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Le Monde, 27 août 2005

Côte d’Ivoire : Le président Gbagbo appelle la communauté internationale à "trancher" sur la question des élections


Le président ivoirien, Laurent Gbagbo, s’est prononcé, vendredi 26 août, en faveur d’un arbitrage international sur la question de la tenue de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, prévue le 30 octobre 2005. "C’est la communauté internationale qui va trancher", a déclaré le président Gbagbo au cours d’une rencontre à Abidjan avec des représentants de la "jeunesse baoulé" dont des extraits ont été diffusés à la télévision nationale. "C’est l’ONU qui va trancher. C’est le médiateur sud-africain qui va trancher".


Estimant que "les conditions d’un scrutin démocratique et transparent ne sont plus réunies", la rébellion des Forces Nouvelles (FN) -qui contrôle la moitié nord du pays- exige une "transition politique" excluant l’actuel chef de l’Etat ivoirien, et ne passant pas pour l’instant par une élection présidentielle. Laurent Gbagbo, qui est, lui, favorable à l’organisation du scrutin à la date prévue, a invité "tous les jeunes de Côte d’Ivoire à aller se faire inscrire sur les listes électorales", à dire "qu’ils ont un candidat et à entrer en campagne".

Il s’agit de la première intervention publique du président ivoirien depuis les déclarations de l’ancien chef d’état-major des forces loyaliste, le général Mathias Doué, qui a menacé, le 19 août 2005, de "faire partir" le président Gbagbo du pouvoir "par tous les moyens".

Plus tôt dans la journée, le président du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de Laurent Gbagbo, avait estimé que le refus de la rébellion ivoirienne de "cautionner" l’élection présidentielle, prévue le 30 octobre 2005, en Côte d’Ivoire, n’était pas une "suprise". "Nous avons toujours affirmé que les Forces nouvelles sont des partenaires peu fiables dans le processus de paix", a déclaré Pascal Affi N’guessan, qui a reproché aux FN d’user "du dilatoire pour prolonger la partition du pays et les souffrances des populations". Il a exigé une nouvelle fois le désarmement des rebelles, condition préalable à toute organisation d’un scrutin présidentiel. "Si nous ne parlons pas du désarmement d’abord, tout ce que nous allons dire sera de la pure spéculation", a-t-il expliqué.

Les forces nouvelles ne sont pourtant pas seules à critiquer l’hypothèse de la tenue d’une élection le 30 octobre. "Il n’est pas raisonnablement possible d’organiser des élections crédibles, ouvertes à tous, dont les résultats ne sont pas contestables", à cette date, estime Ibrahim Bacongo, le porte-parole du Rassemblement des républicains (RDR), l’un des principales formations de l’opposition ivoirienne, dont le membre le plus éminent, Alassanne Ouattara, qui vit en exil, est lui-même candidat au scrutin présidentiel. "L’ensemble de la classe politique doit avoir le courage de le dire, et le sens des responsabilités nécessaires pour l’affirmer", a souligné M. Bacongo. Refusant de commenter la décision des FN, le porte-parole des RDR a cependant estimé que "l’organisation d’une élection à la date du 30 octobre 2005 consacrerait la partition de fait du pays, puisqu’elle ne se déroulerait que dans le sud" (sous contrôle gouvernementale). "Ce scrutin nous amènerait dans des difficultés encore plus grave que celles que nous connaissons actuellement", a-t-il jugé. La Côte d’Ivoire est coupée en deux, depuis une tentative de coup d’Etat, en septembre 2002, contre M. Gbagbo.

"Il faut donc une transition, mais quelle transition ?", a expliqué M. Bacongo. "Nous devons réfléchir à une transition politique, pacifique, sans effusion de sang, et qui ne soit pas un remake de ce que nous avons vécu depuis la signature des accords de Linas-Marcoussis" (signés début 2003)", a-t-il ajouté. "Cette transition devra s’attacher à la mise en oeuvre de tous les accords de paix qui ont été signés jusqu’à présent", et le président Gbagbo "ne devrait pas y jouer un rôle prépondérant", selon le porte-parole du RDR.

Signe des tensions que conaît le pays en ce moment, le chef des forces loyalistes ivoiriennes, le général Philippe Mangou, a effectué une tournée "de sensibilisation" dans les casernes d’Abidjan pour "mobiliser les troupes contre toute imposture visant la déstabilisation de la Côte d’Ivoire".

Avec AFP

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