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Le Monde, 20 septembre 2005

Etats-Unis : La grève de la faim de prisonniers à Guantanamo se durcit


Près d’un mois et demi après avoir commencé leur grève de la faim, les détenus de la prison américaine de Guantanamo, à Cuba, ne semblent pas vouloir renoncer à leur mouvement de protestation, au point d’inquiéter des responsables militaires, selon le quotidien américain The New York Times.


Le Centre pour les droits constitutionnels (CCR), qui défend plusieurs plusieurs dizaines de détenus de Guantanamo, estime qu’environ 200 prisonniers poursuivent cette grève de la faim qui a démarré le 8 août 2005. La semaine dernière, l’organisation a dénoncé, dans un communiqué, le refus du Pentagone de fournir aux familles "des informations sur l’état de santé des détenus" en grève de la faim. "Les prisonniers protestent contre le fait qu’ils sont détenus indéfiniment depuis près de quatre ans et n’ont pas d’espoir d’un jugement juste. (...) Cette grève de la faim est certainement la protestation la plus dure qui se soit produite à la base", a affirmé à l’AFP Gita Gutierrez, une avocate travaillant pour le CCR. "Je ne pense pas que nous aurons une idée du nombre de prisonniers concernés tant que le Comité international de la Croix Rouge (CICR) ou une autre organisation indépendante ne fera pas une évaluation", estime-t-elle.

Mardi 13 septembre, les militaires de la prison évaluaient le nombre de grévistes à 128, dont 18 hospitalisés et nourris de force. Vendredi 16 septembre 2005, un responsable militaire sous le couvert de l’anonymat ramenait ce chiffre à 103, mais avec 21 hospitalisés. Ce n’est pas la première grève de la faim de prisonniers à Guantanamo. Plusieurs ont eu lieu en 2002, selon le CCR. En juillet 2005, une grève a déjà eu lieu et les militaires avaient reconnu qu’une cinquantaine de détenus avaient cessé de s’alimenter. "Cette grève de la faim s’est terminée parce que le ministère de la défense a dit que la prison se conformerait à la convention de Genève. Ensuite il est revenu sur ses promesses et c’est pour cela qu’une nouvelle grève a commencé en août", affirme Mme Gutierrez. Elle doute que cette fois-ci les grévistes s’arrêtent facilement, d’après les informations qu’elle a pu avoir des prisonniers. "Ils se sont arrêtés à la fin juillet croyant que les militaires américains négocieraient de bonne foi mais le Pentagone a rompu cette confiance et les prisonniers n’ont pas de raison de le faire à nouveau", dit-elle.

Selon le quotidien américain New York Times de dimanche 18 septembre, cette grève de la faim désarçonne les responsables militaires américains, et constitue le plus sérieux défi qu’aient eu à affronter jusqu’à maintenant les responsables du centre de détention. Les responsables du camp sont de plus en plus inquiets sur leur capacité à contrôler la situation, affirme le quotidien, en s’appuyant sur le témoignage de deux responsables américains sous le couvert de l’anonymat. A l’occasion du mouvement de grève de juillet 2005, les autorités de Guantanamo ont autorisé la création d’un comité de six détenus pour représenter les prisonniers. Mais le comité a rapidement été dissous, d’après le journal.

Actuellement, quelque 505 détenus, de 36 nationalités, sont toujours incarcérés à Guantanamo. Ils ont été capturés pour la plupart lors de l’offensive militaire américaine de l’automne 2001, en Afghanistan. Depuis son ouverture en janvier 2002, Guantanamo n’a cessé de susciter la controverse, tant sur le maintien en détention indéfinie d’individus non inculpés que sur les conditions dans lesquelles ceux-ci sont incarcérés et interrogés. Pour le gouvernement américain ce sont des "ennemis combattants" auxquels il ne reconnaît pas le statut de prisonnier de guerre. Seuls douze détenus ont été retenus pour être jugés devant un tribunal militaire d’exception, une procédure spéciale mise au point par le Pentagone. Sur ces douze, seuls quatre sont inculpés pour l’instant.

Avec AFP et Reuters

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