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mercredi 26 juillet 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Haïti (2ème partie) : Du 16 février 2004 au 29 février (...)
AFP, © SDA-ATS News Service, 27 février 2004

Port-au-Prince sombre dans l’anarchie, avec pillages et violences

Suivi de : Haïti : Berne ne prévoit pas l’évacuation des Suisses


Une barricade enflammée près de la zone portuaire de Port-au-Prince, le 27 février 2004

PORT-AU-PRINCE (AFP) - La capitale haïtienne Port-au-Prince sombre dans l’anarchie : les scènes de pillage se multiplient et les "chimères", les partisans du président Jean-Bertrand Aristide, armés de pistolets ou de couteaux, se montrent de plus en plus agressifs.


Dans le centre-ville, de très nombreuses barricades étaient tenues par des militants du chef de l’Etat, notamment à proximité immédiate du grand palais présidentiel blanc entouré de grilles.

Des règlements de compte ont eu lieu et plusieurs cadavres, dont un baignant dans une mare de sang, étaient visibles dans les rues, a constaté un journaliste de l’AFP. Aucune indication n’a pu être obtenue sur les auteurs des meurtres. Certains tués avaient les mains attachés dans le dos.

Le corps d’un homme exécuté d’une balle dans la tête à Port au Prince, le 27 février 2004

Les cadavres de deux hommes exécutés d’une balle dans la tête, à Port-au-Prince, au cours de la nuit du 26 au 27 février 2004

Aucune présence policière n’était visible dans les rues de la capitale, où des coups de feu étaient entendus par intermittence. Haïti compte moins de 5000 policiers, la plupart concentrés à Port-au-Prince.

Les rares voitures circulant étaient l’objet d’attaques avec des pierres. "On a eu la chance d’en sortir vivant", raconte un automobiliste pris à partie à un barrage et qui n’a dû son salut qu’à une marche arrière engagée en catastrophe.

Ceux qui sont arrêtés sont systématiquement rançonnés et souvent leur voiture est volée sous la menace.

Les pillages, qui ont commencé jeudi 26 février 2004, se poursuivaient, vendredi 27 février, au port de Port-au-Prince, selon le responsable de Haïti Terminal, Georges Roumain. Les conteneurs de ce terminal maritime étaient vidés de leur contenu et les marchandises diverses emportées par les pillards.

Le cadavre d’un homme abattu dans la zone portuaire de Port-au-Prince, au cours de la matinée du 27 février 2004. Près du cadavre, l’un des tueurs de Jean-Bertrand Aristide exhibe un fusil

Scène de pillage dans la zone portuaire de Port-au-Prince, le 27 février 2004

Une station-service du groupe français Total, située dans le centre-ville au carrefour de Lalue et de la ruelle Nazon, a été partiellement incendiée par des inconnus. Deux pompes ont brûlé, selon des témoins.

D’autre part, des individus ont pénétré, vendredi 27 février, dans l’université Quifqueya à Port-au-Prince, une des principales facultés privées du pays, et se sont emparés des armes des gardiens, selon l’un des responsables de cet établissement.

Dans la banlieue sud de la capitale, de nombreuses barricades et des coups de feu ont été entendus au cours de la nuit. Des règlements de compte et des tentatives de cambriolage à main armée ont eu lieu dans plusieurs quartiers, selon des habitants contactés par l’AFP.

L’entrepôt de l’anglo-néerlandais Shell, situé à Thor, au bord de la mer, a été attaqué dans la nuit par des hommes armés à la recherche d’argent et d’armes et les gardiens de la compagnie ont dû fuir à la nage pour sauver leur vie.

En raison de l’insécurité régnant dans la capitale, la direction de la compagnie Air France à Port-au-Prince a annoncé vendredi la suspension de ses vols sur Port-au-Prince jusqu’à nouvel ordre. En temps normal, la compagnie a deux vols par semaine sur la capitale, escale entre Miami (Etats-Unis) et les Antilles françaises.

Les violences en Haïti ne sont pas limitées à la capitale.

Haïti et Saint-Domingue

A Cayes-Jacmel, à l’est de Jacmel, à 83 km au sud-est de Port-au-Prince, le commissariat local a été incendié jeudi soir ainsi que le tribunal de paix par des opposants locaux armés se réclamant du Front de résistance de Guy Philippe. Ce Front contrôle la moitié nord du pays.

La route menant à Cayes-Jacmel était couverte de barricades érigées par les opposants anti-gouvernementaux du chef local, un certain "Rochelle", pour bloquer toute tentative de partisans armés du chef de l’Etat venant de Jacmel de reprendre le contrôle de la petite ville, selon des habitants.

Aux Cayes (troisième ville d’Haïti à 200 km au sud-ouest de la capitale), tombée jeudi aux mains d’opposants armés, des affrontements étaient signalés avec des éléments fidèles au président Aristide commandés par un certain "Ti-Pistole". Ces opposants tentent de reprendre le contrôle de la ville avec l’aide d’un hélicoptère et de renforts venus notamment de Miragoane, port proche, toujours entre les mains du gouvernement.

Agence France-Presse

Jean-Bertrand Aristide : dictateur recherché pour assassinats en séries et pillage de la population haïtienne. A remettre, contre récompense, au chef de l’armée insurgée

BERNE - La Suisse ne prévoit pas pour l’instant d’évacuer ses quelque 140 ressortissants en Haïti. Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) reste toutefois en contact étroit avec les Suisses sur place, des doubles-nationaux pour la plupart.

"Une grande partie des personnes concernées ont la double nationalité et connaissent bien le pays", a dit vendredi Alessandro Delprete, porte-parole du DFAE. Berne a mis sur pied une cellule de communication rapprochée afin de les informer rapidement de l’évolution de la situation.

Contrairement à la Suisse, d’autres pays ont préféré évacuer ou rapatrier leurs ressortissants. Jeudi 26 février 2004, l’Espagne a annoncé prévoir l’évacuation vers la République dominicaine d’un groupe constitué de 24 Espagnols, Allemands et Italiens.

Les Nations unies ont également mis leur personnel non indispensable en sécurité à Saint-Domingue. Vingt-cinq employés de l’ONU resteront sur place. La Grande-Bretagne a quant à elle appelé ses 70 ressortissants en Haïti à partir s’ils peuvent le faire en toute sécurité.

© SDA-ATS News Service

Scène de pillage dans la zone portuaire de Port-au-Prince, le 27 février 2004

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