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dimanche 23 avril 2017
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AFP, 11 septembre 2005

Etats-Unis : Washington envisage l’éventualité de frappes nucléaires préventives

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WASHINGTON (AFP) - Un nouveau projet de doctrine nucléaire américaine envisage l’éventualité d’effectuer des frappes nucléaires préventives contre des adversaires gouvernementaux ou non gouvernementaux, afin de les dissuader d’utiliser des armes de destruction massive.


Le document, daté du 15 mars et intitulé "Doctrine pour des opérations nucléaires conjointes", demande à l’armée américaine de "se préparer à utiliser effectivement des armes nucléaires". Il a été rédigé par une commission du Pentagone chargée d’adapter les procédures en cours actuellement aux changements rapides survenus après les attentats du 11 septembre 2001, selon un responsable de la Défense. Ce responsable, qui a parlé à l’AFP, samedi 10 septembre 2005 au soir, sous condition d’anonymat, a cependant précisé que le document n’avait par encore été signé par le ministre américain de la Défense, Donald Rumsfeld, et ne pouvait pas encore être considéré comme une "politique officielle américaine". "C’est en cours de procédure", a-t-il indiqué.

Selon une copie de ce projet obtenue par l’AFP, les commandements des forces américaines déployées dans le monde sont priés de préparer des programmes spécifiques pour l’utilisation d’armes nucléaires dans leur région respective et d’imaginer des scénarios qui justifieraient la demande d’un accord présidentiel pour effectuer une frappe nucléaire. Cela pourrait intervenir par exemple au cas où un adversaire utiliserait, ou compterait utiliser des armes de destruction massive contre les forces américaines ou alliées, ou bien contre des populations civiles.

Des frappes nucléaires préventives pourraient aussi être employées pour détruire un arsenal d’armes biologiques appartenant à un ennemi, s’il n’est pas possible de s’en débarrasser avec des armes conventionnelles et s’il est prouvé que l’ennemi se prépare à effectuer une attaque biologique, selon le document. Leur utilisation serait aussi justifiée pour détruire des bunkers ennemis aux défenses renforcées contenant des armes chimiques et biologiques, ou les infrastructures de commandes ou de contrôle nécessaires pour effectuer des attaques nucléaires, chimiques ou biologiques. Autres exemples cités dans le document : elles pourraient être utilisées pour contrer les forces conventionnelles d’un ennemi potentiellement écrasant, pour assurer une rapide victoire américaine dans une guerre, ou simplement "pour assurer le succès d’opérations américaines et multilatérales". Cette doctrine permettrait aussi au Pentagone de déployer des armes nucléaires dans des endroits du monde où leur utilisation dans l’avenir serait très probable.

Agence France Presse

Commentaire

Il apparaît que la nouvelle doctrine des Etats-Unis est totalement contre-productive. Concrètement, elle a pour conséquence de faire de l’arme nucléaire "une arme comme les autres" dont l’utilisation devient aussi probable que n’importe quel type de bombe conventionnelle. Ainsi, tout adversaire potentiel des Etats-Unis a intérêt à lancer une attaque massive -nucléaire, chimique ou bactériologique- contre eux dès les premières menaces américaines, voire même dès les premières accusations censées "justifier" les menaces américaines. Loin de dissuader un adversaire potentiel, cette doctrine incite l’adversaire à débuter tout conflit avec les Etats-Unis par un Pearl Harbor nucléaire, chimique ou bactériologique.

Frank BRUNNER

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