retour article original

mardi 27 juin 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (17ème partie) : De mai 2005 à décembre 2005
AFP, 17 novembre 2005

Irak : Le régime tortionnaire de Bagdad nie l’évidence


BAGDAD (AFP) - Le gouvernement irakien s’est défendu, jeudi 17 novembre 2005, contre les accusations d’exactions dans les prisons officielles, affirmant que seuls sept cas de torture ont été observés dans le centre de détention de Bagdad où les détenus sont des "terroristes parmi les plus dangereux".


Sur un ton combatif, le ministre de l’Intérieur, Bayane Jabr Soulagh, entourés des principaux généraux de la police, a assuré, lors d’une conférence de presse, que les informations sur les mauvais traitements dans le centre de détention de Jadriyah, appartenant à son ministère, "ont été exagérées". Le ministre a admis qu’il y a eu "sept cas" de torture dans ce centre. "Sur les 170 à 176 détenus, sept portent des traces de coups" et, a-t-il ajouté, "tous ceux dont la responsabilité sera établie dans ces brutalités, seront sanctionnés, selon la loi". M. Soulagh a réfuté les affirmations selon lesquelles ces prisonniers seraient détenus dans une quasi clandestinité, et seraient surtout des sunnites, pour souligner qu’il s’agit de "criminels et de terroristes" de diverses origines arrêtés dans le respect des procédures judiciaires. "Parmi eux, il y a des combattants étrangers d’Al-Qaïda", a-t-il dit en brandissant un paquet de cartes d’identité et de passeports. "Ce sont les terroristes les plus dangereux", a-t-il martelé.

Le vice-ministre de l’Intérieur, chargé du renseignement, Hussein Kamal, a affirmé, au cours d’une autre conférence de presse, que les mauvais traitements endurés par des prisonniers dans le centre de Bagdad constituaient "un fait isolé". "Le gouvernement va mener une enquête complète et tous les responsables seront sanctionnés quel que soit leur rang", a-t-il dit.

Depuis le début de la semaine, la multiplication d’informations alarmistes sur la situation des détenus du centre de Jadriyah avaient placé le gouvernement en position d’accusé, dans un pays qui n’a pas oublié les sévices infligés à des prisonniers irakiens par des soldats américains à la prison d’Abou Ghraib, à l’ouest de Bagdad. Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, avait ainsi déclaré, mercredi 16 novembre 2005, dans un communiqué que "l’ONU a exprimé, à de nombreuses reprises, son inquiétude à propos de violations persistantes des droits de l’Homme en Irak, en particulier l’absence d’une procédure légale concernant les détenus et de mauvais traitements commis à leur encontre".

Dès mercredi 16 novembre au soir, le département d’Etat était venu à l’aide du gouvernement irakien, en déclarant que les mesures prises par Bagdad après la découverte des mauvais traitements "sont efficaces et suffisantes". Toutefois, dans un communiqué diffusé, jeudi 17 novembre 2005, à Bagdad, l’ambassade américaine a "fermement condamné les mauvais traitements de prisonniers où que ce soit", et mis en garde le gouvernement contre "toute mainmise de milices ou d’intérêts partisans sur les services de sécurité, les ministères ou les institutions".

Plusieurs dirigeants sunnites estiment que la torture est fréquemment pratiquée par les services de sécurité, dirigés et dominés par les chiites. Ainsi, des unités du ministère de l’Intérieur ont été accusées, jeudi 17 novembre, par le Comité des oulémas sunnites, d’avoir arrêté, dans un quartier de Bagdad, puis assassiné, un de ses membres avec trois autres personnes, dont les corps ont été découverts, mercredi 16 novembre 2005, "avec des traces de torture".

Trois Irakiens -un universitaire, un policier et un ingénieur- ont été tués, jeudi 17 novembre, dans des attaques à Bagdad, a-t-on appris de source sécuritaire irakienne. Deux GI’s sont morts, mercredi 16 novembre 2005, dans des attaques, a annoncé l’armée américaine, ce qui porte à onze le nombre des soldats tués en deux jours en Irak. Selon l’organisme indépendant Iraq Coalition Casualties, 2081 GI’s ou civils américains assimilés militaires sont morts, en Irak, au combat ou dans des accidents, depuis l’invasion du pays, en mars 2003.

Agence France Presse

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source