retour article original

samedi 29 avril 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Etats-Unis (7ème partie) : De janvier 2005 à décembre (...)
AFP, 16 novembre 2005

Etats-Unis : Les soupçons s’étendent sur les prisons secrètes de la CIA


MADRID (AFP) - Suède, Hongrie, Espagne, Maroc, Norvège, Italie, Roumanie, Pologne, Allemagne : enquêtes et demandes d’explications s’accumulent sur l’utilisation par la CIA de plusieurs pays pour le transport, la détention illégale et la torture de présumés terroristes islamistes.

La Norvège, la Suède, le Maroc et l’Espagne sont les derniers en date des pays concernés par ces allégations.


Le gouvernement norvégien a annoncé, mercredi 16 novembre, "une réunion avec l’ambassadeur américain pour déterminer les circonstances" de l’atterrissage, à Oslo, le 20 juillet 2005, d’un avion qui selon les médias locaux a été utilisé par la CIA pour convoyer des prisonniers islamistes.

En Suède, au moins deux avions-prison de la CIA se sont posés en 2005 et 2002, selon l’agence de presse suédoise TT. L’un de ces avions se serait rendu plusieurs fois à la base américaine de Guantanamo, à Cuba. Le gouvernement suédois a demandé "une information complète" aux autorités de l’aviation civile.

Au Maroc, Le Journal hebdomadaire a affirmé, samedi 12 novembre 2005, citant un ex-agent de la DST marocaine, que ce pays avait participé directement à un programme de sous-traitance de la torture mis en place par la CIA et que des appareils affrétés par l’agence américaine avaient effectué au moins dix déplacements au Maroc, de décembre 2002 à février 2005.

En Espagne, quatre avions utilisés par la CIA pour transporter des prisonniers vers des prisons secrètes ont fait au moins dix escales à Palma de Majorque (Baléares), entre le 22 janvier 2004 et le 17 janvier 2005, selon le quotidien El Pais, citant un rapport de la garde civile. Le ministre de l’Intérieur, José Antonio Alonso, a fait état, mardi 15 novembre, d’une enquête de la justice espagnole sur ces potentiels "faits gravissimes", qui pourraient aussi concerner les Canaries. A la demande de la coalition écolo-communiste IU, M. Alonso pourrait comparaître devant le Congrès, de même que le directeur du Centre national d’Intelligence (CNI), Alberto Saiz. "Je ne crois pas que nous ayons été approchés officiellement par le gouvernement espagnol" à ce sujet, a dit, mardi 15 novembre 2005, un porte-parole du ministère américain des Affaires étrangères.

Le Sénat américain a exigé que le chef du renseignement l’informe précisément sur les prisons secrètes gérées par la CIA, où qu’elles se trouvent. Le Washington Post a affirmé que la CIA avait envoyé plus de 100 suspects détenus illégalement après le 11 septembre dans un réseau secret de prisons, surnommées "sites noirs" et financés par l’agence américaine en Europe de l’Est et dans d’autres pays, notamment la Thaïlande et l’Afghanistan. La CIA avait ensuite demandé au département de la Justice d’enquêter sur "les fuites d’informations sur les prisons".

Après la Thaïlande, les démentis officiels se sont succédé en Europe de l’Est sur l’existence de ces prisons secrètes pour responsables d’Al Qaïda, tant en Bulgarie qu’en Hongrie, Roumanie et Pologne. La République tchèque seule a admis avoir rejeté une demande américaine d’implantation d’une prison pour détenus issus de la base de Guantanamo. En Allemagne, une enquête est en cours sur l’enlèvement, en février 2003, en Italie, par des agents de la CIA d’Abou Omar, un ex-imam qui aurait transité par la base américaine de Ramstein (sud-ouest de l’Allemagne) pour être conduit en Egypte. En Italie, le Parquet de Milan a demandé, vendredi 11 novembre 2005, l’extradition de vingt-deux agents de la CIA soupçonnés d’avoir participé à l’enlèvement d’Abou Omar, qui faisait l’objet d’une enquête anti-terroriste en Italie. Le gouvernement italien a exigé "le plein respect de la souveraineté de l’Italie".

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a indiqué qu’il réclamait en vain, à Washington, depuis au moins deux ans, un droit de visite aux personnes détenues secrètement à l’étranger "dans le contexte de la prétendue guerre contre le terrorisme". Le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, Manfred Nowak, a appelé l’Union européenne et le Conseil de l’Europe à "mener des enquêtes de haut niveau" sur l’ensemble de ces allégations. Une enquête du Conseil de l’Europe dans les Etats membres a été annoncée.

Agence France Presse

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source