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lundi 27 mars 2017
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AP, 20 octobre 2005

France : François Bayrou prône la "refondation" du modèle social


PARIS (AP) - La "refondation" du modèle social français, pas la "rupture". François Bayrou, qui lançait, jeudi 20 octobre 2005, la préparation de son projet pour l’élection présidentielle de 2007, lors d’un colloque de l’UDF, s’est efforcé de se démarquer de ses deux principaux rivaux à droite, Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin.


Ce colloque de deux jours, premier d’une série de quinze réunions prévues jusqu’en juin 2006, était intitulé "Aux racines du mal français". Concluant les travaux, François Bayrou a brossé, pendant une heure, le portrait au vitriol d’une France "épuisée" par "vingt années de pratique impuissante". Le président de l’UDF a identifié trois racines de cet "épuisement" du modèle social français.

Première "racine", "on s’adresse à l’Etat pour résoudre les problèmes de la société", a dénoncé ce partisan d’une "société d’autonomie". Le député des Pyrénées-Atlantiques a donné, entre autres exemples, celui de l’amendement à la loi d’orientation agricole voté, lundi 17 octobre 2005, par les députés, pour "garantir le gavage des oies et des canards".

La deuxième "racine du mal français" est à ses yeux "le mépris pour la démocratie". "Nous sommes, sous Mitterrand comme sous Chirac, dans une sorte de monarchie élective", a accusé M. Bayrou. "Cela pervertit toute notre vie politique." Le président de l’UDF a dénoncé la "guerre absolue, totale, à bas bruit" à laquelle se livrent Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin pour la succession de Jacques Chirac depuis l’hospitalisation début septembre du chef de l’Etat. Il a aussi fustigé "la concentration des pouvoirs", "la désinvolture absolue à l’égard du Parlement érigée en règle", "les nominations arbitraires et claniques", "l’absence de vraie séparation des pouvoirs entre la vie politique et la vie économique, entre le pouvoir politique et les médias".

La troisième "racine du mal" selon M. Bayrou est "l’immobilisme" pour préserver "une protection sociale dont la charge repose quasi-exclusivement sur le travail". Afin de "retrouver des marges de manoeuvre", il a proposé sans plus de précisions "une autre architecture" à travers l’instauration d’une TVA sociale ou d’une contribution sur les échanges financiers.

Face à ce "mal", il faut passer du "temps de l’épuisement" au "temps de la refondation", a expliqué le président de l’UDF. Cette "refondation", à entendre M. Bayrou, n’a rien à voir avec la "rupture" revendiquée par Nicolas Sarkozy et la "continuité" incarnée à ses yeux par Dominique de Villepin. Le président de l’UDF -qui avait pourtant, lui aussi, préconisé la "rupture" avant que M. Sarkozy ne reprenne ce terme- a accusé son homologue de l’UMP de vouloir "la rupture avec le modèle républicain français". Il a ainsi critiqué sévèrement la proposition de Nicolas Sarkozy d’une discrimination positive à la française, en y voyant un "alibi" pour rétablir l’égalité des chances. "Notre maison est branlante. Elle a beaucoup de fissures. Il y a ceux qui refusent de voir les lézardes. Il y a ceux qui veulent la démolir. Nous sommes ceux qui veulent la reconstruire", a souligné M. Bayrou.

Le président de l’UDF va cependant devoir convaincre en quoi sa ligne est différente de celle du Premier ministre, qui prône lui aussi une modernisation du modèle social français. "Le modèle social français de Dominique de Villepin, nous l’avons sous les yeux", a répliqué François Bayrou, lorsqu’il a été interrogé, après son discours, sur cette contradiction. Et de prendre l’exemple de la réforme fiscale préparée par le gouvernement, "dont la presque intégralité des bénéfices s’adresse aux plus favorisés".

Sur toutes ses idées, M. Bayrou, tel le général de Gaulle en 1958, est prêt à un "rassemblement" avec tous ceux qui, à l’UMP, mais aussi à gauche, "acceptent d’envisager les solutions novatrices qui s’imposent". Ceux qui critiquent en interne sa ligne d’autonomie vis-à-vis de l’UMP en seront pour leurs frais.

Associated Press

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