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jeudi 20 juillet 2017
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Tribune de Genève, 3 mars 2004

Genève : Le centre horticole de Lullier à nouveau accusé

par Laurence BÉZAGUET


Le Centre horticole de Lullier

Après les jardins, le Centre horticole est accusé par le syndicat des serices publics (SSP-VPOD) d’avoir offert 400 repas raffinés.


Salade périgourdine au foie gras et gésiers confits, tournedos grillé-maître d’hôtel, bouquetière de légumes et feuillantine aux fraises ; petite tomate aux crevettes marinées, poularde poêlée au whisky, pommes galette, légumes de saison et framboises romanoff ; ou encore salade d’écrevisses, pavé de veau poêlé aux 3 poivres, garniture du jour et mousse citron banane... le tout arrosé de bons vins. Ce sont là trois menus appétissants parmi bien d’autres.

Plus surprenant, ces bons petits plats ne proviennent pas d’une table genevoise traditionnelle, mais des cuisines du Centre horticole de Lullier qui ne s’illustre ainsi pas seulement par ses talents de jardinage.

Plus embarrassant enfin : selon le Syndicat des services publics (SSP-VPOD), plus de 400 repas ont été servis, sans être facturés, dans cette école.

"C’est 50000 francs par année qui ont ainsi été dispensés, auxquels il faut toutefois retrancher environ 6000 francs pour les promotions, à savoir les frais justifiés pour une école", informe Rémy Pagani, au nom du SSP-VPOD, 400 photocopies de fiches de repas à l’appui.

Rémy Pagani

Pour mémoire, celui-ci a fait éclater l’affaire dite de Lullier, le 3 février 2004. Le remuant syndicaliste avait alors dénoncé des centaines d’heures de travail fournies gratuitement par des élèves du Centre horticole dans la propriété privée du chancelier d’Etat.

Et le voilà qui, selon les termes du Courrier, s’en prend donc à présent aux frais de bouche de Lullier : "La direction du Centre horticole a invité de nombreuses personnes à des réceptions, visiblement très prisées grâce à un cuisinier réputé, dans des salons particuliers de Lullier. Histoire d’entretenir de bonnes relations avec des magistrats et diverses associations, parfois fort éloignées de l’horticulture !"

Des repas pour le conseil de direction ou le comité de fonds de course de Lullier, mais aussi à l’attention d’experts d’examens sont aussi recensés.

"Régler les comptes du passé"

Rémy Pagani conteste une nouvelle fois "les pratiques opaques de Lullier" : "Dans l’administration, chaque acte doit être justifié par une pièce comptable. Il n’y a aucune raison à ce que cet endroit dispose d’un régime particulier."

"Nous sommes en train de régler les comptes du passé", admet de son côté Jacques Thiébaut, directeur général des HES-Genève. "Les usages reflétés par ces fiches de repas illustrent des pratiques du passé. Nous faisons actuellement l’inventaire de ces pratiques externes liées au Centre de Lullier." Mais il ne faut toutefois pas tomber dans trop d’excès de zèle, selon Jacques Thiébaut : "Actuellement, on n’ose plus sortir les bouteilles de jus de pommes ! Il faut à tout prix décoincer l’atmosphère craintive ambiante et retourner à une situation raisonnable !"

Nous avons vainement tenté hier de joindre le directeur de Lullier, Jean-Michel Mascherpa, actuellement en vacances.

Quant au procureur Daniel Zappelli, qui a ouvert une enquête préliminaire pour gestion déloyale des intérêts publics dans le cadre de l’affaire de l’Ecole horticole de Lullier (nos éditions des 7 et 8 février 2004), il conclut : "De nouveaux faits sont apparemment dénoncés. Je les examine aussi, la Brigade financière enquête de manière diligente."

Laurence BÉZAGUET

Daniel Zappelli

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