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24 heures.ch, 12 septembre 2005

Etats-Unis : L’Amérique vulnérable de George Walker Bush

par Jean-Cosme DELALOYE


George Bush n’était pas à New York pour commémorer les attentats du 11 septembre 2001. Après une cérémonie matinale, à Washington, et une minute de silence, à 08h46, heure à laquelle le premier avion s’était écrasé dans la première tour du World Trade Center, le président américain a pris la route de La Nouvelle-Orléans, dévastée par le passage du cyclone Katrina, il y a deux semaines. Dans une Amérique qui commémorait, dimanche 11 septembre 2005, la pire attaque terroriste de son histoire, l’actualité avait repris ses droits.


Sur la défensive depuis plusieurs jours, à cause de ses atermoiements face à Katrina, l’administration Bush a vécu une nouvelle journée délicate. Plusieurs quotidiens, dont le Washington Post, le New York Times et le Los Angeles Times, ont publié, dans leurs éditions dominicales, de longues enquêtes sur les défaillances des opérations de secours gouvernementales au lendemain du passage du cyclone. Quatre ans après le 11 septembre 2001, ils ont étalé la vulnérabilité des Etats-Unis face aux catastrophes majeures.

Les autorités locales et étatiques ne sont pas épargnées mais les critiques se concentrent sur la FEMA, agence fédérale de réponse aux catastrophes. Parmi les pièces à charge du dossier contre l’administration Bush, les quotidiens mentionnent l’incapacité de la FEMA à se préparer à une catastrophe pourtant annoncée, ainsi que son incapacité à coordonner les efforts avec les organisations de secours privées. « On nous avait demandé de venir avec nos bateaux, regrettait d’ailleurs à ce propos David Billaud, un sauveteur rencontré dans un abri de la Croix-Rouge, à Lafayette. Mais les autorités nous ont fait poireauter pendant deux jours et nous n’avons pu travailler que quatre heures. » Le Los Angeles Times mentionne aussi que des troupes ont été proposées le jour même de l’arrivée de Katrina par le Nouveau-Mexique à la Louisiane. Mais elles ont été bloquées en attendant que Washington donne le feu vert et ne sont arrivées que quatre jours plus tard sur les lieux.

Dans ce contexte difficile pour lui, George Bush a essayé de raviver l’esprit du 11 septembre 2001, en comparant l’après-Katrina à la capacité des Etats-Unis à se relever après les attentats. Sans succès notable jusqu’ici. « Le 11 septembre 2001, le président n’était à la Maison-Blanche que depuis quelques mois, déclare Thomas Brown, professeur associé de sociologie à la Lamar University au Texas. Il n’y avait pas des centaines de milliers de réfugiés et le gouvernement n’avait pas une part de responsabilité aussi visible. Aujourd’hui, M. Bush n’a plus le bénéfice du doute. »

Laura Bush, la First Lady, a tenté de venir au secours de son mari en qualifiant certaines critiques émises à son encontre de « dégoûtantes ». Sa tâche n’est cependant pas facilitée par les gaffes à répétition des proches du président. Tom DeLay, chef de file des républicains à la Chambre des représentants, a ainsi comparé, vendredi 9 septembre 2005, l’abri de la Croix-Rouge, à Houston, à une colonie de vacances. Lors de sa visite là-bas, il a demandé à des gamins médusés : « Maintenant dites-moi la vérité. N’est-ce pas cool ? »

Quant à Michael Brown, le très controversé directeur de la FEMA, relevé, vendredi 9 septembre 2005, de ses fonctions à La Nouvelle-Orléans, il a commenté sa mutation à Washington en ces termes : « Je vais rentrer à la maison, sortir mon chien, prendre ma femme dans mes bras. Je vais aussi peut-être manger un bon repas mexicain, boire une Margarita et enfin avoir une bonne nuit de sommeil. »

Jean-Cosme DELALOYE

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