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AFP, 14 septembre 2005

Erythrée : Asmara critique avec virulence la dernière résolution du Conseil de sécurité de l’ONU


Des véhicules de l’ONU sont arrêtés près d’un vestige de la guerre, à la frontière entre l’Erythrée et l’Ethiopie, en mars 2003

L’Erythrée a jugé, mercredi 14 septembre, "sans pouvoir" et "extrêmement décevante", une résolution votée, mardi 13 septembre 2005, par le Conseil de sécurité de l’ONU, concernant le différend frontalier l’opposant à l’Ethiopie, a déclaré à l’AFP Yemane Gebremeskel, directeur de cabinet du président érythréen. Cette résolution prolonge jusqu’au 15 mars 2006 la force de maintien de la paix de l’ONU en Ethiopie et en Erythrée.

Erythrée


La résolution "demande à l’Ethiopie d’accepter entièrement la décision de la Commission frontalière érythréo-éthiopienne" et "réaffirme que l’application de l’accord d’Alger incombe en premier lieu à l’Ethiopie et à l’Erythrée", selon le texte de l’ONU. "Cette résolution est sans pouvoir, n’a pas de sens, elle est pathétique et extrêmement décevante", a jugé le directeur de cabinet du président érythréen Issaias Afeworki. "Nous allons continuer à appeler la communauté internationale à mettre en oeuvre l’accord d’Alger", a-t-il ajouté.

Issaias Afeworki

Cet accord, signé par l’Ethiopie et l’Erythrée, en 2000, avait mis fin à une guerre frontalière de deux ans. Dans le texte, les deux parties s’engageaient à respecter le tracé "final et obligatoire" qui allait être annoncé par une commission indépendante en 2002. Mais jusqu’à aujourd’hui, l’Ethiopie refuse l’application totale de ce tracé. "Il y a une violation par l’Ethiopie de la charte de l’ONU et de l’accord d’Alger, ceci n’est pas une dispute frontalière mais une occupation d’un territoire souverain", selon M. Yemane.

Yemane Gebremeskel

L’Ethiopie occupe actuellement une partie de territoire érythréen, selon le tracé de la commission indépendante. "Cette situation ne peut pas durer", a prévenu M. Yemane. "La résolution sans pouvoir du Conseil de sécurité pourrait avoir des conséquences sur la paix et la sécurité dans la région. Or, le Conseil de sécurité a l’obligation de garantir la paix et la sécurité dans la région", a-t-il poursuivi. Selon lui, "il y a un manque de volonté politique de la part des grandes puissances qui déterminent la politique du Conseil de sécurité". "Si l’Ethiopie et l’Erythrée avaient pu résoudre cette question de façon bilatérale, elles ne se seraient pas adressées à l’ONU", a-t-il argumenté.

Un démineur de l’ONU à la frontière entre l’Erythrée et l’Ethiopie, en mars 2003

La résolution demande en outre "à l’Erythrée de lever toutes les restrictions imposées sur les opérations des organisations d’aide, afin qu’elles puissent mener leurs activités humanitaires". Cette demande intervient après la promulgation, en mai 2005, d’une nouvelle législation érythréenne qui vise notamment à taxer les importations des organisations humanitaires. Cette partie de la résolution "est très curieuse, cela n’a rien à voir avec la Mission de l’ONU en Ethiopie et en Erythrée (Minuee)", a estimé M. Yemane. "Cela relève d’une affaire interne", a-t-il conclu.

Agence France Presse

Déminage d’une route, à la frontière entre l’Erythrée et l’Ethiopie, par un engin de l’ONU, en mars 2003

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