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lundi 20 février 2017
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AFP, 9 septembre 2005

Côte d’Ivoire : L’élection présidentielle impossible le 30 octobre 2005


PARIS (AFP) - La tenue d’une élection présidentielle cruciale en Côte d’Ivoire ne "va pas être possible" à la date prévue du 30 octobre 2005, en raison du retard dans les préparatifs, a déclaré, jeudi 8 septembre 2005, le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, à Radio France Internationale.


L’échéance de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, le 30 octobre 2005, étape cruciale pour un retour à la paix, est fortement compromise, éloignant de nouveau ce pays phare d’Afrique de l’ouest d’une issue pacifique de la crise militaro-politique qu’il traverse depuis 3 ans. "Cet énième blocage dans le processus électoral risque de raviver les tensions qui, au 30 octobre 2005, pourraient déboucher sur une conflagration que nous redoutons tous", confiait récemment, peu optimiste, un diplomate.

Le Haut représentant de l’ONU pour les élections en Côte d’Ivoire, Antonio Monteiro, a estimé pour sa part, jeudi 8 septembre, qu’il sera "très difficile" de maintenir la date du 30 octobre pour le scrutin présidentiel dans ce pays. "C’est très difficile, je ne veux pas le cacher. Je ne veux pas encore me prononcer parce que sinon cela va provoquer tout de suite des spéculations, mais cela va être très difficile le 30 octobre", a-t-il déclaré sur les ondes de Radio France Internationale (RFI). M. Monteiro s’est cependant montré moins pessimiste, le même jour, à Abidjan, lors d’un point de presse, en affirmant qu’il avait "l’assurance" que tous les partis politiques "voulaient les élections", et qu’il croyait "à la bonne foi de tout le monde". Il avait souligné, mercredi 7 septembre 2005, à l’issue d’une rencontre avec le président, Laurent Gbagbo, que l’"essentiel dans ce pays (...) c’est d’organiser les élections présidentielles. La date on verra après en toute transparence".

Mais, d’ores et déjà les délais légaux pour l’organisation de cette élection ne sont pas respectés. La loi prévoit l’affichage public des listes deux mois avant le scrutin, mais aucune n’a été publiée et les délais d’élaboration risquent d’être longs. Le directeur de l’Institut national de la Statistique (INS), l’organisme en charge de leur confection, a indiqué récemment qu’il n’était pas encore entré en possession du matériel (ordinateurs, logiciels, appareils photos etc.) encore sous douane.

Devant les difficultés qui s’accumulent depuis des semaines, la coalition du G7, regroupant l’opposition et la rébellion, a réclamé une transition politique pour organiser à une date ultérieure cette présidentielle. Elle souhaite toutefois que le président Gbagbo soit écarté du pouvoir, ne le considérant plus comme le "président légitime" à compter du 30 octobre. M. Gbagbo a rejeté l’idée de cette transition, sans exclure cependant un report du scrutin qui ne constituerait pas "un drame".

La rébellion des Forces nouvelles (FN), qui contrôle le nord du pays depuis leur coup d’Etat raté contre M. Gbagbo, en septembre 2002, a réaffirmé récemment qu’elle ne désarmerait pas tant que les lois sur la nationalité ivoirienne et de l’attribution de celle-ci ne sont pas modifiées. Elle a même convoqué pour les prochains jours un séminaire dans sa zone pour discuter de "l’après Gbagbo". Ces lois, déjà promulguées en juillet par M. Gbagbo, avaient alors été l’objet d’une contestation par l’opposition qui les jugeaient "non conformes" à l’accord de Pretoria 2, signé, fin juin 2005, par tous les protagonistes de la crise. Le médiateur dans la crise ivoirienne, le président sud-africain, Thabo Mbeki, après avoir tranché en disant qu’elles étaient conformes, avait toutefois demandé à M. Gbagbo de les "clarifier". Selon le porte-parole de la présidence ivoirienne Désiré Tagro, c’est ce qu’a fait M. Gbagbo. Les modifications apportées par M. Gbagbo, fin août 2005, portent notamment sur l’acquisition de la nationalité ivoirienne par mariage ou pour ceux nés en Côte d’Ivoire, de parents étrangers, entre l’indépendance en 1960 et 1972. Ces modifications n’ont pas suscité de réactions, tant parmi les rebelles que parmi les partis de l’opposition classique.

Agence France Presse

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