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AFP, 21 octobre 2005

Djibouti suspend sa coopération judiciaire avec Paris dans l’affaire Borrel


Vue de Djibouti

La République de Djibouti a décidé de suspendre sa coopération judiciaire avec la France, en raison du contentieux lié à la mort du juge français Bernard Borrel, en octobre 1995, à Djibouti, a-t-on appris, vendredi 21 octobre 2005, de source officielle.

Djibouti


La thèse du suicide du juge Borrel, dont le corps à demi-calciné a été retrouvé, en 1995, au pied d’un ravin, a longtemps été privilégiée avant d’être mise à mal par une série d’expertises remises, en 2004, à la juge qui a alors orienté son enquête vers un assassinat.

Bernard Borrel

Le magistrat enquêtait, selon sa veuve, sur des affaires dans lesquelles était impliqué le président, Ismaïl Omar Guelleh, alors chef de cabinet de son oncle et chef d’Etat, Hassan Gouled Aptidon. Ces affaires auraient pu concerner des trafics d’armes mais aussi l’attentat du Café de Paris, à Djibouti, en 1990, qui avait tué un Français et fait onze blessés. "Le traité de coopération judiciaire entre la République de Djibouti et la France est désormais caduc", a déclaré à la presse le procureur de la République de Djibouti, Djama Souleiman Ali. "Nous avons assumé nos responsabilités vis-à-vis de la justice française et nous attendons à ce qu’elle nous dise à son tour la vérité sur ce dossier", a ajouté le magistrat. "Aussi longtemps que nous n’avons pas reçu les copies du dossier d’instruction, aucune nouvelle commission rogatoire dépêchée par Paris ne foulera le sol djiboutien", selon le procureur. "Il faudra que les juges d’instruction français cessent enfin de convoquer des hauts responsables djiboutiens comme s’ils étaient de simples citoyens français de Tarbes ou de Marseille", a ajouté le magistrat djiboutien.

Ismail Omar Guelleh

Mercredi 19 octobre, la famille du juge a évoqué une possible piste liée à un trafic de produits dangereux et souhaité "que la justice puisse aller jusqu’au bout de ses investigations". Me Olivier Morice, avocat de la veuve du juge, Elisabeth Borrel, a évoqué, au cours d’une conférence de presse, à Paris, à l’occasion des dix ans de la mort du magistrat, "des éléments au dossier qui n’ont jamais fait l’objet d’investigations". Il a parlé d’une note faisant état d’une liste de produits dangereux comme de "l’uranium enrichi". La juge Sophie Clément, chargée du dossier, a mandaté, en octobre 2004, deux experts pour déterminer la nature des produits mentionnés ainsi que leur provenance, a indiqué une source française proche du dossier. Me Morice a également dénoncé "des pressions des autorités djiboutiennes relayées par les autorités françaises". Lundi 17 octobre 2005, un appel de personnalités et d’associations "pour la vérité sur l’assassinat du juge Borrel" avait été rendu public en France.

Agence France Presse

Hassan Gouled Aptidon

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