable.

Des adultes prennent à partie des soldats, s’approchent de leur visage et se mettent à hurler. "Vous allez vivre avec cette blessure dans le coeur toute votre vie !", "c’est un crime, un crime, comment pouvez-vous faire cela !". Les soldats et les policiers, qui ont été spécialement entraînés pour cette mission, d’abord indifférents, commencent à perdre patience et se mettent à réagir avec fermeté, prenant notamment en chasse des jeunes particulièrement agressifs. "Tu me traites comme si j’étais un Arabe", apostrophe un des colons à l’adresse d’un soldat. Un peu à l’écart, des jeunes femmes soldates sont en larmes et ont les nerfs qui lâchent.

A l’orée de la bande de Gaza, une habitante d’une colonie de Cisjordanie a été grièvement brûlée après s’être immolée par le feu pour protester contre le retrait en cours, selon la police. Dans la colonie de Morag, des pneus ont été brûlés alors qu’une soldate a été légèrement blessée après avoir été poignardée par une seringue par une habitante, selon une source militaire. Dans la colonie de Kfar Darom, considérée comme l’une des "dures", des opposants au retrait ont bloqué tout accès au centre de l’implantation et fortifié l’entrée de la synagogue, selon un photographe de l’AFP.

De nombreux habitants de Neve Dekalim sont partis volontairement ces derniers jours, mais des centaines de militants juifs anti-retrait se sont infiltrés sur place ces dernières semaines. "Nous agirons avec un tact particulier et professionnel avec les habitants. Les autres seront tout simplement expulsés et maintenus aux arrêts dans un centre à Beersheva" dans le sud d’Israël, a déclaré un porte-parole de la police.

Une porte-parole de l’armée israélienne a affirmé que l’évacuation pourrait être achevée en quelques jours. "Au vu de la situation actuelle, nous estimons que l’évacuation des colons de la bande de Gaza peut s’achever dans quelques jours", a-t-elle indiqué.

Depuis le coup d’envoi du retrait lundi 15 août, quatre colonies ont été évacuées, une cinquième est pratiquement vide, cinq autres sont en cours d’évacuation alors qu’onze implantations attendent leur tour. A ce jour, près de la moitié des quelques 8000 colons de bande de Gaza ont été évacués, selon les médias. En Cisjordanie, deux colonies isolées sur quatre promises au démantèlement dans le nord de ce territoire, Ganim et Kadim, ont été évacuées lundi 15 août 2005.

Le Premier ministre israélien Ariel Sharon, architecte du "plan de désengagement" s’est dit ému "aux larmes" à la vue des images de colons quitter la bande de Gaza. "Lorsqu’on voit ces familles avec des larmes dans les yeux, et des officiers de police avec des larmes dans les yeux il est impossible de ne pas pleurer soi-même", a déclaré M. Sharon à l’issue d’une rencontre à Jérusalem avec le président Moshé Katzav. Il a par la même occasion affirmé que la colonisation en Cisjordanie occupée allait "se poursuivre et se développer" après le retrait de la bande de Gaza.

Agence France Presse

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