retour article original

dimanche 28 mai 2017
Vous êtes ici Accueil Informations internationales
AFP, 18 octobre 2005

Informations internationales : La répression syndicale a fait 145 morts dans le monde en 2004


Un enfant au travail, à Kaboul, en Afghanistan

BRUXELLES (AFP) - La répression syndicale a fait 145 morts dans le monde, en 2004, sur fond d’une "compétition féroce et non réglementée" sur le marché mondial, selon le rapport annuel de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL), basée à Bruxelles.

Des femmes employées dans une fabrique de briques, à Dhaka, au Bangladesh


145 personnes, dont 99 en Colombie, ont perdu la vie en raison de leurs activités syndicales, en 2004, soit 16 de plus qu’en 2003, et "le nombre de menaces de mort et de cas de blessures physiques est aussi en hausse" dans les 137 pays scrutés par la première organisation syndicale mondiale (233 syndicats affiliés dans 152 pays). La cartographie des Etats "régulièrement épinglés", théâtre des violations les plus graves, comporte, cette année encore, le Zimbabwe et le Nigeria, le Venezuela, Haïti, la République dominicaine, mais aussi la Birmanie, la Chine et les Philippines ou encore le Belarus en Europe et l’Iran.

Une fillette travaillant dans une fabrique de briques, au Cachemire indien, le 22 avril 2005

Pour le secrétaire général de la CISL, Guy Ryder, cité par le rapport rendu public mardi 18 octobre 2005, une "compétition féroce et non réglementée sur le marché mondial continue de saper le respect des droits syndicaux", comme le montrent les graves violations relevées dans les zones franches d’exportation (ZFE) de par le monde. Dans cette mondialisation débridée, les syndicalistes deviennent des cibles car ils sont vus comme une "menace pour la concurrence économique", estime la CISL, notamment au Cambodge où le dirigeant syndical le plus connu, Chea Vichea, a été assassiné. En outre, la "présence de plus en plus prédominante de la Chine sur le marché mondial est un sujet de préoccupation", car elle est un désert syndical. Ce pays abrite les deux tiers des ZFE qui, très prisées par les entreprises pour leurs régimes fiscaux avantageux et leur régulation allégée, sont des zones de non-droit pour les travailleurs où cadences de production inhumaines, intimidations et salaires de misère sont monnaie courante, selon la CISL.

Une ouvrière dans une fabrique de vêtements, à Dongguan, en Chine

Or, "le respect des droits syndicaux fondamentaux : liberté syndicale et droit de négociation collective, jouent un rôle majeur dans un développement économique sain", estime Guy Ryder, citant l’Organisation internationale du travail (OIT). Il demande aux employeurs et aux gouvernements de "commencer à traiter" les syndicalistes comme des "partenaires valables". En Afrique où seuls 6 % à 25 % de travailleurs sont employés par l’économie structurée, selon l’OIT, le mouvement syndical fait face à des "gouvernements qui voient les mouvements de travailleurs comme une menace pour le pouvoir". Le Zimbabwe, le Nigeria, mais aussi le Botswana et le Kenya sont notamment épinglés pour avoir licencié des salariés par centaines après des grèves. Sur le continent américain, "les progrès concernant la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) ont stagné tandis que les États-Unis continuent de promouvoir des accords sous-régionaux et bilatéraux", combattus par des travailleurs qui craignant "des pertes d’emplois et une nouvelle érosion de leurs droits", relève aussi le rapport.

Manifestation syndicale, à Lagos, au Nigeria, le 3 novembre 2004

En Asie, le droit à la négociation collective est "fortement entravé". En Birmanie, les syndicalistes indépendants sont emprisonnés et en Chine, au Vietnam et au Laos, un seul syndicat, étroitement contrôlé par le parti au pouvoir, est autorisé. Le Moyen-Orient, "reste la région du monde où les droits syndicaux sont les moins respectés", selon la CISL : les syndicats sont interdits à Oman et en Arabie saoudite, un "système syndical unique persiste au Koweït ou en Syrie".

Agence France Presse

Un terrassier au Bénin

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source