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dimanche 28 mai 2017
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Reuters, 24 septembre 2005

Irak : Nouveaux témoignages de torture commise par les troupes d’occupation américaines


WASHINGTON (Reuters) - Dans un rapport publié vendredi 23 septembre 2005, l’organisation Human Rights Watch met en lumière de nouveaux témoignages de torture commise par des troupes américaines en Irak et cite des soldats selon lesquels des défaillances du commandement auraient mené à ces abus.


Ces témoins, un capitaine et deux sergents de l’armée américaine, ont notamment servi dans une base opérationnelle avancée, près de Falloudja, où des éléments de la 82e division aéroportée détenaient des Irakiens. Ils décrivent des passages à tabac sévères "infligés de façon routinière, ainsi que d’autres traitements cruels et inhumains", écrit Human Rights Watch. Le rapport évoque notamment le cas d’un détenu dont la jambe a été brisée à coups de batte de baseball. Il est également fait état de détenus entassés en pyramides humaines, soumis à des "positions de tension forcée" -contraints par exemple de porter les bras tendus des cruches d’eau de cinq gallons (près de 19 litres)-, privés de sommeil ou exposés à des températures extrêmes. Ces abus ont souvent été pratiqués sous les ordres ou avec le consentement d’officiers supérieurs, assure le capitaine interrogé par Human Rights Watch.

Les sévices allégués, d’une nature similaire à ceux commis dans la prison d’Abou Ghraïb, près de Bagdad, se sont produits entre l’été 2003 et le printemps 2004. "Nous les frappions à la tête, à la poitrine, aux jambes, à l’abdomen (...) Cela se passait tous les jours", témoigne un sergent. "Le commandement ne nous avait pas fourni de lignes de conduite claires, alors nous les avons créées nous-mêmes", poursuit-il. "Nous entendions des rumeurs de prisonniers qui mouraient, alors nous étions prudents. Nous nous en tenions à des fractures du bras ou de la jambe", continue-t-il. "Avec le recul, ce que nous avons fait était une erreur, mais sur le moment, nous faisions ce que nous avions à faire. Tout ce que nous faisions était accepté, tout le monde détournait la tête", ajoute le sergent cité par l’organisation.

Les soldats avaient établi des termes spécifiques pour les techniques abusives : "smoking" (fumer) ou "fucking" (baiser) un détenu selon qu’il fallait l’épuiser ou le passer à tabac. "Des soldats ont déclaré que des membres de la section du Renseignement militaire ordonnaient régulièrement aux soldats de "fumer" des détenus avant les interrogatoires", écrit Human Rights Watch.

Le capitaine, dont l’anonymat est préservé comme pour les deux autres témoins, dit avoir tenté pendant dix-sept mois d’alerter sa hiérarchie. Mais ses supérieurs lui ont conseillé d’ignorer les abus et de "prendre en considération ma carrière". Un porte-parole de l’armée, Paul Boyce, a indiqué que le capitaine avait été entendu par des enquêteurs militaires, qui ont ouvert une enquête sur ses allégations. "Ce n’est qu’un rapport prévisible de plus émanant d’une association qui poursuit une campagne spécifique en recourant à des distorsions ou des erreurs factuelles", a déploré pour sa part le colonel John Skinner, porte-parole du Pentagone sur les questions liées aux détentions. "Il est honteux qu’ils refusent de prendre en compte le sérieux avec lequel l’armée a enquêté sur toutes les accusations crédibles d’abus contre des prisonniers", a-t-il ajouté.

Reuters

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