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AFP, 20 août 2005

Proche Orient : La sécurité palestinienne jugée impuissante


GAZA (AFP) - L’incapacité de la sécurité palestinienne à retrouver le preneur de son de la chaîne de télévision française France 3, sept jours après son enlèvement à Gaza, témoigne des défaillances de ses services censés assurer l’ordre dans ce territoire après le retrait israélien.


Gwenaelle Lenoir, journaliste à France 3 qui était avec Mohamed Ouathi lors de son enlèvement, le 14 août, a déclaré, vendredi 19 août 2005, l’AFP, que la situation était "inacceptable". "C’est un signe d’un chaos sécuritaire grandissant". "Nous n’avons aucune nouvelle", a-t-elle ajouté, soulignant que son équipe était en contact permanent avec les responsables palestiniens qui disent n’avoir aucune information. "On est très inquiets car l’affaire est totalement inhabituelle, aucune revendication, pas de demandes", a-t-elle dit.

Mohamed Ouathi a été enlevé, près de son hôtel, par trois hommes armés agissant à visage découvert, qui l’ont emmené à bord d’une voiture vers une destination inconnue. Le rapt a eu lieu peu avant le coup d’envoi du retrait israélien, évènement couvert par des milliers de journalistes.

Jeudi 18 août, le ministère de l’Intérieur palestinien a affirmé que les ravisseurs ne s’étaient "pas fait connaître et n’avaient pas dit leurs motivations", affirmant que ses services faisaient tout leur possible pour localiser le journaliste français. Les différentes organisations palestiniennes ont dénoncé ce rapt, de même que le dirigeant Mahmoud Abbas et le ministre des Waqfs palestinien Youssef Salamé qui a exhorté, à la prière du vendredi 19 août 2005, les ravisseurs à libérer leur otage.

Des étrangers ont été enlevés ces derniers mois à Gaza par des hommes armés qui voulaient faire pression sur l’Autorité palestinienne mais les otages ont été rapidement libérés sains et saufs. Pour Ahmad Hallas, porte-parole du mouvement Fatah de M. Abbas, la prolongation du rapt du Français "prouve l’impuissance des services de sécurité, et c’est probablement cette inaptitude qui a facilité" l’enlèvement. Mais il justifie cette impuissance par "plusieurs facteurs" à savoir la "persistance de la présence militaire israélienne à Gaza et le fait que les services palestiniens ne sont pas totalement maîtres de la sécurité". Il refuse de lier l’enlèvement au port d’armes par des groupes palestiniens de la résistance, et l’a imputé "à des criminels armés".

Le porte-parole du mouvement radical Hamas, Sami Abou Zohri, juge ce rapt "inquiétant et nuisible au peuple palestinien". Mais, dit-il, "ce qui est encore plus inquiétant c’est l’impuissance de l’Autorité palestinienne qui ne déploie pas suffisamment d’efforts pour obtenir sa libération".

Pour un responsable du Front populaire de libération de la Palestine, Rabah Mouhanna, "les groupes responsables de tels actes sont normalement affiliés à des responsables ou à des symboles de l’Autorité palestinienne ou de la sécurité et veulent ainsi satisfaire leurs exigences illégales". L’Autorité palestinienne est, selon lui, "incapable d’imposer l’ordre et doit pour ce faire coopérer avec les forces présentes", en allusion aux différents groupes à Gaza.

Le représentant du Front démocratique de libération de la Palestine, Saleh Zeidane, va plus loin et fait assumer aux forces de sécurité la multiplication des rapts, les accusant "d’avoir satisfait les exigences des ravisseurs dans des précédents rapts, au lieu de les punir". Pour M. Zeidane, "cela témoigne de l’insuffisance des réformes et de la lutte persistante au sein des différents services. Il faut que les corrompus soient jugés et que les services de sécurité ne soient pas au dessus des lois". Il soutient qu’"il n’est pas vrai que l’Autorité ne sait rien" sur le rapt. Mais le porte-parole de l’Intérieur Taoufic Abou Khoussa dément. "Si nous possédions des informations nous aurions pris des mesures sérieuses et immédiates".

Agence France Presse

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