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Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (17ème partie) : De mai 2005 à décembre 2005
Le Monde, 15 octobre 2005

Les Irakiens ont pu se prononcer sur la Constitution sans déferlement de violence


Entre 61 % et 65 % d’Irakiens ont participé au référendum sur le projet de Constitution samedi, selon les premières estimations de responsables de la commission électorale. Les bureaux de vote, ouverts à 07h00 heures, ont fermé comme prévu à 17h00. Plus de 15,5 millions d’Irakiens étaient appelés à se rendre aux urnes pour se prononcer sur le projet de Constitution, qui doit jeter les bases de l’Irak de l’après Saddam Hussein.


"Je pensais que nous atteindrions peut-être les onze millions de votants. Mais cela semble avoir été un peu plus calme, en outre, c’est le ramadan", a déclaré Farid Ayar, membre de la commission électorale, qui pense "que cela pourrait être supérieur à dix millions." Si cette estimation -supérieure à celle d’un de ses collègues, qui évoquait "plus de 61 %"- se confirme, les deux tiers des 15,5 millions d’inscrits se seront déplacés aux urnes pour se prononcer sur le projet de Constitution. La participation s’annonce en tout cas supérieure aux 58 % enregistrés en janvier 2005, lors des élections législatives. Dans huit des dix-huit provinces, la participation dépasse les 66 % d’inscrits ; dans sept autres, elle est inférieure à 33 %, a précisé la commission.

Un haut responsable de cette commission, Adel Lamy, a indiqué un peu plus tôt que "le taux de participation est très bon dans les zones sécurisées du nord et du sud" du pays. A Bassorah, au sud, à Falouja, à l’ouest, et Kirkouk, au nord, les électeurs se sont apparemment mobilisés en nombre. La participation semble en revanche très basse à Ramadi. A Mossoul, troisième ville du pays et métropole du nord où la guérilla s’est montrée très active, des adversaires du texte ont distribué des tracts exhortant la population à boycotter le scrutin. "Restez chez vous ! Ne croyez pas à la Constitution !", indique la feuille, qui montre un électeur représenté sous les traits d’un âne glissant son bulletin dans l’urne sous le regard de l’oncle Sam.

Selon des sources de l’ONU, il y a eu dix-sept incidents, qui ont été réglés, allant de l’absence de noms sur des listes électorales, à Sadr City à Bagdad, à des pressions d’assesseurs sur les électeurs pour voter "non", comme à Diyala. M. Lamy pour sa part indiqué, sans préciser, qu’il a reçu "des plaintes selon lesquelles des partis politiques et des forces de sécurité ont essayé d’interférer dans le déroulement du scrutin". Mais la commission affirme qu’elle n’a pas eu connaissance de violations majeures, les quelques tentatives recensées n’ayant pas réussi. M. Lamy a indiqué que sur les 6235 bureaux de vote prévus,"5617 sont ouverts". Les bureaux restés fermés se concentraient dans les provinces sunnites d’Al-Anbar et Ninive, a-t-il précisé, faisant état de "problèmes de communications avec ces régions". Ainsi, dans la province d’Al-Anbar, 144 bureaux de vote étaient ouverts sur les 207 prévus, alors que, dans la province de Ninive, trois bureaux n’ont pas ouvert, selon un autre haut responsable de la commision. Un bureau de la province a dû fermer après avoir reçu des menaces. Des sources onusiennes ont indiqué qu’en milieu d’après-midi, seuls dix bureaux fermés avaient été recensés dans cette province.

Le démarrage du scrutin a été lent, en raison des délais de livraison du matériel. Dans le quartier de Doura à Bagdad, les bureaux de vote ont ouvert en retard en raison d’une attaque contre un camion transportant les urnes, selon Adel Lamy. Un autre responsable a fait état d’incidents à Bassora et Babylone, où des coups feu ont été tirés en direction de centres de vote.

"Les résultats du scrutin dépendent de son déroulement. S’il se déroule sans accroc et qu’aucune plainte de fraude n’est déposée, l’annonce des résultats se fera dans trois jours", a indiqué M. Lamy, tout en précisant que si des plaintes sont déposées, la publication des résultats n’interviendra qu’à l’issue d’une enquête. De premiers résultats pourraient toutefois être annoncés lundi 17 octobre 2005, selon l’agence Reuters.

Le "oui" devrait l’emporter, les dirigeants de la communauté chiite, qui représente 60 % de la population, et les partis politiques kurdes ayant appelé à soutenir la Constitution. La principale inconnue est la participation des sunnites. Mais Hadjim Al-Hassani, président sunnite du Parlement, estimait, samedi 15 octobre 2005, que si le scrutin du début de l’année avait conduit à une marginalisation de sa communauté, "Maintenant, cette communauté participe au scrutin et jouera un rôle en amendant la Constitution".

Si la Constitution est adoptée, des élections législatives auront lieu d’ici au 15 décembre et un nouveau gouvernement sera investi avant la fin de l’année. Si le "non" l’emporte -il faudrait pour cela que le "non" remporte deux tiers des suffrages dans au moins trois des dix-huit provinces- le processus devra reprendre à zéro avec l’élection, d’ici à la mi-décembre 2005, d’un parlement intérimaire chargé de rédiger un nouveau projet de constitution, lequel sera soumis à référendum au plus tard en octobre 2006.

Avec AFP, AP et Reuters

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