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dimanche 28 mai 2017
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AFP, 28 septembre 2005

Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo entend rester au pouvoir après le 30 octobre 2005


ABIDJAN (AFP) - Le président, Laurent Gbagbo, a affirmé, mardi 27 juillet, dans "un message à la Nation" télévisé, que l’élection présidentielle ivoirienne ne pouvait se tenir "à l’évidence le 30 octobre" 2005 en raison de l’absence du désarmement de la rébellion, réaffirmant qu’il se maintiendrait à son poste après cette date.


"Il faut que le désarmement soit fait pour que les élections aient lieu. Notre Constitution ne permet pas la tenue d’élections politiques de quelque nature qu’elles soient en cas d’atteinte à l’intégrité du territoire" a expliqué M. Gbgabo. "Dans tous les cas, la présence d’hommes en armes autres que les forces régulières est un obstacle à la tenue d’élections", a précisé le chef de l’Etat. La rébellion des Forces nouvelles (FN), qui a tenté de renverser M. Gbagbo en septembre 2002, contrôle depuis le nord du pays. "Et c’est pourquoi la Constitution prévoit que le président de la République adresse un message à la Nation pour indiquer les circonstances qui font obstacles à la tenue des élections et demeure en fonction jusqu’à la tenue ou la poursuite des élections ou la proclamation des résultats", a-t-il poursuivi. Le désarmement, prévu dans les accords de paix interivoiriens signés depuis le début de la crise, est jusqu’à présent resté lettre-morte. Le président ivoirien a précisé que si le désarmement avait lieu "aujourd’hui" les élections pourraient "se tenir dans un délai maximum de trois mois" parce que le pays est "techniquement prêt pour organiser ce scrutin". Il a aussi souligné qu’il avait réalisé des réformes constitutionnelles permettant, notamment à l’opposant Alassane Ouattara de se présenter à l’élection présidentielle. Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan avait annoncé, début septembre 2005, que l’élection présidentielle ne pourrait pas avoir lieu par manque de coopération des responsables politiques et de l’impréparation du scrutin.

M. Gbagbo a une nouvelle fois récusé une éventuelle transition politique, soulignant que c’était "contraire à notre Constitution". L’opposition et la rébellion des Forces nouvelles estiment que le quinquennat de M. Gbagbo s’achève le 30 octobre 2005, souhaitant une transition sans le chef de l’Etat. A cet égard, M. Gbagbo a observé que "ceux qui veulent prendre le pouvoir par des voies autres que des élections devront l’avouer. Mais qu’ils ne se servent pas de la transition comme prétexte". Il a, à nouveau, averti qu’il avait été élu et "acquis (son) pouvoir" par les élections. "Je ne le rendrai qu’à une personne élue conformément aux dispositions constitutionnelles", a-t-il précisé, soulignant que "tous les accords de paix (interivoiriens) signés jusqu’à ce jour ont prescrit le respect de la Constitution". Il a "invité solennellement l’ONU et l’Union africaine (UA) à prendre leurs responsabilités en décidant des mesures urgentes pour conduire au désarmement des rebelles", qui contrôlent le nord du pays depuis troia ans, afin que des "élections aient lieu". "Il faut maintenant passer à la phase d’application (des) accords sans perdre de temps", a encore estimé M. Gbagbo car "la zone sous contrôle rebelle court tout droit vers une catastrophe humanitaire et sécuritaire".

Alors qu’un sommet de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) sur la Côte d’Ivoire doit se tenir, vendredi 30 septembre 2005, à Abuja (Nigeria), M. Gbagbo a fermement réaffirmé qu’il rejetait cette nouvelle tentative de médiation, observant que la Cedeao avait échoué dans de précédentes négociations. Il a demandé qu’on applique désormais les accords passés, notamment ceux signés à Pretoria en juin, sous la houlette du médiateur sud-africain le président Thabo Mbeki, mandaté par l’Union africaine, affirmant cependant sa volonté de se "rendre devant toutes les instances de l’Union africaine et de l’ONU". M. Mbeki a été récusé par les Forces nouvelles ainsi que par l’opposition. Il est accusé d’avoir pris partie pour M. Gbagbo.

Agence France Presse

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