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jeudi 27 avril 2017
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AFP, 19 novembre 2005

Irak : Dans les décombres de Khanaqin, les habitants ployent de douleur


KHANAQIN (AFP) - Des femmes éplorées, et des vieillards courbés sous la douleur, sont venus en masse se recueillir, samedi 19 novembre 2005 au matin, sur les décombres de ce qui fut leur grande mosquée, à Khanaqin, alors que les bulldozers s’activaient à déblayer les gravats pour retrouver des victimes encore ensevelies.


Deux Kamikazes s’étaient faufilés, vendredi 18 novembre 2005, au moment de la prière de midi, parmi les fidèles, dans les deux seules husseynah (lieux de culte chiites) de cette localité frontalière de l’Irak. Ils avaient actionné leurs bombes, semant la mort en tuant 75 fidèles et blessant plus de 90 autres. "Que Dieu les punisse, que Dieu vienne à notre secours", hurlait une femme en se frappant le visage de douleur. Plusieurs prenaient à témoin la foule sur l’horreur de ces attentats et la cruauté de leurs auteurs.

De cette ancienne mosquée, construite en pierres et qui faisait la fierté de ces kurdes chiites de la secte des Faylis, il ne reste que quelque pans de murs. L’entrée est totalement défoncée et une grande partie du toit s’est écroulée sur les occupants. Au milieu des gravats, des chaussures de victimes étaient éparpillés sur des tapis recouverts de sang et de poussière blanche. Des bulldozers de la défense civile étaient à pied d’oeuvre dès le matin pour déblayer les décombres et secourir les quelque personnes encore ensevelies. Les secours s’étaient arrêtés la veille, à la tombée de la nuit. Des témoins ont affirmé qu’au moins huit fidèles se trouvent sous les décombres.

Toute la nuit, les buldozers ont travaillé dans le cimetière de la ville, pour creuser des tombes. Les familles ont défilé en procession, portant le corps de leur proche pour les enterrer dans l’obscurité. Plusieurs n’ont pas pu se procurer des cercueils, la ville n’en possédant pas en nombre suffisant. Les victimes étaient souvent portées à bout de bras, enveloppées dans des draps ou des couvertures. En raison du grand nombre des morts, des membres d’une même famille ont été enterrées dans une fosse commune.

Alors que des mesures de sécurité ont été prises autour de la ville, et que les voitures étaient méticuleusement fouillées aux barrages de police, les accès des deux mosquées ont été bouclés à la circulation automobile, à l’exception des secouristes. Les rues de la ville étaient désertes et les commerces ont fermé leurs rideaux de fer en signe de deuil. Mais ici et là, des rassemblements se sont formés autour des tentes de condoléances qui accueillent les proches des familles des victimes. Mais là aussi, le nombre de tentes n’était pas suffisant. Plusieurs familles ont dû partager une seule tente tandis que d’autres ont ouvert leur maison pour y recevoir les condoléances.

En dépit de leur malheur, les habitants de Khanaqin, ville abritant des Kurdes, sunnites et chiites, ainsi que des turcomans, se refusent à rejeter sur les arabes sunnites la responsabilité de ces actes terroristes. "Ces assassins sont des terroristes et ne sont ni sunnites ni chiites. A Khanaqin, nous sommes tous ensemble, sunnites et chiites, et nous refusons tout confessionnalisme", a affirmé un proche d’une victime, qui a gardé l’anonymat.

Agence France Presse

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