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dimanche 28 mai 2017
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AP, 28 août 2005

France : Manifestation pour le droit au logement


PARIS (AP) - Aux cris de "logements pour tous", "un toit c’est la loi", mais aussi "gouvernement assassin", 1500 manifestants selon la police, 2000 à 3000 selon les organisateurs, ont manifesté, dimanche 28 août 2005 après-midi, à Paris, deux jours après le dramatique incendie du boulevard Auriol qui a fait dix-sept morts, dont quatorze enfants.


Alors que l’enquête sur les causes -encore mystérieuses- du sinistre se poursuit, ONG et associations réclament des solutions de logement durables pour les plus démunis. L’immeuble sinistré du boulevard Vincent-Auriol (13e arrondissement) abritait de nombreuses familles d’origine africaine.

A l’appel notamment d’associations telles que Droit au Logement, Droits Devant ! et Comité Actions Logement, les manifestants se sont rassemblés, en fin d’après-midi, devant l’immeuble, fissuré et noirci par le feu. Sur le terre-plein de l’avenue, sous le métro aérien, de nombreuses gerbes de fleurs et mots griffonnés sur des morceaux de carton rendaient hommage aux victimes : "On vous oubliera jamais", "Toutes nos pensées vont vers vos enfants, vos femmes et vous tous. Sincèrement, une voisine". Accompagnés de percussions et de sifflets, les manifestants ont réclamé des "logements pour tous", mais aussi scandé "gouvernement assassin !" et "Sarkozy a oublié : ses parents sont immigrés", en référence au père hongrois du ministre de l’Intérieur.

Après avoir passé une petite heure sur place, le cortège a pris la direction de la place d’Italie, derrière une banderole noire proclamant "Plus jamais ça, pour un vrai relogement immédiat des familles sinistrées". "Un toit, c’est la loi", "application des réquisitions", "Solidarité avec les mal-logés", "L’intégration commence par un toit pour tous", ont repris les manifestants, dont les slogans racontaient aussi le quotidien : "Les hôtels y’en a marre", "Les cafards, les enfants dans le couloir, y’en a marre". Et "l’eau qui coule partout", ajoute Aimée, une Africaine d’une trentaine d’années qui n’a pas souhaité donner son nom de famille.

Les rescapés sont, pour le moment, hébergés dans un gymnase de la porte d’Italie et ne souhaitent pas être relogés dans des hôtels et séparés. "Le gymnase permet d’accueillir des familles, des proches. Dans une chambre d’hôtel, elles ne pourraient pas faire ça", explique Jean-Baptiste Eyraud, président de Droit au Logement. "La cérémonie qui a eu lieu dans l’après-midi" dans le gymnase à la mémoire des victimes, "elles n’auraient pas pu le faire".

A terme, syndicats et associations continuent de réclamer l’application de la loi de réquisition d’octobre 1945 sur les 140000 appartements vides à Paris, la construction de logements sociaux adaptés aux ressources des précaires et modestes.

Le ministre de la Cohésion sociale et du Logement Jean-Louis Borloo a reconnu, dans un entretien au "Journal du Dimanche", que la France a "accumulé un retard énorme en matière de logement social durant la dernière décennie". Il propose de "faire l’union sacrée" pour résoudre la crise. De 80000 logements sociaux construits chaque année il y a vingt ans, "nous étions tombés à 38000 en 1999". "Aujourd’hui, nous sommes remontés à 77000 logements neufs pour cette année et notre objectif est d’arriver à 100000", a-t-il affirmé.

Sur le plan de l’enquête, les causes du sinistre sont encore indéterminées. Les enquêteurs n’ont pas trouvé de traces de court-circuit ni d’hydrocarbures, explique-t-on de source policière.

Associated Press

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