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jeudi 20 juillet 2017
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Reuters, 19 novembre 2005

Irak : Le forum de réconciliation s’ouvre, au Caire, dans la tension


LE CAIRE (Reuters) - Des dirigeants politiques irakiens de toutes tendances ont entamé, samedi 19 novembre 2005, au Caire, sous l’égide de la Ligue arabe, une conférence sur la réconciliation nationale où sont aussitôt apparus certains des antagonismes qui ont poussé l’Irak au bord de la guerre civile.


Aux représentants chiites qui condamnaient l’insurrection à dominante sunnite, un dirigeant sunnite a répliqué que la résistance était une attitude légitime face à l’occupation américaine. Le président irakien, Jalal Talabani, a déclaré qu’il n’y avait aucune place dans le processus politique pour les extrémistes religieux qui préconisent la violence ni pour les collaborateurs de Saddam Hussein. Jalal Talabani a prévenu l’assistance : "Notre unité nationale (...) n’englobe en aucun cas les meurtriers et autres criminels issus des rangs de l’ancien régime, qui nous ont légué des fosses communes, pas plus que les takfiris (extrémistes religieux)."

Mais Haris Al-Dhari, de l’Association des religieux musulmans, a déclaré que le gouvernement pratiquait l’exclusion sur le marché du travail selon des critères ethniques et confessionnels. Pour le président égyptien, Hosni Moubarak, la réconciliation nationale est la clé d’un processus politique fructueux en Irak et d’un retrait progressif des forces étrangères. "Le sésame de la construction du nouvel Irak (...) consiste à garantir la participation de tous les fils de l’Irak, sans exception ni marginalisation", a-t-il ajouté.

L’un des groupes insurrectionnels, l’Armée de la foi victorieuse, a tourné en dérision le forum du Caire, dans un communiqué diffusé sur un site internet. "Cette conférence qui se tient au Caire, au moment où les Croisés et leurs complices tuent des musulmans, ressemble aux autres conférences qui ont vendu l’honneur et les biens musulmans à bas prix au profit des Croisés et des Juifs", affirme-t-il.

La Ligue arabe a organisé la réunion par crainte que l’Irak, naguère pilier du monde arabe, ne bascule dans le chaos en glissant vers un conflit religieux. Certains Etats arabes, dont l’Egypte sunnite, estiment l’Irak trop exposé à l’influence de son puissant voisin iranien et cherchent à corriger ce qui leur paraît un déséquilibre entre chiites et sunnites, Arabes et non-Arabes, déclarent des diplomates. Ils souhaitent aussi le départ à terme des troupes américaines, mais pas au prix d’une partition de l’Irak ou de son passage sous la coupe de l’Iran.

Chiites et Kurdes dominent l’actuel gouvernement irakien. De nombreux sunnites, dont la communauté a régi la vie politique du pays pendant des siècles, se sentent marginalisés. Jalal Talabani et le Premier ministre irakien, Ibrahim Jaafari, ont insisté sur les atrocités commises par leurs adversaires intérieurs, alors que Haris Al-Dhari centrait le problème sur l’occupation américano-britannique. "La résistance armée s’est levée comme une réaction à l’occupation. Elle est légitime et ce n’est pas une nouveauté. Le soutien populaire dont bénéficient les résistants dans une grande partie du pays est supérieur à ce qu’il était il y a un an", a déclaré Dhari. Il a réclamé un calendrier ferme pour le retrait des troupes américaines et britanniques, en rejetant l’argument des autorités en faveur de leur maintien jusqu’à ce que les forces irakiennes soient en mesure de garantir la sécurité. Haris Al-Dhari a en outre accusé les forces gouvernementales d’utiliser les mêmes procédés que l’armée américaine, en arrêtant des innocents et en les torturant dans des lieux secrets.

Rares sont ceux qui attendent une percée significative de la réunion, à moins d’un mois d’élections législatives aux enjeux politiques élevés puisque la minorité sunnite y participera. La rencontre du Caire, qui doit durer trois jours, est considérée comme le prélude à une véritable conférence de réconciliation, prévue début 2006, à Bagdad, une fois que les élections législatives auront éclairci la situation.

"La question irakienne est extrêmement complexe. Il faudra de nombreuses conférences pour l’épuiser. Ceux qui viennent au Caire doivent ouvrir leur coeur et écouter les autres", a déclaré Imad Ali, personnalité sunnite présente à la conférence avec une cinquantaine d’autres dirigeants irakiens.

Des analystes s’attendent à ce que les parties en présence expriment des exigences marquées sur des questions comme le retrait militaire américain et publient un communiqué conjoint dénonçant le terrorisme en prévision des élections de décembre 2005.

Reuters

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