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Le Monde, 20 août 2005

Corruption : Accusations contre le ministre brésilien de l’économie

par Annie GASNIER


Vue de Ribeirao Preto

Pour la première fois depuis le début du scandale de corruption qui secoue la classe politique brésilienne, le ministre de l’économie a été mis en cause. Selon les accusations portées, vendredi 19 août 2005, par son ancien collaborateur, Rogerio Buratti, Antonio Palocci aurait reçu des sommes d’argent d’une entreprise de collecte d’ordures, des pots-de-vin repassés au Parti des travailleurs (PT, gauche au pouvoir). A l’époque des faits, en 2001 et 2002, Antonio Palocci était maire de la ville de Ribeirao Preto, puis conseiller de campagne du candidat du PT à la présidence, Luiz Inacio Lula da Silva ; avant de devenir ministre.

Brésil


Dans un communiqué écrit, Antonio Palocci a nié "avec véhémence" les accusations portées à son encontre. Mais il reconnaît avoir légalement reçu des donations de l’entreprise Leao Leao pour sa campagne électorale, déclarées dans les comptes remis au tribunal régional électoral.

Antonio Palocci

La dénonciation provient d’un avocat, ancien militant du PT, qui avait été secrétaire de la mairie de Ribeirao Preto dirigée par Antonio Palocci. Depuis plusieurs mois, Rogerio Buratti est soupçonné d’avoir organisé la "contribution" de l’entreprise de ramassage d’ordures, en échange de contrats avec plusieurs mairies PT de l’Etat de Sao Paulo. A la veille de ses déclarations, il avait été arrêté, accusé de blanchiment d’argent et de destruction de preuves. L’avocat a alors négocié, avec le ministère public, une réduction de peine en échange de son témoignage sur les pratiques illicites présumées. Vendredi 19 août 2005 au soir, Rogerio Buratti a été libéré.

Scène de rue à Ribeirao Preto

Aussitôt connues, ces accusations ont provoqué un mouvement de panique à la Bourse de Sao Paulo. En fin de journée, l’indice des valeurs a reculé de 0,95 %, et le dollar a gagné 3 % face au real brésilien. L’opposition qualifie les révélations de "très graves" , mais le leader à la Chambre des députés du Parti social-démocrate brésilien (PSDB, opposition), Alberto Goldman, a précisé qu’"elles touchent le ministre, et non l’économie en général". Depuis le début du scandale sur le financement illicite du PT, l’économie du Brésil avait été épargnée par les soubresauts qui secouent la vie politique du pays. On parlait même d’un "blindage" pour isoler les bons résultats économiques de la crise politique qui affaiblit le PT, le Congrès et le gouvernement.

Luiz Inacio Lula da Silva

La nouvelle direction du Parti des travailleurs estime que le pays connaît "une onde délirante de dénonciations". Mais ce qui semble effrayer tout le monde, à cette heure, c’est que toutes les accusations formulées se sont vu confirmées dans les semaines suivantes. Et déjà deux ministres proches du président Luiz Inacio Lula da Silva, José Dirceu et Luiz Gushiken, ont dû abandonner leurs portefeuilles.

Annie GASNIER

Luiz Gushiken

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