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samedi 24 juin 2017
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AFP, 5 septembre 2005

Etats-Unis : les secours ramassent de plus en plus de cadavres à New Orleans


LA NOUVELLE-ORLEANS (AFP) - Les équipes de secours parcourant la Nouvelle-Orléans encore partiellement inondée ramassaient de plus en plus de cadavres et les autorités disaient s’attendre au pire, tandis que le président Bush était attendu, lundi 5 septembre 2005, pour une deuxième visite dans la région sinistrée.


"Nous avons vu plus de morts que de vivants", disait un secouriste, après des heures passées à sillonner les rues encore submergées. Dimanche 4 septembre au soir, le bilan officiel ne faisait état que de 59 morts pour la ville dévastée il y a une semaine par le cyclone Katrina et les inondations qui ont suivi, mais les secouristes comme les autorités savent qu’on est très très loin du bilan final. Et les Etats-Unis doivent se préparer au pire lorsque les eaux se retireront, a prévenu, dimanche 4 septembre 2005 au soir, le ministre de la Sécurité intérieure, Michael Chertoff. "Nous allons voir les scènes les plus atroces que l’on peut imaginer à l’exception peut-être du 11 septembre" 2001, a-t-il déclaré à la chaîne de télévision Fox. "Je crois qu’il nous faut préparer le pays à ce qui l’attend". Six jours après la pire catastrophe naturelle de l’histoire des Etats-Unis, il s’est refusé à évaluer le nombre de morts, qui pourrait dépasser les 10000, selon un parlementaire américain.

Pour l’instant le bilan officiel provisoire s’établit à 218 morts, dont 152 au Mississippi, l’Etat le plus durement touché avec la Louisiane. Pour honorer la mémoire des victimes -mais aussi à la mémoire du président de la Cour suprême William Rehnquist décédé samedi 3 septembre 2005 au soir-, George W. Bush a décrété un deuil national de deux jours.

Le président devait effectuer, lundi 5 septembre, sa deuxième visite dans la région, où il s’était déjà rendu vendredi 2 septembre. Il avait à ce moment-là reconnu que la réaction initiale des autorités à la catastrophe avait été "insuffisante" et avait annoncé des crédits et l’envoi de militaires. Dimanche 4 septembre 2005 au soir, il a également appelé ses compatriotes, via la télévision, à donner généreusement sang et argent à la Croix-Rouge.

Dimanche 4 septembre 2005, ce sont Condoleezza Rice, secrétaire d’Etat et seule membre noire du cabinet Bush, et le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, qui sont allés dans les zones sinistrées. "Cela va prendre de nombreux, nombreux, nombreux mois, et même des années pour que cette région" revienne à la situation antérieure, a déclaré M. Rumsfeld. Mme Rice s’est, elle, dit convaincue que le racisme n’avait joué aucun rôle dans la lenteur des secours. "Je suis afro-américaine, je suis de l’Alabama, je peux vous dire que cette réaction n’a rien à voir avec la couleur de la peau", a-t-elle dit. Quelque 51 % des Américains estiment que la réponse du gouvernement à la situation a été "mauvaise" ou "pas si bonne que ça", 48 % jugent que le gouvernement fédéral a répondu de manière "excellente" ou "bonne", selon un sondage Washington Post/ABC.

Dans les villes qui ont accueilli des dizaines de milliers de déplacés, la situation se dégrade. Les refuges commencent à refuser du monde, et l’Etat du Texas, qui accueille plus de 230000 évacués, a annoncé être à la limite de ses capacités et préparer des ponts aériens pour envoyer les sinistrés vers d’autres Etats.

A La Nouvelle-Orléans, la tâche reste immense. "En gros, nous sommes en train de déplacer toute la ville (1,4 million d’habitants avant le cyclone) vers d’autres coins du pays", a souligné M. Chertoff. "Nous avons mis en place un pont aérien capable d’évacuer 10000 personnes par jour. Nous avons des trains qui peuvent emporter des centaines de personnes", a-t-il précisé. Un ballet incessant d’hélicoptères continuait à survoler les zones dévastées, qui pour évacuer, qui pour fournir de l’eau potable et de la nourriture à des victimes encore bloquées dans leur maison. L’un de ces appareils, appartenant aux garde-côtes, s’est écrasé, dimanche 4 septembre 2005 au soir, dans la banlieue de la Nouvelle-Orléans sans faire de victime. Et des hommes du génie militaire ont été attaqués par des hommes armés.

Et le maire de la ville a révélé, dimanche 4 septembre 2005 au soir, que des pompiers et policiers avaient été poussés au suicide, et que nombre d’autres étaient traumatisés par l’anarchie qui a régné dans la ville les premiers jours. "Ils ont tenu la ville pendant trois ou quatre jours, pratiquement seuls, faisant tout ce qui était possible", et le "bilan est juste trop élevé pour eux", a-t-il déclaré. La communauté noire, principale victime du cyclone, reste sous le choc. "Les gens de couleur ont été décrits comme des voleurs, des pillards et des voyous", a dénoncé Bruce Gordon, président de l’Association nationale pour la promotion des gens de couleur (NAACP).

Dans l’Etat du Mississippi, également très touché par le cyclone, les sauveteurs vont de maison en maison à la recherche de victimes. Les autorités ont évacué un refuge dans la ville de Biloxi, en raison d’une épidémie de dysenterie. La chaleur, les moustiques, l’eau souillée, mais surtout des milliers de personnes logées dans des conditions d’hygiène précaires, sont un cocktail explosif pour un désastre sanitaire potentiel, ont prévenu les autorités médicales en demandant qu’on redouble de précautions. Des centaines de milliers de foyers en Louisiane et dans le Mississippi étaient toujours privés d’électricité dimanche 4 septembre. Le courant a été rétabli, dimanche 4 septembre 2005 au soir, dans certains secteurs de la Nouvelle-Orléans.

Dans un communiqué, l’ONU a annoncé que les Etats-Unis avaient accepté l’aide offerte par l’organisation jeudi 1er septembre 2005. Le Koweït et le Qatar se sont montrés particulièrement généreux, avec respectivement 500 millions de dollars de dons en produits pétroliers et 100 millions de dollars. L’Union européenne a également été sollicitée. La Grande-Bretagne fournira 500000 rations alimentaires, la France des tentes et des lits de camp. Le voisin canadien, Israël, l’Afghanistan ou la Suisse ont annoncé des aides ou indiqué avoir reçu des demandes des Etats-Unis. Même le Bangladesh, l’un des pays les plus pauvres de la planète et qui connaît chaque année des inondations catastrophiques, a annoncé une aide d’un million de dollars pour les victimes. Et Cuba a encore augmenté sa proposition d’aide, ignorée par Washington. Le Venezuela a annoncé l’envoi aux Etats-Unis d’un million de barils d’essence.

L’Amérique centrale est, quant à elle, inquiète de l’effet de la catastrophe sur son économie, largement liée à cette région des Etats-Unis, dont elle reçoit notamment son carburant.

Agence France Presse

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