retour article original

vendredi 26 mai 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Côte d’Ivoire (2ème partie) : Du 10 janvier 2005 au 28 décembre (...)
AFP, 23 octobre 2005

Côte d’Ivoire : Les rapports du général Henri Poncet ont caché la vérité


PARIS (AFP) - La suspension du général Henri Poncet, soupçonné d’avoir couvert le meurtre d’un Ivoirien alors qu’il commandait les forces françaises en Côte-d’Ivoire, est due au fait que "les rapports ont délibérément caché la vérité", déclare dimanche 23 octobre 2005 au matin, la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, dans une interview au Parisien Dimanche.


Ancien commandant de la force Licorne en Côte d’Ivoire -la plus grosse opération militaire française à l’étranger depuis une vingtaine d’années-, patron d’une des quatre régions militaires françaises, le général Poncet est soupçonné d’avoir couvert le meurtre présumé en mai de Firmin Mahé. Mahé, connu comme le chef d’une bande de "coupeurs de route", des bandits locaux, était recherché pour meurtres et viols.

Mercredi 19 octobre 2005, la ministre s’était bornée à indiquer que la décision "apparaissait nécessaire au vu des premiers éléments" de l’enquête. Elle est plus explicite dans ses déclarations au Parisien Dimanche. "Nous savons déja qu’il s’agit d’événements graves et que les rapports ont délibérément caché la vérité, explique-t-elle. Dès lors, le lien de confiance indispensable au fonctionnement des armées n’existait plus". Mme Alliot-Marie exclut que la suspension du général Poncet ait pu constituer un signal d’apaisement à l’égard du président ivoirien, Laurent Gbagbo : "Cet aspect n’a nullement été pris en considération dans cette décision", assure-t-elle. La ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a également suspendu le colonel Eric Burgaud, chef de corps, et un sous-officier. Pour elle, ces mesures sont "importantes pour l’image" de l’armée et "pour ce que fait la France en Côte d’Ivoire".

Des responsables français ont tenté, cette semaine, de limiter l’impact négatif dans les rangs de l’armée de la suspension d’Henri Poncet. "Dans la communauté de défense, c’est une situation considérée comme difficile et douloureuse", a reconnu le porte-parole du ministère de la Défense, Jean-François Bureau, soulignant toutefois le "caractère exceptionnel" de cette mesure. Le procureur du tribunal aux armées de Paris a ouvert une information judiciaire contre X pour "homicide volontaire", attestant, selon M. Bureau, de "faits graves". Une enquête interne a déjà établi que les soldats qui ont tiré n’étaient pas en situation de légitime défense, contrairement à ce qui avait été affirmé à l’époque des faits.

Pour éviter que la mesure exceptionnelle prise contre le général Poncet soit mal perçue dans les rangs des militaires, le chef d’état-major de l’armée de terre le général Bernard Thorette leur a envoyé un message écrit, et s’est adressé à eux par vidéo, a expliqué le service de communication de l’armée de terre. "Le caractère exceptionnel de cet événement ne doit pas porter atteinte à l’excellence du travail accompli depuis trois ans par les 50000 soldats de l’armée terre engagés au service de la paix en Côte d’Ivoire", a-t-il déclaré.

Quelque 4000 soldats français de la force Licorne sont déployés aux côtés de 7100 Casques bleus en Côte d’Ivoire, pays coupé en deux depuis septembre 2002, une rébellion en occupant la partie nord.

Les relations entre Paris et Abidjan s’étaient fortement détériorées, après novembre 2004, lorsque l’aviation ivoirienne avait bombardé un camp français à Bouaké (centre), tuant neuf soldats français et un civil américain. L’armée française avait riposté en détruisant la quasi-totalité de l’armée de l’air ivoirienne, opération qui avait déclenché des manifestations anti-françaises. Les militaires français avaient notamment dû tirer sur des manifestants favorables au président Gbagbo devant un grand hôtel d’Abidjan, faisant un nombre indéterminé de morts. Les partisans du président, Laurent Gbagbo, avaient vivement critiqué le général Poncet, remplacé cet été, au terme de sa mission, par le général Elrick Irastorza.

Agence France Presse

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source