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jeudi 30 mars 2017
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Reuters, 16 septembre 2005

Proche Orient : Les propos conciliants d’Ariel Sharon à l’ONU


JERUSALEM (Reuters) - Les propos conciliants prononcés par Ariel Sharon, durant le sommet de l’ONU, semblent avoir modifié le paysage politique israélien, à défaut d’avoir bouleversé la donne diplomatique dans la région.


"Les Palestiniens seront toujours nos voisins. Nous les respectons et nous ne souhaitons pas les dominer. Ils ont eux aussi droit à la liberté et à une entité nationale souveraine", a déclaré, jeudi 15 septembre 2005, le Premier ministre israélien, dans sa première intervention devant l’Assemblée générale. Venant après l’évacuation unilatérale de la bande de Gaza imposée à son propre camp, les propos de l’ancien champion de la droite israélienne lui ont valu d’être accusé par celle-ci de trahison et félicité par la gauche.

L’ancien Premier ministre, Benjamin Netanyahu, qui dispute à Ariel Sharon la direction du Likoud, a accusé son rival d’avoir renié ses racines politiques, tandis que le ministre travailliste de l’Intérieur, Ophir Pines, a estimé que le chef du gouvernement avait "rallié inconditionnellement le camp de la paix". Pour Benjamin Netanyahu, Ariel "Sharon a enfin clairement montré qu’il se tournait vers la gauche et continuerait à faire des concessions". Un virage que l’ancien Premier ministre déplore, mais dont le ministre travailliste, Binyamin Ben-Eliezer, se félicite. "Le Premier ministre a affirmé ouvertement la politique du Parti travailliste voulant qu’il soit indispensable d’abandonner le rêve du Grand Israël afin d’aboutir à une paix véritable", a-t-il noté avec satisfaction.

Dans le camp palestinien, invité par Ariel Sharon a saisir l’occasion historique du retrait de Gaza pour faire preuve de responsabilité en mettant fin à la lutte armée, on affirme ne voir qu’un écran de fumée diplomatique dans l’intervention plus modérée que prévue d’Ariel Sharon. On souligne son intention affichée de conserver une emprise permanente sur la Cisjordanie, de ne pas restituer la partie orientale de Jérusalem et marquer une pause prolongée dans la mise en oeuvre de la "feuille de route" internationale pour la paix.

Pourtant, il y a encore quelques mois, il aurait paru inimaginable que l’ancien baroudeur de 77 ans, chantre de la colonisation, vienne prononcer les mots entendus, jeudi 15 septembre, devant une instance de l’ONU qu’Israël a toujours dénoncé comme étant partiale au détriment de l’Etat juif. Entre-temps, l’image de cet ancien général physiquement imposant et politiquement intransigeant surnommé le "bulldozer" s’est lissée aux yeux du monde, parce qu’il a su mener à bonne fin son plan de retrait de Gaza potentiellement périlleux. "L’homme qui durant les quatre dernières décennies a intimidé, menacé, torpillé, empêché, montré du doigt et tonné de sa voix sèche a remis hier les pendules à l’heure et s’est lui-même remis en question", écrit, vendredi 16 septembre 2005, Maariv dans un éditorial.

La presse israélienne relève pour sa part que, contrairement à ce qui se produisait dans le passé, les délégations des pays arabes et islamiques n’ont pas massivement boudé l’intervention du représentant de l’Etat juif devant l’ONU.

Reuters

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