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Le Monde, 21 septembre 2005

Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo ne croit plus aux négociations


Laurent Gbagbo a affirmé, mardi 20 septembre 2005, à Abidjan, qu’il ne négocierait plus avec l’opposition et la rébellion des Forces nouvelles (FN) pour régler la crise en Côte d’Ivoire. "Je ne veux plus faire de négociations. C’est fini. On a fini de négocier", a déclaré M. Gbagbo lors de l’inauguration du "Palais de l’unité" dans le quartier populaire d’Abobo. "Maintenant ce qu’il faut, c’est l’application des résultats des négociations", a-t-il martelé.


Quelques heures auparavant, dans une lettre adressée au secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, et diffusée sur le site de la présidence ivoirienne, M. Gbagbo avait déjà annoncé son "rejet par avance d’une saisine de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest [Cedeao] sur la Côte d’Ivoire, en raison de l’implication directe de certains pays membres de cette organisation dans le conflit ivoirien", sans les citer nommément.

Rappelant les différents accords de paix signés pour tenter de résoudre la crise en Côte d’Ivoire, issue du coup d’Etat raté des Forces nouvelles, en septembre 2002, contre son régime, M. Gbagbo a estimé qu’il était "fatigué" des multiples et vaines négociations qui ont eu lieu depuis. Il a notamment souligné que le deuxième accord de Pretoria, de juin, avec l’opposition et la rébellion, n’avait été que l’occasion de "passer en revue" celui conclu, en avril, sous la houlette du médiateur de l’Union africaine (UA), le président sud-africain, Thabo Mbeki. "Vraiment, je suis fatigué" de ces négociations, a-t-il dit sur un ton las, constatant que la question du désarmement était l’obstacle à la mise en œuvre du processus de paix. "Quand on va discuter, c’est pour que chacun dise son problème, ce qu’il a sur le cœur, mais chaque fois, ils disent des problèmes, et quand on les règle, ils soulèvent d’autres problèmes", a-t-il expliqué. Selon le chef de l’Etat ivoirien, le retard pris dans les préparatifs de l’élection présidentielle du 30 octobre, dont le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a affirmé, début septembre 2005, qu’elle était impossible à organiser, est dû à l’absence de désarmement. "Les gens [la communauté internationale] disent que les Ivoiriens ne sont pas prêts pour les élections. C’est vrai qu’on n’est pas prêts (...). Ils disent que les techniciens n’ont pas fini, mais c’est faux ! (...) C’est à cause du désarmement", a-t-il souligné.

Les Forces nouvelles, qui réclament, comme les principaux partis de l’opposition, une "transition sans M. Gbagbo" à compter du 30 octobre 2005, ont entrepris une tournée dans la sous-région ouest-africaine pour "rechercher une solution", après leur rejet de la médiation sud-africaine, qu’elles accusent de "parti pris".

Le président nigérian, Olusegun Obasanjo, président en exercice de l’Union africaine, a rencontré, mardi 20 septembre 2005, en privé, le premier ministre ivoirien, Seydou Diarra. M. Obasanjo souhaite que la Cedeao conduise une médiation pour tenter de mettre fin à la crise ivoirienne.

Avec AFP et Reuters

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