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mercredi 26 avril 2017
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AP, 12 octobre 2005

Corruption : Mise en examen de Jean-Bernard Mérimée dans l’affaire "Pétrole contre nourriture"


Le siège du ministère des Affaires étrangères, au Quai d’Orsay, à Paris

PARIS (AP) - Un deuxième diplomate français de haut rang a été mis en examen, mercredi 12 octobre 2005 au soir, dans l’enquête française sur d’éventuels détournements en marge du programme onusien "pétrole contre nourriture", en Irak.

France


Jean-Bernard Mérimée, ambassadeur de France aux Nations Unies de 1991 à 1995, s’est vu signifier sa mise en examen pour "trafic d’influence" et "corruption active d’agent public étranger", a-t-on appris de sources judiciaires. Il est ressorti libre sous contrôle judiciaire du bureau du juge d’instruction, Philippe Courroye, qui lui a notifié une caution de 150000 euros. M. Mérimée a dû également remettre ses passeports et se voit interdit de rencontrer les autres mis en examen, ainsi que plusieurs dirigeants de Total, dont son PDG, Thierry Desmaret. Ce dossier a été ouvert, en 2002, sur les activités du groupe Total et des mouvements de fonds suspects, de 1997 à 2001, entre Total, Total International Limited (TIL) et une société suisse. La période des investigations a été récemment élargie et couvre désormais les années 1997 à 2003.

Jean-Bernard Mérimée

L’ancien ambassadeur de France à Rome de 1995 à 1998, âgé de 68 ans, fait partie d’une liste de onze personnalités françaises désignées dans les annexes du rapport de l’ONU sur des détournements présumés en marge de ce programme "pétrole contre nourriture". Ce dernier a permis, entre 1996 et 2003, à l’Irak, toujours sous embargo, de vendre du pétrole en échange de denrées alimentaires et de médicaments. Jean-Bernard Mérimée est soupçonné d’avoir bénéficié de fonds du régime irakien de Saddam Hussein, sous forme de bons de pétrole cédés ensuite à Fenar Petroleum, société agréée par l’ONU. Il aurait ainsi reçu, en 2001, l’équivalent de 2 millions de dollars en baril de pétrole. Les bons vendus, M. Mérimée aurait reversé des rétro-commissions à des officiels irakiens, précise-t-on de mêmes sources. S’il ne semble pas contester ce versement, M. Mérimée nie avoir reçu l’équivalent de bons de 4 millions de dollars en baril de pétrole sur la période 2002-2003. Un autre diplomate, Serge Boidevaix, ancien secrétaire général du Quai d’Orsay, a été mis en examen des mêmes chefs, par le juge Courroye, au début du mois de septembre 2005. D’autres personnalités sont également poursuivies dans ce dossier : Bernard Guillet, ex-conseiller diplomatique de Charles Pasqua ; Gilles Munier, secrétaire général de l’Association des amitiés franco-irakiennes ; et Claude Kaspereit, homme d’affaires. Un Irakien, Jaber Khalef Awad, est également poursuivi.

Serge Boidevaix

Le ministère français des Affaires étrangères a affirmé, mercredi 12 octobre 2005, avoir appelé par écrit en septembre 2001 l’attention de MM. Mérimée et Boidevaix "sur les responsabilités particulières qui leur incombaient au titre de leurs anciennes fonctions et sur la nécessité de veiller à ce que leurs activités privées n’engagent qu’eux-mêmes et en aucun cas le gouvernement ou le ministère des Affaires étrangères". Le porte-parole du Quai d’Orsay, Jean-Baptiste Mattei, a précisé que les deux hommes "font l’objet d’une procédure judiciaire au titre de leurs activités privées, engagées après leur départ à la retraite". Il a rappelé que "les autorités françaises ont pleinement coopéré et continuent de coopérer, en toute transparence, aux enquêtes menées à propos de la mise en oeuvre du programme "pétrole contre nourriture", qu’il s’agisse de la commission Volcker ou de l’instruction en cours en France".

Jean-Baptiste Mattei

Interrogé sur le sujet lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, le ministre de la Justice, Pascal Clément, a souligné, mercredi 12 octobre 2005, qu’il s’agissait de "deux hauts diplomates dont la mise en cause (...) s’est faite après leur départ en retraite". Il a souhaité que "toute la lumière soit faite et que l’aide internationale puisse garder toute sa crédibilité dans le monde entier".

Associated Press

Philippe Courroye

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