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dimanche 28 mai 2017
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Reuters, 2 novembre 2005

Ethiopia : Le centre d’Addis Abeba à feu et à sang


Des manifestants, à Addis Abeba, le 1er novembre 2005

ADDIS-ABEBA (Reuters) - Pour la seconde journée consécutive, de violentes émeutes anti-gouvernementales se sont produites à Addis-Abeba, où vingt-cinq morts sont venus s’ajouter aux huit de la veille, selon un bilan recueilli auprès des hôpitaux.

Ethiopia


L’opposition manifeste contre les résultats -qu’elle juge trafiqués- des élections législatives de mai, qui ont accordé un troisième quinquennat à Meles Zenawi, le Premier ministre issu de la guérilla contre l’ancien régime marxiste de Mengistu Haïlé Mariam. Plusieurs femmes figurent parmi les morts recensés, mercredi 2 novembre 2005, lorsque les policiers ont tiré des gaz lacrymogènes et des balles réelles pour tenter de disperser des centaines de jeunes émeutiers qui leur lançaient des pierres dans le centre de la capitale. Les émeutiers ont érigé des barricades de fortune et brisé les vitres de véhicules dans le quartier sensible du Mercato, où avaient éclaté, la veille, les premiers incidents, tandis que les forces spéciales appuyées par des transports de troupes blindés en bouclaient les accès. Des dizaines de manifestants ont été interpellés par les forces de sécurité qui les ont entassés dans des camions-benne, rapporte un correspondant de Reuters sur place.

Meles Zenawi

"Nous manifestons parce que le gouvernement a triché aux élections. Les gens sont furieux parce que la police est très brutale", a confié un émeutier en disposant des morceaux de bois en travers de la rue menant au plus grand hôpital de la ville. Deux policiers figurent parmi les huit morts recensés lors des premières manifestations, mardi 1er novembre, soit trois jours après l’appel à une grève générale, à compter de cette semaine, lancé par le principal mouvement d’opposition, la Coalition pour l’unité et la démocratie (CUD). Berhanu Hailu, ministre de l’Information, qui a tenté de minimiser les événements en assurant à la presse que "le défi n’est pas énorme pour le gouvernement", a imputé les désordres à la direction de la CUD. Après les premiers incidents de mardi 1we novembre 2005, Hailu Shawel et Berhanu Nega, deux des principaux dirigeants de la Coalition, ont été arrêtés par les forces de sécurité. Selon Merera Gudina, numéro deux des Forces démocratiques éthiopiennes unifiées, un mouvement d’opposition de moindre importance que la CUD, le "gouvernement recourt à une force excessive" contre les manifestants. "Nous sommes assis sur une bombe à retardement. Elle a explosé hier. Elle pourrait exploser de nouveau dans une semaine ou dans un mois", a-t-il déclaré à Reuters

Un manifestant blessé est soigné dans un hôpital d’Addis Abeba, le 1er novembre 2005

L’agitation se développe depuis les élections de mai et la répression des premières manifestations de l’opposition, en juin 2005, avait déjà fait trente-six morts. Les observateurs étrangers avaient noté des irrégularités lors du scrutin, marqué par une forte émergence de l’opposition, mais ils n’en avaient pas contesté la tendance globale.

Reuters

Une manifestante blessée est soignée dans un hôpital d’Addis Abeba, le 1er novembre 2005

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