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vendredi 23 juin 2017
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Le Monde, 14 septembre 2005

Irak : Au moins cent-vingt victimes dans plusieurs attentats-suicides à Bagdad


Plusieurs attentats-suicides ont fait plus de 120 morts, dans la matinée de mercredi 14 septembre 2005, à Bagdad. Les agences Reuters et Associated Press font état de plusieurs autres explosions à Bagdad, qui laissent penser que ces attaques pourraient être coordonnées.


Tôt le matin, un kamikaze a fait exploser un minibus, dans le quartier chiite de Kazimiya, faisant, selon les sources entre 80 et 114 morts et environ 150 blessés irakiens, ont rapporté les autorités. "Le kamikaze, à bord d’une Opel, a foncé sur des ouvriers rassemblés sur une place du quartier, vers 07h00", a précisé une source du ministère de l’intérieur irakien. Selon des témoins, des dizaines d’ouvriers entouraient la voiture du kamikaze, qui s’était présenté comme un entrepreneur voulant recruter de la main-d’œuvre. "Un homme est arrivé en voiture et a appelé les ouvriers pour leur proposer du travail. Il a ensuite fait exploser le véhicule", a raconté un témoin. Un commerçant du quartier a précisé que "la plupart de ces ouvriers sont pauvres et viennent des provinces chiites du Sud pour trouver du travail".

C’est près de ce quartier qu’a eu lieu, le 31 août 2005, une gigantesque bousculade sur un pont, à l’occasion d’un pèlerinage chiite. Presque mille pélerins étaient morts dans la panique dûe à des rumeurs sur la présence de kamikazes dans la foule.

Les agences de presse ont signalé d’autres explosions dans la ville. Un attentat-suicide à la voiture piégée a ainsi fait 11 morts, a déclaré la police irakienne à Reuters. Le kamikaze a fait exploser sa voiture près d’une file de personnes remplissant des bidons d’essence. Quatorze personnes ont été blessées. L’AFP a de son côté signalé un attentat-suicide -qui serait le huitième de la journée- contre un convoi de l’armée américaine, qui passait dans l’ouest de la ville, selon une source sécuritaire irakienne. L’attentat s’est produit près d’une station-service et les soldats américains ont immédiatement établi des barrages autour du lieu de l’explosion, empêchant toute personne d’en approcher. Aucun bilan précis n’était encore disponible.

La branche irakienne d’Al-Qaida a annoncé, mercredi, qu’elle avait lancé une campagne d’attentats-suicides à travers le pays, en représailles à l’offensive militaire menée contre la ville de Tal Afar, repaire présumé de résistants. Le communiqué a été diffusé sur un site Internet régulièrement utilisé par l’organisation d’Abou Moussab Al-Zarkaoui. "Nous aimerions féliciter la nation musulmane et l’informer que la bataille pour venger les sunnites de Tal Afar a commencé", dit le texte.

Avec AFP et Reuters

A Taji, à 15 km au nord de Bagdad, dix-sept civils irakiens ont été exécutés, à l’aube, par des hommes armés. "Des hommes armés habillés en soldats et circulant à bord de véhicules militaires sont arrivés à Taji, ont arrêté plusieurs membres de la tribu chiite des Bani Tamim, avant de les rassembler sur une place publique et de les exécuter par balles", a précisé un correspondant de l’AFP. L’opération a eu lieu vers 04h30, a-t-il ajouté, et les auteurs de cette exécution ont fait le tour de plusieurs habitations de la localité habitée par des chiites et des sunnites, et sorti des hommes de leur sommeil, avant de les rassembler et de tirer sur eux.

Ces violences interviennent après des menaces d’attaques lancées par des groupes extrémistes sunnites, dont le réseau Al-Qaida, après une offensive militaire dans la ville de Tall Afar, dans le nord-est de l’Irak, près de la frontière syrienne. L’opération "Restoring the Rights" (Rétablir les droits), lancée, samedi 10 septembre 2005, contre la ville de Tal Afar, par 6000 soldats irakiens appuyés par 4000 soldats américains, devrait s’achever dans les tout prochains jours. L’offensive a permis, selon les autorités de Bagdad, de chasser les résistants et les combattants étrangers infiltrés dans la ville depuis la Syrie toute proche. Selon les Etats-Unis et le gouvernement de Bagdad, Tal Afar est un point de passage essentiel pour les armes et les combattants étrangers venant de Syrie. "Environ 150 rebelles ont été tués" et 407 autres arrêtés depuis le lancement de l’opération, a assuré le commandant américain James Gallivan. Un lieutenant-colonel de l’armée irakienne a affirmé, sous le couvert de l’anonymat, que 30 étrangers figurent parmi les personnes interpellées, dont vingt Syriens, quatre Afghans et deux Saoudiens.

Dimanche 11 septembre 2005, les autorités irakiennes ont bouclé en partie la frontière avec la Syrie. Le lendemain, l’ambassadeur des Etats-Unis à Bagdad, Zalmay Khalilzad, a mis Damas en garde, affirmant que la patience de Washington "a des limites". Cependant, le président Talabani, en visite à Washington, a tenu à souligner que des forces irakiennes, et non américaines, menaient l’offensive à Tal Afar.

Par ailleurs, l’aviation américaine a mené, mardi, une série de raids contre des positions de résistants à Karabila, ville du nord de l’Irak proche de la frontière syrienne, a-t-on appris de sources hospitalières. "Des avions américains ont frappé la ville plus de dix fois", selon un témoin. De source proche des services de sécurité, on ajoute que l’armée irakienne a, quant à elle, affronté des membres de la résistance, à Goumrouk, dans le même secteur.

Avec AFP et Reuters

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