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lundi 24 juillet 2017
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Reuters, 28 février 2004

La nourriture et l’eau se raréfient à Port-au-Prince


Scène de rue à Port-au-Prince, le 26 février 2004

PORT-AU-PRINCE (Reuters) - Plusieurs milliers de Haïtiens doivent faire la queue pour se procurer des denrées de base telles que l’eau ou l’huile dans la capitale, Port-au-Prince, encerclée par des rebelles armés qui l’asphyxient progressivement.

Scène de rue à Port-au-Prince, le 27 février 2004


"Nous ignorons ce qui va se passer, alors nous achetons tout ce que nous pouvons trouver", explique Gunther Widmaire, 26 ans, dont la voiture est bourrée de pain, de bouteilles d’eau et de produits divers.

Alors que les insurgés opposés au président Jean-Bertrand Aristide progressent en direction de la capitale, ses habitants font des réserves, en fonction de leurs moyens. L’eau se négocie deux fois plus cher qu’il y a seulement deux jours.

Du fait de l’insécurité régnant dans le pays, Haïti ne reçoit quasiment plus de livraisons de carburant, ont indiqué des distributeurs locaux. Au moins une station-essence était en feu vendredi dans la capitale.

Scène de rue à Port-au-Prince, le 27 février 2004

Dans la zone portuaire, des pillards volaient les biens stockés dans les hangars, tandis que des partisans d’Aristide vidaient de son contenu un entrepôt appartenant à Smarck Michel, un homme d’affaires et ancien Premier ministre passé dans les rangs des rebelles, ont indiqué des témoins.

Smark Michel

L’un des rares supermarchés ayant choisi d’ouvrir ses portes, malgré l’anarchie, était gardé par des agents de sécurité munis de pistolets.

L’insécurité empêche également quelque 105000 personnes vivant dans la capitale d’avoir accès aux vivres fournies par le Programme alimentaire mondial, dont elles dépendent pour leur subsistance.

Scène de rue à Port-au-Prince, le 28 février 2004

Manque de vivres, problèmes de distribution

Certains dispensaires du Pam où sont nourries des femmes enceintes et des enfants séropositifs commencent à manquer de denrées de base. D’autres ont des vivres mais ne peuvent fonctionner en raison de l’insécurité.

"Le problème n’est pas la disponibilité, nous avons des stocks", souligne un porte-parole du Pam, Alejandro Chicheri. "Le problème, c’est que nous ne pouvons pas distribuer la nourriture aux gens en raison des problèmes de sécurité.

"Et encore une fois, ce sont les plus pauvres qui vont en pâtir le plus", ajoute-t-il.

Haïti est le pays le plus pauvre du continent américain.

Dans le marché, où Widmaire discute avec des amis, une jeep transportant des partisans d’Aristide, des "chimères" encagoulés et armés, passe en trombe, ses occupants hurlant "cinq ans" - soit la durée du mandat d’Aristide, qui doit s’achever en 2006.

Un groupe de tueurs à la solde de Jean-Bertrand Aristide, à Port-au-Prince, le 28 février 2004

Sur les routes menant au marché, toutes les demi-heures, environ, une nouvelle barricade composée de troncs d’arbre et de pneus enflammés fait son apparition.

Dans une station-essence, non loin de là, le prix du gazole a doublé. Les esprits s’échauffent dans une longue file de Haïtiens venus chercher de l’huile sous un soleil brûlant.

"Tout le monde dit que la situation va s’aggraver", déplore Rodrigue, un comptable de 32 ans faisant la queue pour acheter du carburant. Comme beaucoup de Haïtiens, il ne livre que son prénom, préférant ne pas dévoiler complètement son identité.

Scène de rue à Port-au-Prince, le 26 février 2004

En Haïti, de nombreuses denrées de base telles que le riz et l’huile sont importées.

Les rebelles contrôlant à présent la moitié du pays, la capitale commence à manquer de tout.

"Nous sommes en train de vendre ce qu’il nous reste", explique Marlène, qui préfère rester dans l’arrière-boutique de son épicerie, suivant d’un oeil inquiet le passage d’un groupe de chimères.

"Après ça, nous n’avons plus rien."

Alistair SCRUTTON

Jean-Bertrand Aristide : dictateur recherché pour assassinats en séries et pillage de la population haïtienne. A remettre, contre récompense, au chef de l’armée insurgée. Mort ou vif.

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