retour article original

lundi 20 février 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives France (3ème partie) : De janvier à décembre 2005
AFP, 24 septembre 2005

La France confrontée à un réseau ferré vieillissant faute d’investissements


PARIS (AFP) - La France, qui se targue souvent de son savoir-faire ferroviaire, se retrouve confrontée à un réseau ferré vieillissant faute d’investissements publics suffisants dans la maintenance des infrastructures.


"L’état moyen de l’infrastructure, sur une part importante du réseau, se dégrade continuellement et les prémices d’une dégénérescence apparaissent", prévient un audit publié cette semaine et commandé par la SNCF et par RFF à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, en Suisse. Des trains sont déjà obligés de ralentir sur plusieurs centaines de kilomètres de voies secondaires en mauvais état. Si rien n’est fait, 60 % du réseau actuel ne sera plus exploité à l’horizon 2025, ne laissant en état de fonctionner que les lignes à grande vitesse et quelques grands axes, selon le scénario le plus noir. Pourtant, la SNCF et RFF, gestionnaire de l’infrastructure depuis 1997, ont "fourni leurs meilleurs efforts" pour assurer le fonctionnement et la sécurité sur les quelque 30000 km de lignes, assurent les auditeurs. Mais elles ont bénéficié de "ressources nettement insuffisantes pour la maintenance (entretien et renouvellement) de l’infrastructure durant les trente dernières années".

La France dépense moins en moyenne pour ses lignes de chemin de fer que l’Italie, l’Espagne, la Suisse mais aussi la Grande-Bretagne. Elle investit aussi moins dans les gros travaux de remplacement notamment des voies, qui ne représentent qu’un tiers de ses efforts de maintenance contre deux tiers dans les autres réseaux européens, privilégiant l’entretien courant. Or, "un patrimoine ancien exige plus d’entretien et finira, un jour ou l’autre, par devoir de toute manière être remplacé", soulignent les auditeurs. Détectée trop tard, cette dérive "entraîne la ruine du réseau ferré et une dégradation de la sécurité et de la fiabilité des circulations". Elle induit à terme des besoins financiers colossaux de réhabilitation, de surcroît rapidement mobilisables. "La Grande-Bretagne en a fait l’amère expérience", rappellent-ils. L’audit évalue les budgets nécessaires "de l’ordre de 3,1 mds EUR par an" à l’horizon 2015-2020 et un effort annuel supplémentaire "d’environ 350 M EUR" entre 2011 et 2015. Pour 2005, l’enveloppe pour la maintenance du réseau atteint 2,7 mds EUR. Les experts suggèrent aussi des gains de productivité et une éventuelle suppression de lignes à faible trafic. Le ministre des Transports Dominique Perben a demandé lundi à la SNCF et à RFF de proposer un plan 2006-2010 sur la base de ces recommandations.

Le réseau ferroviaire français est "dans un état de vétusté proche des infrastructures de certains pays d’Europe de l’est, comme la Pologne", a jugé cette semaine à Paris le vice-président de la commission des transports du Parlement européen, le socialiste français Gilles Savary. "Depuis vingt ans, les investissements dans l’entretien du réseau ferroviaire sont inférieurs de moitié à ce qu’ils devraient être", selon la Fédération Nationale des Travaux Publics (FNTP). Il est "urgent d’agir", a jugé, mercredi 21 septembre 2005, l’association Avenir Rail, structure de concertation et de dialogue sur le ferroviaire. Le Parti socialiste avait réclamé "solennellement" la veille "un plan d’urgence", "accompagné de moyens dignes de ce nom".

"Nous travaillons déjà avec RFF", notamment sur l’allongement des plages horaires de travaux, a affirmé le président de la SNCF, Louis Gallois, dans La Tribune de jeudi 22 septembre 2005. Mais il va devoir attendre, pour en discuter davantage, l’arrivée du nouveau président de RFF, le gouvernement ayant mis fin aux fonctions de Jean-Pierre Duport. Le ministère des Transports a annoncé une rallonge de 70 millions d’euros pour les dépenses de maintenance en 2006, ne se prononçant pas pour la suite.

Agence France Presse

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source