retour article original

lundi 27 mars 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Côte d’Ivoire (2ème partie) : Du 10 janvier 2005 au 28 décembre (...)
AP, 26 octobre 2005

Côte d’Ivoire : Amnesty International craint une reprise de la guerre civile


PARIS (AP) - Le report sine die de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, alors que le mandat de Laurent Gbagbo expire dimanche 30 octobre, risque de provoquer une reprise de la guerre civile. Celle-ci pourrait aussi "déstabiliser" ses voisins, s’inquiète Amnesty International dans un rapport, publié mercredi 26 pctobre 2005, dans lequel sont formulées un certain nombre de recommandations, ainsi qu’une critique de l’usage excessif de la force par la France.


Le mandat du président, Laurent Gbagbo, arrive à terme le 30 octobre 2005, mais le scrutin présidentiel initialement prévu à cette date a été reporté sine die, rappelle le document intitulé "Côte d’Ivoire : un avenir lourd de menaces". "Amnesty International craint que, si un accord politique n’est pas trouvé au plus vite quant à la nouvelle structure du pouvoir en Côte d’Ivoire, les tensions actuelles ne débouchent sur une reprise des hostilités" entre les forces gouvernementales et les ex-rebelles des Forces nouvelles. Des affrontements qui pourraient "entraîner une crise humanitaire et des atteintes graves aux droits humains" et "déstabiliser la Côte d’Ivoire et tous les autres pays de la sous-région."

L’ONU s’est prononcée pour le maintien de Laurent Gbagbo à la présidence après le 30 octobre et a proposé la nomination d’un Premier ministre de consensus, en attendant la tenue d’une élection présidentielle. Mais "jamais sans doute depuis l’indépendance du pays, autant d’inconnues n’ont plané sur l’avenir de la Côte d’Ivoire", affirme l’organisation de défense des droits de l’homme. "Que se passera-t-il après le 30 octobre, lorsque le mandat du président, Laurent Gbabgo, arrivera à son terme ? L’actuel chef de l’Etat a maintes fois affirmé son intention de se maintenir à son poste jusqu’à la tenue d’une élection présidentielle que les conditions actuelles semblent rendre tout à fait improbable dans un futur proche." Les partis d’opposition et les Forces nouvelles "se sont à plusieurs reprises publiquement opposés à toute prolongation du mandat de Laurent Gbagbo et ont prôné la mise en place immédiate d’un gouvernement de transition". A ce jour, "il n’est pas possible de savoir si la proposition de l’Union africaine approuvée par le Conseil de sécurité (de l’ONU, NDLR), à savoir le maintien de Laurent Gbagbo à la présidence de la Côte d’Ivoire après le 30 octobre 2005 et la nomination d’un Premier ministre "acceptable pour tous", permettra au pays "de sortir de son impasse politique".

Selon Amnesty, plusieurs facteurs pourraient conduire à une dégradation de la situation : blocage du processus de désarmement et de démobilisation des rebelles, ruptures du cessez-le-feu, conflits inter-ethniques dans l’ouest du pays, appels à la xénophobie relayés par certains hommes politiques et médias se réclamant de Laurent Gbagbo, utilisation d’enfants soldats et atteintes à la liberté d’expression. L’organisation se dit particulièrement préoccupée par des informations faisant état d’une prolifération d’armes légères et de possibles livraisons d’armes aux deux parties en dépit d’un embargo sur les armes décrété, en novembre 2004, par les Nations Unies.

Le rapport émet une série de recommandations destinées à "prévenir de nouvelles atteintes graves aux droits humains". Ceux-ci ont déjà été gravement bafoués depuis le début du conflit, en 2002, qui a conduit à une partition de facto du pays, le Nord étant contrôlé par les Forces nouvelles et le Sud par les troupes gouvernementales. Amnesty demande notamment au gouvernement ivoirien et aux Forces nouvelles de respecter les Conventions de Genève sur le traitement des civils et des combattants. L’organisation appelle également la communauté internationale, qui a déployé sur le terrain une force de maintien de la paix de 10000 hommes, à "prendre ses responsabilités et tout faire pour appliquer et faire appliquer les résolutions du Conseil de sécurité visant à empêcher une reprise du conflit".

Le rapport estime également que les soldats français de la Force Licorne, chargés d’une mission de maintien de la paix, ont fait un usage "excessif et disproportionné de la force létale", lors d’affrontements avec des manifestants ivoiriens, en novembre 2004, à Abidjan.

Associated Press

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source