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vendredi 26 mai 2017
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AFP, AP, 3 octobre 2005

Proche Orient : Calme tendu à Gaza, au lendemain de heurts interpalestiniens


GAZA (AFP) - Un calme tendu régnait, lundi 3 octobre 2005, à Gaza, au lendemain de heurts meurtriers entre le Hamas et la police palestinienne, qui a renforcé sa présence dans les rues et aux abords du principal commissariat.


Trois Palestiniens, dont un officier de police, ont été tués et plus de cinquante autres blessés, dimanche 2 octobre 2005 au soir, lors de violents affrontements ayant opposé la police et des membres du Hamas. Selon une source de sécurité, tout a commencé par une simple altercation impliquant Mohammad Al-Rantissi, fils d’un dirigeant du Hamas assassiné, en 2004, par Israël. Les choses ont ensuite dégénéré et des affrontements armés ont éclaté entre policiers armés et membres du Hamas, qui ont notamment attaqué au lance-roquettes antichar un poste de police dans le camp de réfugiés de Chatti. Ces heurts étaient les premiers de cette ampleur dans la bande de Gaza depuis le retrait israélien de ce territoire qui s’est achevé, le 12 septembre 2005, après trente-huit ans d’occupation.

Le chef d’un collectif regroupant les différents mouvements palestiniens a affirmé que les heurts, ayant fait trois morts, dimanche 2 octobre 2005 au soir, avaient été "contenus". "Nous avons contenu les incidents d’hier et tous les hommes armés ont été retirés des rues. Les choses se sont calmées et nous espérons un retour à la normale", a déclaré Ibrahim Abou Al-Naja, secrétaire général du Comité de suivi, un organisme regroupant des représentants des mouvements palestiniens, dont le Hamas et le Fatah. "Nous avons parlé hier aux parties concernées qui ont ordonné à leurs hommes armés de regagner leurs positions", a-t-il ajouté. Les autorités palestiniennes ont fait porter "l’entière responsabilité" pour ces incidents au Hamas, qui à son tour a accusé, dans un communiqué, "certains cercles dans l’Autorité palestinienne de pousser vers l’affrontement avec le Hamas".

La tension était toujours palpable, lundi 3 octobre, dans Gaza, où la police palestinienne a considérablement renforcé sa présence, multipliant les patrouilles dans les différents quartiers. La sécurité était particulièrement stricte aux abords du commissariat central de police, dans le centre de Gaza, où des policiers masqués d’une unité spéciale ont été déployés et les rues attenantes fermées à la circulation. Le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Tawfiq Abou Khoussa, a pour sa part affirmé que la police poursuivrait, malgré les heurts de dimanche 2 octobre 2005, "sa campagne visant mettre fin au port d’armes" en public, lancée la semaine dernière.

Devant la persistance de l’anarchie sécuritaire, une commission parlementaire palestinienne a recommandé, lundi 3 octobre 2005, l’adoption d’une motion de censure contre le gouvernement d’Ahmad Qoreï et le limogeage de chefs des services de sécurité. Dans un rapport lu devant les députés réunis à Ramallah, Hassan Khreisheh chef d’une commission formée par le Conseil législatif pour enquêter sur l’anarchie sécuritaire, a affirmé que le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité nationale, Nasr Youssef, "a échoué dans sa mission". Le rapport recommande "le vote d’une motion de censure contre le gouvernement" et le "limogeage de tous les chefs incompétents des services de sécurité et de leurs adjoints".

Par ailleurs, l’armée israélienne a arrêté quarante membrs palestiniens du Hamas et du Jihad islamique, durant la nuit de dimanche 2 octobre à lundi 3 octobre, dans les régions de Ramallah, Bethléem et Naplouse en Cisjordanie, a annoncé une porte-parole militaire. Ces interpellations ont porté à quelque 480 le nombre résistants arrêtés en Cisjordanie depuis le 25 septembre. Quelque 200 des personnes arrêtées ont été placées en détention administrative pour des période allant de un à six mois, selon une source militaire israélienne. En Israël, les forces de sécurité étaient, lundi 3 octobre 2005, en état d’alerte renforcé, se déployant en force dans les centres urbains et les principaux lieux publics, de crainte d’attentats palestiniens durant les fêtes du nouvel an juif qui commencent au coucher du soleil.

Agence France Presse

La colère de policiers palestiniens dans l’enceinte du Parlement

GAZA, Bande de Gaza (AP) - Une vingtaine de policiers palestiniens ont pénétré, lundi 3 octobre 2005, dans l’enceinte du parlement palestinien, tirant des coups de feu en l’air pour protester contre le manque de moyens des forces palestiniennes au lendemain de vifs affrontements avec des militants du Hamas dans la Bande de Gaza. "Hier, nous n’avions pas assez de munitions", a expliqué l’un des policiers qui manifestaient lundi 3 octobre 2005. "Nous n’avions rien pour nous protéger". "Donnez-nous au moins des balles pour protéger les gens et protéger nos commissariats", a-t-il plaidé. "Notre commandant est mort sous nos yeux et nous manquions de munitions".

Les affrontements à Gaza et dans le camp de réfugiés voisin de Shati ont fait rage pendant six heures, ne s’apaisant que vers minuit, dimanche 2 octobre 2005, après l’intervention de médiateurs égyptiens. Il s’agissait des accrochages palestiniens les plus violents depuis 1996. Les militants du Hamas ont attaqué un commissariat local avec des fusils d’assaut et des grenades RPG. Le numéro deux de la police dans le camp de Shati, Ali Makawi, a été tué dans les accrochages.

Associated Press

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