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Le Monde, 14 octobre 2005

Côte d’Ivoire : L’ONU approuve les décisions de l’Union africaine pour la transition politique

par Philippe BOLOPION et Jean-Pierre TUQUOI


Le Conseil de sécurité des Nations Unies a approuvé, à l’instar de Paris, vendredi 14 octobre, les décisions de l’Union africaine (UA) sur la transition politique en Côte d’Ivoire après le 30 octobre. Le Conseil approuve ainsi la décision de maintenir en fonctions au-delà du 30 octobre 2005, et pour une période n’excédant pas un an, le président ivoirien, Laurent Gbagbo, tout en constatant l’expiration de son mandat, et de nommer un premier ministre acceptable par toutes les parties ivoiriennes et aux pouvoirs renforcés.


Dans sa déclaration, rédigée par la France, le Conseil de sécurité exprime l’intention de prendre les mesures nécessaires pour appuyer la mise en œuvre de la décision de l’Union africaine, "afin d’organiser des élections libres, justes, ouvertes, transparentes et crédibles aussi tôt que possible et au plus tard le 30 octobre 2006". Il "exige (...) de toutes les parties ivoiriennes concernées qu’elles appliquent pleinement et sans délai la décision" du Conseil de la paix et de la sécurité de l’Union africaine.

Dans un paragraphe consacré à la demande de l’Union africaine d’un renforcement "substantiel" des effectifs de l’opération de l’ONU en Côte d’Ivoire (Onuci) pour mieux assurer la stabilité du pays dans la période délicate qui s’annonce, le Conseil se contente d’en prendre note, "sans préjudice de toute décision" qu’il pourrait prendre à cet égard. Enfin, il exprime son intention de considérer ultérieurement s’il convient de fournir des ressources supplémentaires à l’Onuci, "sur la base d’une étude précise de la situation dans le pays et sur la preuve de progrès tangibles dans la mise en œuvre des engagements pris dans le cadre de l’accord de Linas-Marcoussis et des autres accords pertinents".

Le 13 octobre, la France avait présenté un document allant dans ce sens. S’appuyant largement sur les décisions prises, le 6 octobre, à Addis-Abeba (Ethiopie), par l’Union africaine, il entérinait l’idée d’un maintien au pouvoir du président, Laurent Gbagbo à l’échéance de son mandat, faute de pouvoir organiser une élection présidentielle. A rebours des accords de Linas-Marcoussis, Paris préconisait, dans le document, la nomination d’un nouveau premier ministre de consensus, doté de larges pouvoirs, pour contrebalancer ceux de Laurent Gbagbo et de son entourage. Il serait investi "de tous les pouvoirs nécessaires" en matière de "sécurité, de défense et de questions électorales". La nomination du successeur de Seydou Diara, l’actuel chef du gouvernement, devrait intervenir avant le 31 octobre 2005, selon le texte français, à charge pour le premier ministre de constituer une équipe dont l’équilibre politique ne devrait guère être modifié. Actuellement, siègent au gouvernement des partisans de Laurent Gbagbo, des membres de l’opposition politique et des proches de la rébellion qui contrôle la moitié nord de la Côte d’Ivoire. Les prérogatives des ministres du futur gouvernement seraient également maintenues. Mais si, comme par le passé, des ministres boycottaient les réunions gouvernementales, leur portefeuille serait immédiatement confié au chef du gouvernement.

Le projet de résolution ne sera pas soumis à un vote avant la fin de la semaine prochaine, le temps pour les présidents du Nigeria, Olusegun Obasanjo, et de l’Afrique du Sud, Thabo Mbeki, ­ officiellement toujours médiateurs dans la crise ivoirienne ­ de se rendre à Abidjan pour amorcer la négociation sur le futur gouvernement. Parallèlement à la visite des deux chefs d’Etat africains, le président du Comité des sanctions de l’ONU, le grec Adamantios Vassilakis, va se rendre lui aussi à Abidjan, lundi 17 octobre 2005, et ensuite à Bouaké, la "capitale" des rebelles. Par ce déplacement symbolique, il s’agit d’amener tous les protagonistes de la crise à faire preuve de souplesse, sous peine de voir enfin mises en œuvre des sanctions internationales jusqu’à présent différées pour ne pas faire capoter les efforts de la médiation sud-africaine.

De son côté, l’opposition ivoirienne a adressé, le 10 octobre, une lettre au secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, par laquelle elle préconise une transition sans "Laurent Gbagbo comme président, pour restaurer un climat de confiance mutuelle (...), et éviter les blocages" . S’il reste au pouvoir après le 30 octobre 2005, a indiqué à Jeune Afrique l’un des ténors de l’opposition, l’ancien président, Konan Bédié, "ce sera un usurpateur . (...) Je ne sais par qui il pourra se faire obéir."

Philippe BOLOPION et Jean-Pierre TUQUOI

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