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Reuters, 18 novembre 2005

Irak : L’occupant s’oppose à une enquête internationale sur la torture et les détentions arbitraires


GENEVE (Reuters) - Louise Arbour, haut commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme, exige l’ouverture d’une enquête sur les conditions de détention en Irak, après les récentes accusations de sévices dans une prison relevant du ministère de l’Intérieur.


Le gouvernement irakien a déjà annoncé l’ouverture d’une enquête interne, après la découverte, la semaine dernière, de 173 hommes et adolescents visiblement mal nourris et victimes de mauvais traitements. Certains montraient des signes de torture. La prison souterraine, faisant partie d’un bâtiment fortifié situé à proximité du ministère, à Bagdad, a été découverte par hasard, dimanche 13 novembre 2005, par des soldats américains lors d’une opération de recherche.

Ces révélations, qui interviennent plus d’un an après les mauvais traitements et humiliations infligés par des soldats américains à des détenus dans la prison d’Abou Ghraïb, sont de nature à attiser un peu plus les tensions religieuses à l’approche des élections législatives du 15 décembre prochain. Elles sont surtout une nouvelle source d’embarras pour le gouvernement irakien soutenu par Washington, qui avait promis de lutter pour le respect des droits de l’homme après les années de dictature et de répression sous Saddam Hussein.

Dans un communiqué, Louise Arbour juge que les investigations irakiennes risquent de ne pas suffire pour rassurer l’opinion internationale et les Irakiens. Elle estime que l’enquête internationale devrait être élargie à tous les centres de détention en raison du nombre croissant d’arrestations massives lors d’opérations menées par les forces américano-irakiennes. "A la lumière du caractère apparemment systématique et de l’ampleur du problème, et en raison de l’importance de la confiance du public dans toute enquête, j’exhorte les autorités à appeler à l’ouverture d’une enquête internationale", a déclaré Louise Arbour. "Un regard international aiderait les autorités à s’emparer des problèmes dans le système carcéral d’une manière impartiale et objective", ajoute le haut commissaire.

L’appel de Louise Arbour fait écho à celui de plusieurs responsables sunnites. S’inquiétant de voir que la plupart des 173 détenus étaient sunnites, ces derniers ne font pas confiance au gouvernement pour enquêter sur les allégations faisant état de l’implication dans ces sévices de miliciens chiites liés au ministère de l’Intérieur. Mais les Etats-Unis, qui ont condamné les abus présumés dans le bunker du ministère de l’Intérieur, ont dans le même temps refusé toute enquête internationale, affirmant que le gouvernement irakien s’en chargerait. Mais les Etats-Unis, qui ont condamné les abus présumés dans le bunker du ministère de l’Intérieur, ont dans le même temps refusé toute enquête internationale, affirmant que le gouvernement irakien s’en chargerait.

Le porte-parole de Louise Arbour, José Luis Diaz, a déclaré que le haut commissaire était prêt à faire participer des rapporteurs de l’ONU si nécessaire. "Il pourrait s’agir d’une enquête mixte nationale et internationale, notre bureau des droits de l’homme, nos experts pourraient participer ainsi que d’autres organisations", a-t-il dit.

Louise Arbour, ancienne juge à la Cour suprême du Canada et procureur du Tribunal pénal international, a déclaré qu’elle était aussi inquiète des mauvais traitements dont sont victimes les prisonniers en Irak que du nombre particulièrement important de détenus. D’après le dernier rapport de la mission onusienne de surveillance des droits de l’homme en Irak, publié en octobre 2005, le nombre de prisonniers a dépassé les 23000 et certains détenus sont laissés sous les verrous alors même que la justice a ordonné leur libération, a souligné Louise Arbour. "Il y a un besoin urgent de remédier à l’internement de longue durée pour des raisons de sécurité sans supervision judiciaire adéquate", note le rapport.

Les rapporteurs de l’ONU ont déjà mené des enquêtes sur des allégations de violence ou de sévices au Togo, en Côte d’Ivoire, au Soudan ou en Ouzbékistan, même si dans ce dernier pays ils ont dû travailler en Kirghizie voisine, les autorités de Tachkent leur ayant refusé l’accès au territoire.

Reuters

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