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dimanche 26 février 2017
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AFP, 5 septembre 2005

Proche Orient : Nouveaux logements israéliens en Cisjordanie


JERUSALEM (AFP) - Israël a cherché à calmer le jeu, lundi 5 septembre 2005, après l’annonce, par un haut responsable, de la construction de milliers de logements dans une colonie de Cisjordanie, en démentant l’existence d’un tel projet qui a suscité la colère des Palestiniens.


"Le bureau du Premier ministre et le ministère de la Défense n’ont pas connaissance d’une autorisation de construction de 3000 unités de logement à Ariel", a indiqué à l’AFP un responsable à la présidence du Conseil israélien. Seule la construction d’environ une centaine d’unités de logement a été précédemment autorisée, a-t-il indiqué. "Ce qui a été autorisé à Ariel c’est la mise en vente de 117 unités de logement", a-t-il dit.

L’annonce de la construction de nouveaux logements à Ariel avait été faite par le vice-ministre de la Défense, Zéev Boïm, lors d’une visite en Cisjordanie. "La décision du gouvernement de construire à Ariel 3000 unités de logement supplémentaires est l’expression de notre volonté de renforcer la construction dans les blocs de colonisation", a déclaré M. Boïm, au cours d’une tournée le long de la barrière de séparation qu’Israël construit en Cisjordanie. "Ceux qui pensent qu’après le retrait de la bande de Gaza il y aura un retrait numéro deux ou numéro trois se trompent sur ce gouvernement", a poursuivi le vice-ministre de la Défense, interrogé par la radio publique israélienne.

Le maire d’Ariel, Ron Nachman, a estimé pour sa part que la population de la colonie doublerait "dans les prochaines années", passant de 18000 aujourd’hui à 30000 habitants, selon le site internet Ynet du quotidien Yediot Aharonot.

Le négociateur en chef palestinien, Saëb Erakat, a vivement réagi affirmant qu’il s’agissait d’une "déclaration désastreuse qui détruit la possibilité d’établir un Etat palestinien et celle d’une solution à deux Etats". "Ce sont 3000 raisons supplémentaires de saboter le processus de paix", a-t-il ajouté.

Yaariv Oppenheimer, qui dirige le mouvement anti-colonisation La Paix Maintenant, a condamné fermement l’annonce du ministère de la Défense. "Nous espérons qu’il ne s’agit que d’une annonce qui ne se réalisera pas sur le terrain", a déclaré M. Oppenheimer à l’AFP, en affirmant qu’elle ignorait la Feuille de route, un plan de paix international. Ce plan demande à Israël de démanteler "immédiatement" toutes les colonies sauvages établies depuis mars 2001 et de "bloquer toutes les activités d’implantation de colonies (y compris l’expansion naturelle des colonies)".

En dépit des critiques internationales, notamment celles émanant de l’administration Bush, Ariel Sharon a affirmé à plusieurs reprises que la colonisation allait se poursuivre en Cisjordanie après le retrait de la bande de Gaza. Il a ainsi fait valoir qu’Israël garderait le contrôle de six blocs de colonies en Cisjordanie quels que soient les arrangements qui seront conclus avec les Palestiniens. Après l’évacuation des 8000 colons de la bande de Gaza et de quatre implantations israéliennes dans le nord de la Cisjordanie, l’un de ces blocs, Maalé Adoumim, près de Jérusalem, est devenu l’enjeu d’une surenchère politique au sein de la droite au pouvoir. Mais pour éviter de trop courroucer Washington, Israël a cependant fait savoir, vendredi 2 septembre 2005, qu’il prenait en considération l’opposition américaine au projet d’extension de Maalé Adoumim, en le gelant sans pour autant y renoncer. Outre Maalé Adoumim et d’autres implantations urbaines de la périphérie de Jérusalem-est, les blocs de colonisation en Cisjordanie comprennent le Goush Etzion, au sud de Jérusalem, et le groupe des colonies d’Ariel s’enfonçant profondément dans le nord de la Cisjordanie.

Par ailleurs, Israël et les Palestiniens paraissaient proches d’un accord sur la circulation des biens et des personnes aux points de passage entre l’Egypte et la bande de Gaza, un des dossiers les plus délicats de l’après-retrait.

Agence France Presse

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