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Le Monde, 28 février 2004

Informations internationales : Le G15 s’engage à relancer la coopération entre les pays du Sud


Le président iranien Mohammad Khatami a appelé le G15 à faire son auto-critique : "Alors que nous disposons de tant de richesses, pourquoi sommes-nous tant sous-développés ?"

Partagé entre rhétorique anti-occidentale et nécessité de dialoguer avec les pays industrialisés, le Groupe des 15 (G15), qui réunit 19 pays en développement d’Amérique latine, d’Asie et d’Afrique, s’est engagé samedi 28 février 2004, au dernier jour de son 12e sommet à Caracas, à relancer la coopération entre les pays du Sud.


Sur le plan institutionnel, le G15 a décidé de se doter d’une "troïka" disposant "d’une plus grande responsabilité" pour faire entendre sa voix au sein de la communauté internationale et mener des actions communes en faveur du développement, selon le communiqué commun publié à l’issue de la réunion.

Les ministres des affaires étrangères d’Algérie, où se déroulera le prochain sommet en 2005, du Vénézuela et d’Iran, se retrouveront "le plus rapidement possible" pour définir ce "plan d’action", a indiqué le président en titre du G15, le président vénézuélien Hugo Chavez, qui a cité la faim, la pauvreté, la dette extérieure et l’accès à l’eau potable comme les principaux fléaux des pays en développement.

Mohammad Khatami appelle le G15 à faire son auto-critique

Le sommet a également adopté une déclaration dite "de Caracas" consacrée à "l’énergie et au développement", soulignant "la nécessité de créer des programmes et actions concrètes au sein du G15 avec l’objectif d’assurer le développement du secteur énergétique".

"Nous avons les moyens de sortir nos populations du sous-développement, il nous faut juste un peu d’audace et une touche de folie", a affirmé Hugo Chavez. Pour renforcer ses propos, il a fait projeter sur des écrans des chiffres et des cartes, comparant le G15 et les pays les plus riches réunis au sein du G8. Selon ces données, le G8 représente 8 % de la population mondiale, contre 34 % pour le G15, qui dispose, en outre, de ressources naturelles, comme le pétrole.

"Les réserves de nos pays sont placées dans les banques du Nord", a regretté M. Chavez, qui a lancé plusieurs pistes pour que le Sud prenne plus de poids, proposant un "Club des débiteurs", sur le modèle du Club des créanciers, ainsi qu’une chaîne d’information des pays du Sud "dans toutes les langues pour faire face à l’hégémonie de la communication que le Nord nous impose", a-t-il ajouté.

Une proposition relayée par le président zimbabwéen, Robert Mugabe, dirigeant critiqué pour son autoritarisme de plus en plus marqué, qui s’en est pris aux médias occidentaux. "Pourquoi devons-nous dépendre de CNN ou de la BBC, qui ne servent en rien à nos peuples et qui créent du désenchantement ?", a lancé le chef d’Etat africain.

Pour sa part, le président iranien Mohammad Khatami a appelé le G15 à faire son auto-critique, même s’il existe "des pouvoirs qui imposent leurs intérêts" et un "pôle dominant dans le monde". "Alors que nous disposons de tant de richesses, pourquoi sommes-nous tant sous-développés ?", s’est-il interrogé, avant de faire l’éloge d’un secteur privé au service d’une économie dynamique et de la démocratie. "Il y a beaucoup de choses à retirer de l’Occident, l’une d’elles est la démocratie", a-t-il dit, ajoutant : "Nous devons reconnaître que cette pensée démocratique est née en Occident".

Tous les participants ont reconnu que la relance du G15 ne sera effective que si elle est suivie d’actes. Le vétéran Robert Mugabe, 80 ans, qui a assisté à tous les sommets du G15 depuis sa création en 1989, a témoigné que le problème était de "traduire en actes nos déclarations". "Il ne faut pas que nos décisions restent seulement des paroles", a-t-il prévenu.

Avec AFP

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