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Le Monde, 28 février 2004

Haïti : Paris poursuit son activité diplomatique pour sortir de la crise


Transall C-160

Un Transall de l’armée française et deux appareils C-130 de l’US Air Force ont atterri samedi à l’aéroport de Port-au-Prince. Trois appareils de transport Hercules de l’armée canadienne font également route vers la capitale haïtienne.

Hercules C-130


Le ministre des affaires étrangères Dominique de Villepin a poursuivi, samedi 28 février 2004, ses consultations sur la crise haïtienne s’entretenant notamment avec l’opposition haïtienne, son homologue américain Colin Powell et le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a indiqué le quai d’Orsay.

Depuis Islamabad où il est en visite officielle, M. de Villepin "s’est entretenu (...) par téléphone de la crise haïtienne successivement avec André Apaid, dirigeant de la plate-forme démocratique regroupant les partis d’opposition haïtiens, Colin Powell, Kofi Annan et son homologue sud-africaine Nkosazana Dlamini-Zuma", a indiqué un porte-parole du ministère des affaires étrangères.

Dominique de Villepin

Eviter un bain de sang à Haïti

Le ministre, a-t-il ajouté, a "fait part à ses interlocuteurs de la conversation qu’il a eue, vendredi 27 février, avec une délégation du gouvernement haïtien à Paris". Dominique de Villepin "a rappelé la position de la France, en particulier sur la nécessité pour le président [Jean Bertrand] Aristide de tirer toutes les conséquences de la situation dramatique dans laquelle il a plongé son pays et des responsabilités qui sont les siennes face à cette situation, étant entendu que la France est prête de son côté à prendre ses responsabilités si une solution d’Union Nationale était mise en place", a souligné le quai d’Orsay.

"Il a rappelé, a poursuivi le porte-parole, que pour nous [la France], la priorité numéro un est qu’une solution politique en vue de la réconciliation nationale soit trouvée, sachant que la force de paix que nous évoquons avec nos partenaires viendrait en appui à cette solution politique". Paris avait appelé vendredi, après avoir reçu une délégation du gouvernement haïtien, à "la mise en place d’un gouvernement d’union nationale de transition" sans le président Aristide afin d’éviter un bain de sang à Haïti.

L’une des victimes des tueurs de Jean-Bertrand Aristide, à Port-au-Prince, le 28 février 2004

Le quai d’Orsay a encore indiqué que Dominique de Villepin allait poursuivre ses consultations et souligné "à nouveau la totale convergence de vue avec ses partenaires".

Un Transall de l’armée française et deux appareils C-130 de l’US Air Force ont atterri samedi 28 février à l’aéroport de Port-au-Prince.

Trois appareils de transport Hercules de l’armée canadienne font également route vers la capitale haïtienne, a déclaré Isabelle Savard, porte-parole du ministre des affaires étrangères Bill Graham.

Bill Graham

Quelque 800 Canadiens sont enregistrés auprès de l’ambassade du Canada en Haïti, où une vingtaine de soldats canadiens sont déjà sur place pour faciliter une évacuation en cas de besoin.

A Paris, le ministère de la défense avait annoncé un peu plus tôt qu’une dizaine de gendarmes chargés de renforcer la sécurité de l’ambassade de France en Haïti et de la résidence de l’ambassadeur avaient été envoyés à bord du Transall de l’armée française. Selon le porte-parole du ministère, Jean-François Bureau, "il s’agit d’une mesure de précaution (...) pour parer à toute éventualité". Il a assuré qu’il ne s’agissait pas d’"un élément précurseur" de la force civile de paix dont a parlé mardi le président Jacques Chirac.

Chargé de soutenir les unités de police judiciaire de la gendarmerie en France pour la recherche de renseignements dans le grand banditisme (filatures, surveillance), l’EPIGN peut également protéger des personnalités françaises et étrangères et assurer la protection des locaux et des diplomates français dans des pays en crise.

De nombreux ressortissants étrangers sont actuellement bloqués dans la capitale haïtienne après la décision de plusieurs compagnies aériennes de suspendre leurs liaisons avec l’île pour des raisons de sécurité.

Avec AFP et Reuters

Jean-Bertrand Aristide : dictateur recherché pour assassinats en séries et pillage de la population haïtienne. A remettre, contre récompense, au chef de l’armée insurgée. Mort ou vif.

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