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mercredi 29 mars 2017
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Reuters, 30 octobre 2005

Côte d’Ivoire : L’opposition empêchée de manifester au Plateau


ABIDJAN (Reuters) - Les forces de l’ordre ivoiriennes ont procédé, dimanche 30 octobre 2005, à des tirs de sommation, pour empêcher des opposants au président, Laurent Gbagbo, de gagner le centre d’Abidjan pour exiger le départ du chef de l’Etat, dont le mandat expire théoriquement à minuit.


Les protestataires, qui ont pu se rassembler dans un stade du quartier de Treichville, ont dû reculer face aux militaires et gendarmes déployés sur un pont stratégique menant au palais présidentiel, situé sur le Plateau, le quartier des ministères et des ambassades situé en bord de lagune. Les manifestants, qui sortaient du stade au cri de "Au revoir Gbabgo !", se sont éparpillés en courant lorsque les forces de sécurité ont tiré au fusil automatique en l’air. Les autorités avaient interdit toutes les manifestations organisées hors d’un lieu fermé. On ne signale pas de victime, mais lors du face-à-face, des représentants de l’ordre ont frappé et malmené un journaliste de Reuters dont le téléphone mobile a été confisqué et le carnet de notes déchiré. Le journaliste a été autorisé, par la suite, à quitter les lieux indemne.

Les craintes d’une nouvelle flambée de violence étaient vives dans la capitale économique d’un pays divisé, depuis septembre 2002, en un Nord aux mains des rebelles et le Sud "utile", contrôlé par le chef de l’Etat. A la suite du report sine die de l’élection présidentielle, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté, sur recommandation de l’Union africaine, une résolution maintenant Laurent Gbagbo à son poste, pour une période maximale de 12 mois, aux côtés d’un Premier ministre doté de pouvoirs élargis. Mais les dirigeants de l’opposition ont annoncé qu’ils ne considéreraient plus Laurent Gbagbo, qui devait s’adresser à la nation dans la soirée, comme président à partir de dimanche 30 octobre 2005 à minuit.

La circulation automobile était des plus réduites dans les rues, en ce dimanche 30 octobre 2005, où les fidèles chrétiens ont assisté nombreux aux offices dans les églises et les temples. Scandant "Au revoir Gbagbo !", des partisans de l’opposition arborant des t-shirts "30 octobre 2005, Laurent Gbagbo dehors !" avaient été acheminés par autobus à Treichville. "Gbagbo s’en va. Nous sommes fatigués de lui !", a expliqué Awax Sako, un docker au chômage âgé de 30 ans. "Les jeunes n’ont rien. Il n’y a plus de travail dans le pays. Nous sommes venus demander à Gbagbo de partir." Une manifestation similaire a eu lieu, simultanément, à Bouaké, la seconde ville du pays, située au centre géographique de la Côte d’Ivoire et devenue la "capitale" des rebelles.

Les manifestations de dimanche 30 octobre 2005 se sont globalement déroulées dans un calme relatif, même si des partisans de l’opposition ont affirmé que des militants pro-Gbagbo, armés de coupe-coupe, ont attaqué un bus transportant des opposants au stade de Treichville. L’incident, qui aurait fait deux blessés, n’a pas pu être confirmé de source indépendante.

Samedi 29 octobre 2005, les chefs de l’armée avaient organisé un exercice de maintien de l’ordre, au bord de la lagune Ebrié, pour dissiper les craintes d’une réédition des émeutes antifrançaises de novembre 2004, qui s’étaient accompagnées de pillages à grande échelle.

A Paris, dans un entretien au Journal du Dimanche, Michèle Alliot-Marie a indiqué que les militaires français avaient pris des "mesures de précaution" pour faire face à la situation actuelle. "Même si sur le terrain, je constate qu’un calme relatif prévaut, la situation politique en Côte d’Ivoire reste fragile et imprévisible", a estimé la ministre de la Défense dans le Journal du Dimanche.

Pour tenter de sortir de l’impasse, des médiateurs de l’ONU et de l’Union africaine s’efforcent, pour leur part, de convaincre les protagonistes de la crise ivoirienne à s’entendre sur le choix d’un Premier ministre acceptable pour tous et capable de diriger le pays, Laurent Gbagbo restant président, jusqu’au prochain scrutin présidentiel.

Reuters

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